Le besoin d’une réforme morale
Le mois d’Elloul est propice à l’examen de conscience mais cet exercice qui concerne en règle générale les individus devrait aussi concerner la collectivité, en l’occurence le peuple juif, une réalité qui englobe autant le for intérieur de chaque Juif du monde que l’ensemble des Juifs, par delà leurs dispersions et leurs divisions. C’est sans doute ce qui est le plus difficile à concevoir, cette vue d’ensemble sur soi. Les individus sont pris en règle générale dans leurs passions et leurs divisions. Seuls leurs ennemis, en les singularisant dans le monde, pourraient accréditer que, par delà leurs divisions, ils existent comme un tout, assignés au même "destin" (si effectivement ce n’est que par la haine de leurs ennemis qu’ils savent qu’ils existent comme une collectivité).
Or cette réalité collective est aussi intérieure, psychologique et morale, et c’est justement là que doit se faire l’examen de conscience collectif. C’est ce à quoi nous convie une journée comme kippour, en nous montrant que la condition collective peut ne pas être un destin commandé par l’inimitié du monde extérieur mais aussi une liberté, une volonté, un choix, puisant en lui (…)
Article mis en ligne le 28 août 2015