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Les Arabes vus par les Japonais

MEMRI

vendredi 23 janvier 2004
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Dans un article intitulé « Les Arabes vus par les Japonais », le président du Conseil national koweïtien de la culture, de l’art et de la littérature, le chroniqueur libéral Mohammed Al-Rumayhi, fait un compte rendu de l’ouvrage « Les Arabes : point de vue japonais », du chercheur japonais Nobouaki Notohara. Le livre, récemment publié en arabe, critique les modèles sociaux, l’oppression et l’absence d’autocritique propres au monde arabe, selon l’auteur. Al-Rumayhi estime que l’ouvrage devrait être lu par tous ceux qu’intéresse la réforme dans le monde arabe. Voici quelques extraits de son article : (1)

Qu’est-ce qui a permis aux Japonais d’intégrer le nouvel âge culturel ?

" A chaque fois que des Arabes se rencontrent à un colloque scientifique et que le Japon est mentionné, les participants comparent le renouveau japonais au renouveau Arabe tant espéré. Ils affirment que le Japon a réussi à intégrer le nouvel âge tout en préservant sa culture. C’est apparemment l’opinion de la majorité des observateurs arabes. Il semblerait qu’ils cherchent ainsi à se trouver des excuses, à se justifier en disant : ’On peut intégrer l’âge de la modernisation, de la mondialisation et de la production sans pour autant renoncer à son héritage social, au modèle politique traditionnel, aux normes comportementales qui ne sont plus de mise aujourd’hui.’

Et si on leur répond que les Japonais ont intégré l’époque moderne parce qu’ils ont renoncé au modèle politique et au comportement social auxquels ils étaient habitués et qu’ils ont adopté de nouvelles idées, certains Arabes réagissent avec stupéfaction, refusant [d’admettre les faits] (…)

Et voilà qu’entre en scène un Japonais qui exprime, en excellent arabe, le contraire de ce que pensent certains Arabes. C’est ce que Nobouaki Notohara écrit dans son livre. Sitôt le livre lu, je me suis dit qu’il s’agissait là d’une lecture incontournable pour tous les hommes d’Etat arabes qui croient que la réforme est encore possible dans notre région arabe.

Le témoignage de Notohara - qui a vécu une quarantaine d’années parmi les Arabes et a fréquenté la culture bédouine comme la culture urbaine, qui parle arabe comme un Arabe, qui a suivi l’évolution de la littérature arabe et traduit des ouvrages arabes en japonais - est, pour autant que je sache, le premier témoignage d’un Japonais sur les Arabes dans leur langue (…) « 

L’oppression est la seule chose qui n’a pas besoin d’être prouvée dans les pays arabes.

 » L’auteur évoque la tension évidente qui règne dans les villes arabes à forte population ; il évoque la tension qui règne dans la rue arabe. Il estime que cette tension provient de l’oppression. ’Les gens se promènent dans la rue comme s’ils étaient suivis, le visage pétrifié, silencieux, et les files d’attente sont longues. Les gens sont sujets à l’oppression même dans les taxis, vu que le chauffeur choisit son passager en fonction de l’endroit où il [le chauffeur ] souhaite se rendre, et refuse de faire monter quelqu’un qui ne lui plait pas. L’ouvrage conclut que ’les habitants des villes arabes sont malheureux et insatisfaits. Les gens sont silencieux, ne parlent pas, mais ce silence suffocant est comme un cri.’

Notohara estime que cette atmosphère est due à l’absence de justice sociale, ajoutant qu’il a le droit de faire une remarque aux Arabes après toutes ces années passées parmi eux : ’L’absence de justice sociale implique l’absence de bases aux relations humaines. Ainsi, on entend parfois les Arabes dire que [dans le monde arabe] tout est possible car les lois qui existent ne sont pas appliquées et respectées.’

La loi ne peut pas protéger les personnes de l’oppression car elle est enfreinte, ce dont Notohara donne plusieurs exemples, ajoutant : ’L’oppression est la seule chose qui n’a pas besoin d’être prouvée dans les pays arabes.’ "


Dans le monde arabe, le souverain le reste toute sa vie

" L’un des phénomènes oppressifs qui surprend les Japonais modernes est que ’le souverain le reste toute sa vie, tandis que le mandat du Premier ministre japonais ne dure pas plus de quelques années. Dans tous les pays [arabes], un certain nombre de journaux sont interdits, tandis que les auteurs sont sujets à la censure.

