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Obligation de discrétion : il ne faut pas écouter les rumeurs concernant la reprise des négociations entre Israël et les Palestiniens, mais celles-ci vont bon train

Hélène Keller-Lind

lundi 22 juillet 2013
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A peine avait-il obtenu qu’Israël et les Palestiniens acceptent de reprendre « des négociations sur le statut final », John Kerry avertissait qu’il serait le seul à les commenter et que tout commentaire autre ne serait que pure spéculation. Une exigence de discrétion engendrée par les échecs de précédents pourparlers dus parfois, justement, à des « fuites », justifiées ou non. Or, les commentaires vont bon train des deux côtés, certains étant dubitatifs, voire acerbes, comme ceux du Hamas ou du FPLP. Mais c’est très sobrement que Benyamin Netanyahou et Shimon Peres se sont félicités de cette reprise. Même sobriété actuellement de la « présidence » palestinienne.

Il faut garder les pourparlers confidentiels

Pour le Secrétaire d’État américain il est essentiel de ne pas reproduire les erreurs du passé pour ne pas compromettre l’accord qu’il vient de conclure entre Israéliens et Palestiniens pour « la reprise des négociations directes sur le statut final » qui débuteront à Washington « aux environs de la semaine prochaine ». Car, disait-il, le 19 juillet au soir, date de l’annonce, « la route sera difficile », et « les défis auxquels sont confrontées les parties ...redoutables ». Essentiel, dès lors, soulignait-il, de garder à ces pourparlers un caractère « franc et privé ».

Un intérêt vital stratégique pour Israël

Le lendemain le Premier ministre israélien réagissait sobrement, estimant que cette reprise des négociations « a un intérêt vital stratégique pour l’État d’Israël », car « il est important en soi pour essayer de parvenir au dénouement du conflit entre nous et les Palestiniens », empêchant ainsi « la création d’un État binational entre la mer Méditerranée et le Jourdain qui mettrait en danger l’avenir de l’État juif » et « la création d’un État terroriste supplémentaire parrainé par l’Iran aux frontières d’Israël, ce qui nous mettrait autant en danger ». Autre volet de cet intérêt vital, selon lui, : « il est important à la lumière des défis stratégiques qui sont devant nous, surtout venant d’Iran et de Syrie ».

Satisfaction déclarée et espoir de Shimon Peres et Mahmoud Abbas

Le 21 juillet Shimon Peres rendait publique sa conversation avec « le Président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas » concernant « le retour à des pourparlers de paix ». Le félicitant, il lui déclarait : « il n’y a pas d’alternative à la paix, ni pour nous ni pour vous.Vous avez pris une décision courageuse et historique...n’écoutez pas les sceptiques, vous avez fait le bon choix. Le Premier ministre Netanyahou a également fait un choix courageux et comprend que c’est une occasion historique. Nous ferons tout ce que nous pouvons pour résoudre ce conflit et vivre ensemble en paix.... »

Réponse sobre, elle aussi, de Mahmoud Abbas n’entrant pas dans les détails et qui souhaitait que les pourparlers se poursuivent et aboutissent à la paix et à « un État palestinien indépendant vivant en paix aux côtés de l’État d’Israël ».

Réactions très négatives et rejet de Hamas, Jihad Islamique, FPLP, Parti du Peuple Palestinien, Moustapha Barghouti, décoré de la Légion d’Honneur, ou Iran

Shimon Péres soulignait par ailleurs que « le Hamas n’apporte que la destruction à son peuple et doit comprendre que le terrorisme ne nourrit pas un peuple, seule la voie de la paix peut le faire ». Un commentaire venant répondre à la réaction très négative et de rejet total des pourparlers du Hamas. L’un de ses porte-paroles, Fawzi Barhoum, s’adressant à l’agence de presse palestinienne Maan News, qualifiait cette reprise de « désastre », estimant que les États-Unis avaient trompé l’Autorité palestinienne et que cela compromettait la réconciliation entre elle et le Hamas. Oubliant, sans doute, que si l’on a beaucoup parlé d’une telle réconciliation, si elle a souvent été annoncée comme imminente, elle est loin d’avoir une quelconque réalité. Le 17 juillet le Hamas rejetant d’ailleurs une date butoir fixée par l’Autorité palestinienne pour cette réconciliation

