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BHL et son voyage éclair en Tunisie : de la désinformation au service d’un antisionisme virulent...
Hélène Keller-Lind
Article mis en ligne le 2 novembre 2014

Le court séjour de Bernard-Henri Lévy en Tunisie aura donc été un exercice réussi en désinformation apprend-t-on après la mise au point de ce dernier. Qui explique dans Le Point ne s’être rendu àTunis que pour un très court séjour y rencontrer des amis libyens afin de parler « réconciliation nationale  ». Pas d’expulsion donc. On aura assisté àune fantastique opération de désinformation, étant donné que plusieurs sites d’information tunisiens affirmaient le contraire, citant des autorités tunisiennes. Toujours est-il qu’àtravers cet incident on aura constaté une poussée d’antisionisme/antisémitisme virulent.

Le site tunisien Kapitalis annonçait le 1er novembre que « Le ministre des Affaires étrangères tunisien Mongi Hamdi a confirmé ce départ précipité du philosophe et activiste politique français. Information reprise, entre autres par d’autres sites tunisiens. On lisait ici ou làque le gouvernement avait lancé une enquête quant àce voyage. Ce qui nous avait conduit àpublier un article sourcé sur le sujet qui, s’il est inexact concernant son expulsion, reste véridique concernant le déchaînement antisioniste et antisémite provoqué par cette visite.

Un antisémitisme bien plus répandu que ne le pense Bernard-Henri Lévy

Dans une interview publiée par Le Point le 2 novembre pour s’expliquer sur ce voyage, BHL dénonce d’ailleurs « l’antisémitisme le plus enragé  » de « de quelques poignées de fanatiques  ». Pourtant au vu du nombre d’articles allant dans ce sens, il semble bien qu’il s’agissait de beaucoup plus que de « quelques poignées  » d’individus...

BHL reconnaît par ailleurs un antisémitisme d’extrême gauche tunisienne, mouvance où existe, dit-il, « un vrai problème de culture politique, juste de culture politique et de niveau. Mais comment faire autrement quand on sort assommé de décennies de tyrannie et de bourrage de crâne  » ? Est-ce àdire que cet antisémitisme serait imputable àl’ère Ben Ali ? En 2009 souvenons-nous que les « Tunes  » soutenaient sa candidature àla présidence.... Souvenons-nous qu’il avait reçu Jospeh Sitruk, alors grand rabbin de France àplusieurs reprises ou qu’il avait fondé la « Chaire Ben Ali pour le dialogue des civilisations et des religions  » dissoute dès son départ en exil.

Cet antisionisme/antisémitisme est l’une des choses les mieux partagées en Tunisie. Làencore on se souviendra qu’il avait fallu des pressions de la communauté internationale lors de la rédaction de la Constitution tunisienne pour que n’y figure guère la criminalisation de tout lien avec « l’entité sioniste  ».

Et souvenons-nous enfin que des touristes israéliens étaient refoulés au printemps dernier ou encore de l’épisode Amel Karboul, envoyant des signaux on ne peut plus clairs, et ne venant pas uniquement d’une extrême-gauche de bas niveau ou d’islamistes mais d’une très grande partie de la population.

Des raisons complexes aux réactions contre cette visite

Les choses ne sont peut-être pas aussi simples que ne donne àcroire cette interview du Point. Kapitalis nous livre le 2 novembre cette analyse de son directeur, Nizar Balhoul : « il y a eu trois voire quatre groupes d’influence qui ont réagi. Les Islamistes des LPR proches de Moncef Marzouki qui estiment que l’arrivée d’un sioniste proche d’Israë l et ami de ses gouvernements souille la terre tunisienne.
Il y a les proches de l’ancien régime qui ne pardonnent pas àBHL son ingérence dans la politique tunisienne au moment de la révolution et l’équipe BHL le rappelle très bien. Le philosophe a appelé carrément àhacker des institutions de l’Etat (qui ne sont pas des institutions de Ben Ali) et ceci est suffisant àleurs yeux pour qu’ils devienne persona non grata.
Et puis il y a les Tunisiens ordinaires qui connaissent très bien les ingérences de BHL en Libye et sa participation dans le drame actuel que vivent nos voisins et que sieur BHL appelle révolution, démocratie et libertés. De Tunis, on voit anarchie, insécurité et dictature religieuse en marche accélérée pour ne pas dire début de guerre civile  ».

A ces Islamistes on ajoutera cette gauche àlaquelle appartenait Chokri Belaid qui militait contre toute normalisation avec Israë l…