Sur des diverses représentations de la Shoah
Je ne sais pas pour vous, mais moi, avec ce Yom haShoah qui tombe en plein siège de Marioupol, je ne peux pas m’empêcher de penser au ghetto de Varsovie. Après tout, le nom complet de la commémoration, c’est Yom haZikaron laShoah velaGuevoura, et la guevoura, c’est l’héroïsme des combattants juifs des ghettos et des groupes de partisans à qui Ben Gourion voulait rendre hommage. Honorer ces millions de Juifs dont on insinuait qu’ils « s’étaient laissés conduire comme des moutons à l’abattoir  » risquait de démoraliser des jeunes sabras défenseurs d’un pays encore fragile.
Malgré la création de Yad Vashem, l’heure n’était pas encore aux victimes : la prise de conscience eut lieu plus tard, avec le procès Eichmann. Avant le vote de la Knesset en 1951 instituant le Yom haShoah, on avait eu le jour du 10 Tevet, prise en charge par le Rabbinat, date funeste dans l’histoire du siège du Temple de Jérusalem. D’ailleurs ce bizarre 27 Nissan, ce fut un compromis : on ne pouvait pas commémorer en plein Seder, précisément le jour choisi par les nazis pour pénétrer dans le ghetto en 1943 !
Oui je sais, les défenseurs du ghetto, (…)
Article mis en ligne le 6 mai 2022