Le Hamas étant de surcroît en perte de vitesse pour s’être coupé de Bashar al-Assad et avoir dû quitter Damas, avant de se ranger du côté du gouvernement Morsi, un dirigeant des Frères musulmans, mouvement auquel appartient le Hamas, qui viennent d’être chassés du pouvoir. Depuis lors, les attaques contre les autorités s’étant multipliées dans le Sinaï, l’Égypte a fermé le passage de Rafah entre elle et la Bande de Gaza et ne l’ouvre qu’épisodiquement tout en fermant les tunnels de contrebande qui servent à y faire entrer tout un ensemble de biens, mais aussi des armes

Le 21 juillet d’autres factions palestiniennes dénonçaient cette reprise des négociations, le Jihad Islamique – mouvement islamiste terroriste qui entend établir la « Palestine » sur un territoire allant de la Méditerranée au Jourdain - la qualifiant de « suicide politique », « un suicide » déclarait également Jamil Mizher, membre du Front Populaire de la Libération de la Palestine – mouvement terroriste nationaliste et marxiste léniniste qui veut détruire Israël, auquel appartient Salah Hamouri, terroriste franco-palestinien et coqueluche de municipalités de gauche en France...- , « une erreur », selon Walid Awad, qui appartient au Parti du Peuple Palestinien – parti communiste palestinien – et reproche à Mahmoud Abbas de ne pas avoir imposé « des conditions palestiniennes » bien que ne sachant guère quels accords ont été passés à ce jour entre les parties.

Le FPLP enjoignant par ailleurs les dirigeants palestiniens « de reprendre sa campagne pour rejoindre des organisations internationales, ce qui a été suspendu à la demande de Washington, notamment les organismes judiciaires qui pourraient faire pression sur Israël « au lieu de soumettre à des compromis les droits des Palestiniens garantis par le droit international » .

Autre critique émanant de Moustapha Barghouti, qui appartient au mouvement Palestine indépendante et au Conseil Législatif palestinien et déplore qu’il « n’y ait pas eu de référence claire aux frontières existant avant la guerre de 1967 ». Ce dernier est connu pour dénoncer la corruption de l’Autorité palestinienne mais c’est aussi un ardent défenseur / promoteur de la campagne BDS – illégale en France-. « La chose la plus importante pour le mouvement palestinien est la montée du mouvement de solidarité dans le monde après les crimes de guerre commis à Gaza, » déclarait en 2010 cet ancien candidat à l’élection présidentielle Moustafa Barghouthi lors d’une manifestation en Cisjordanie. Ajoutant : « le Boycott est la meilleure façon de changer l’équilibre des forces. La force militaire ne marchera pas à cause du déséquilibre des forces mais aussi parce que cela n’est pas juste. Je ne pense pas qu’Israël changera de politique à moins qu’on ne frappe là où ça fait mal et BDS fait mal ». Positions rendant inacceptable la remise de la Légion d’Honneur par Bernard Kouchner, dernier acte politique de celui qui était alors ministre des Affaires étrangères, à son « ami de 25 ans ».

Parmi ceux qui s’opposent à cette reprise des pourparlers il y a, bien entendu, l’Iran dont le ministre des Affaires étrangères Abbas Araqchi affirme qu’ils ne peuvent qu’échouer compte tenu de la nature du « régime d’occupation sioniste qui ne croit pas au retrait de territoires occupés » Oubliant en cela, comme un très grand nombre, qu’il s’agit de territoires disputés et qu’Israël s’est retiré par le passé de tels territoires, ne récoltant d’ailleurs que le terrorisme en retour...

La délégation de l’OLP aux États-Unis fait sienne une « analyse » prétendant qu’en acceptant de négocier, Israël ne cherche qu’à gagner du temps pour poursuivre sa « colonisation »...

