Je n’ai vraiment pas envie de rire
On est le mardi 5 octobre. Une jeune fille de 13 ans, Iman el-Haems, habitant le quartier de Tel Sultan (La colline du Sultan) à Rafah, vient de pénétrer la zone de sécurité qui longe la voie Philadelphie, les positions israéliennes et la frontière égyptienne.
Ce périmètre de sécurité - et je le connais bien - est bordé de grands panneaux, sur lesquels il est écrit, en arabe, en anglais et en hébreu : "Zone militaire interdite", "Danger", "Interdiction absolue de pénétrer" et encore "Frontière devant vous, passage interdit". De plus, tout le monde, à Rafah, connaît le danger qu’il y a à s’approcher de la voie Philadelphie, les écriteaux sont même inutiles, ou alors, ils servent pour avertir les volontaires étrangers des organisations pseudo humanitaires, qui couvrent, sans s’en rendre compte, les pires trafics transitant par les tunnels. A Rafah, c’est toujours la guerre, toujours autour de ces fameuses galeries, les "artères de l’Intifada", comme les appelle Yasser Arafat en privé. Les miliciens palestiniens continuent d’arroser les fortins de la ligne frontière à coups de Kalachnikov et de grenades anti-chars, afin de brouiller l’effet des (…)
Article mis en ligne le 15 octobre 2004