Le bouclier de l’identité nationale
Depuis le 17è siècle, avec l’installation des Etats-nations, la guerre opposait des entités collectives clairement identififées. Du fait de la conscription obligatoire deux siècles plus tard, elle vit les nations se confronter en masse sur le champ de bataille. Le partage privé/public, le principe national avaient rejeté la figure de l’ennemi potentiel en dehors des frontières. La tentative de limiter les victimes civiles avec les Conventions de Genève reposa sur cette distinction, alors possible, entre civils et militaires.
C’était un tournant par rapport aux guerres antérieures quand les potentats s’affrontaient presque personnellement à travers des armées de mercenaires qui les représentaient spécifiquement. La guerre devenait totale mais cantonnée presque totalement au champ de bataille (jusqu’à la deuxième guerre mondiale).
Dans la guerre contemporaine, celle qui s’est installée avec le djihad mondial, l’attaquant n’est plus identifié clairement à une entité collective, même si les Etats réguliers s’acharnent à tenter de l’identifier à un groupe quelconque (voir, par exemple, la pitoyable formule des journalistes avec le "Groupe Etat Islamique"). (…)
Article mis en ligne le 31 mai 2015