Plus préoccupante est l’attitude de la Délégation de l’OLP aux Etats-Unis dont on ne peut qu’imaginer qu’elle n’agit pas en indépendante. On ne trouve que des attaques contre Israël sur son compte Twitter et le 19 juillet elle relayait un article d’un Palestinien publiée par The Daily Beast, un grand média américain. Yousef Munayyer Directeur Exécutif du Jerusalem Fund et de son programme éducatif, The Palestine Center, annonce, avant même qu’ils soient entamés, que les pourparlers vont échouer. Il rejoint l’Iran en estimant qu’Israël entend « continuer sa colonisation du territoire palestinien » et que prétendre vouloir négocier est en réalité une opération poudre aux yeux, visant à « créer l’impression que sa présence en Cisjordanie est temporaire et son retrait imminent. L’absence de négociations mettant l’accent sur la réalité de l’apartheid »...

Les incitations offertes aux Palestiniens étant selon lui, et il reprend ce que l’on trouve partout, la libération de « centaines de prisonniers ou plus » et un montage financier. Que, dit-il, les Palestiniens refuseront car « ils n’accepteront jamais que soit achetée leur acceptation du colonialisme israélien ». Penser que ce montage n’est que cela étant absurde. De plus, si cet « expert » avait bien lu les déclarations de John Kerry il saurait qu’il ne s’agit pas d’un petit backchich négligeable, mais que ce projet financier pourra assurer demain un bien meilleur avenir aux Palestiniens qui subissent aujourd’hui une crise économique désastreuse. Il s’agit, en effet, d’un travail gigantesque mené « à la fois avec les Israéliens et les Palestiniens » ayant permis « d’élaborer une série de projets...qui auront un impact direct sur le chômage » John Kerry espérant « qu’en trois ans environ on pourrait réellement réduire le taux de chômage le faisant passer de 21 % à 8 %, ce qui pourrait doubler le PIB dans le territoire palestinien tout entier. Et cette initiative ne vaut pas seulement pour la Cisjordanie mais aussi pour Gaza ». Un processus de paix pouvant par ailleurs attirer des investissements, estimait-il également...

Et Yousef Munayyer, qui fonctionne à coup de clichés et bénéficie sans doute d’un salaire confortable, de conseiller à John Kerry d’exercer de véritables pressions sur le méchant Israël s’il veut que les négociations aboutissent. Son opinion n’ayant d’intérêt que dans la mesure où, non seulement un grand média américain la relaye, mais aussi et surtout que la Délégation de l’OLP aux États-Unis la reprenne...

Les spéculations quant aux « bases » de cet accord de reprise vont bon train...

Cité par l’AFP un autre « responsable palestinien » qui reste anonyme croit savoir que « les bases sont la libération de Palestiniens emprisonnés avant les Accords d’Oslo, les mineurs, les malades et les détenus âgés. Et qu’Israël reconnaisse les frontières – lignes – de 67 comme point de référence ou stoppe les constructions dans les implantations ». Autre source citée par l’AFP dans une dépêche reprise par Maan News, Haaretz, quotidien de gauche israélien. Qui mentionne également la libération de « centaines de prisonniers » ( comme le fait le reste de la presse israélienne, d ’ailleurs ). Mais estime aussi que « ces quatre derniers mois il y a eu un ralentissement relatif des constructions dans les colonies », ce qu’évoquait d’ailleurs également depuis un certain temps le reste des médias israéliens ne faisant pas partie des sources de l’AFP et sans que cela ne soit repris auparavant...

S’il y a des éléments de vérité dans ces rumeurs il ne faut pourtant pas oublier les recommandations de John Kerry et ne croire que ce que le Secrétaire d’État ou d’autres véritables responsables de haut niveau et parties prenantes pourront dire de ces pourparlers à venir.


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Ce Colloque des Intellectuels Juifs de Langue Française a pour thème, ’la montée des violences’. Ce thème aura toujours accompagné l’histoire de l’humanité. Violences politique, religieuse, sociale, économique, voire même discursive, les humains n’auront cessé de se faire violence, et ce même lorsqu’ils prétendaient l’éradiquer en cherchant à dispenser le bien. Cette relance du Colloque des Intellectuels Juifs de Langue Française apporte une attention toute particulière à ce qu’il convient de nommer une résurgence de la violence affectant aujourd’hui les communautés juives de France et d’Europe.


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