J’ai rencontré Poutine au Kremlin en 2008....
J’ai rencontré Poutine au Kremlin en 2008. J’accompagnais Moshe Kantor, Président du Congrès juif européen et nous avions le privilège de faire un discours au Président russe. Kantor a parlé de l’antisémitisme en Europe et moi, de la bombe atomique iranienne. Le président iranien de l’époque s’appelait Mahmoud Ahmadinedjad. Il avait des raptus mystiques, avait placé une Mercedes 600 devant le puits d’où était censé sortir l’imam caché et considérait que le chaos d’un cataclysme nucléaire était un moyen de hâter l’arrivée du Messie.
J’ai dit que si le monde n’avait pas été détruit pendant les années de guerre froide c’est que les protagonistes avaient été des acteurs rationnels, mais qu’avec un illuminé comme Ahmadinedjad, les règles du jeu de la dissuasion ne seraient plus respectées.
La réponse de Poutine m’avait surpris. Sur l’Iran, il n’a rien dit. Sur l’antisémitisme, il a prétendu que c’était un mal répandu partout, y compris en Israë l, mais que le seul pays, le seul, où l’antisémitisme n’existait pas, c’était la Russie : Poutine mentait, mais j’étais trop poli - et trop prudent- (…)
Article mis en ligne le 3 mars 2022