Un Japonais ne trouve par normale l’existence de tels phénomènes : ’(…) Quiconque visite le Japon verra dans la rue des voitures munies de haut-parleurs qui attaquent le Premier ministre et le parti au pouvoir sans que personne ne les empêche de s’exprimer (…) Mais dans les pays arabes, le régime et le dirigeant ne font qu’un. Dans la plupart des pays arabes, la seule raison de respecter un citoyen et le seul critère permettant de juger l’étendue de son patriotisme sont le degré de loyauté qu’il témoigne à l’égard du dirigeant. C’est là un phénomène inconnu chez nous, Japonais de l’époque moderne (…)’

L’auteur est conscient du fait que le Japon a été autrefois sujet à l’oppression. Mais les Japonais s’en sont libérés, et celle-ci est révolue. [L’auteur] dit : ’Je pense que l’oppression est une maladie incurable de la société arabe. Tout auteur ou chercheur qui parle de la société arabe sans être conscient de ce fait simple et évident n’est pas un véritable chercheur.

A cause de cette oppression, les gens s’efforcent de se montrer conformistes dans leurs opinions, leur habillement, leurs foyers ; dans de telles circonstances, l’indépendance de l’individu n’existe plus. Parallèlement, la responsabilité publique est elle aussi inexistante. L’oppression engendre la peur [du gouvernement] et un faux respect à son égard.’ "


Pas de justice, donc pas de responsabilité publique

" ’En raison de l’absence de justice, la responsabilité publique est inexistante. C’est pourquoi les habitants arabes saccagent les parcs, les rues, les fontaines publiques d’eau potable, les moyens de transport public, estimant qu’ils détruisent la propriété du gouvernement, et non la leur. De même, la responsabilité (…) face aux prisonniers politiques [en référence aux personnes qui se battent pour les droits civils et humains] qui se sont sacrifiés pour la société est insuffisante ; la société elle-même a abandonné ces êtres courageux. Les gens dans les pays arabes considèrent le problème des prisonniers politiques comme exclusif aux familles des prisonniers.’

Et le Japonais se demande : ’Je peux comprendre que le régime [s’oppose aux] figures marquantes, aux penseurs, aux auteurs, aux politiciens, aux scientifiques et aux artistes. Mais pourquoi le peuple les abandonne-t-il aussi ?’

D’après l’auteur, ’l’Arabe emprunte ses idées de l’extérieur, alors que le Japonais forme ses idées sur la base des événements concrets dont il fait quotidiennement l’expérience. Au Japon, chaque jour apporte son lot de faits nouveaux, alors que l’Arabe se contente de reconstruire les événements du lointain passé (…)’ "


Le peuple a besoin d’une critique provenant de l’intérieur comme de l’extérieur

« L’auteur compare ainsi les Japonais aux Arabes : ’Les Japonais ont dû affronter l’expérience amère et difficile de la prise du pouvoir par les militaires - au détriment de l’empereur, du gouvernement et du peuple -, qui ont mené le pays à la guerre (…) mais nous avons admis nos erreurs et avons décidé d’y remédier. Nous avons expulsé les militaires et entrepris de reconstruire ce qui avait été détruit par l’oppression militaire. Nous avons appris que l’oppression conduit à la destruction des ressources nationales et au meurtre d’innocents (…) L’autocritique est une valeur importante dans la vie de chaque peuple ; les gens ont besoin de critiques provenant de l’intérieur comme de l’extérieur.’ »

Pourquoi les Japonais ne haïssent pas l’Amérique [contrairement aux Arabes]

" L’écrivain relate qu’à plusieurs reprises ses amis arabes lui ont demandé : ’Les Etats-Unis vous ont détruit en larguant deux bombes atomiques sur vos villes. Pourquoi ne haïssez-vous pas l’Amérique ?’ Il répond : ’Nous devons reconnaître nos erreurs. Nous étions impérialistes ; nous avons conquis des peuples et détruit plusieurs pays : la Chine, la Corée et l’Océanie. Nous devons procéder à notre autocritique afin de rectifier nos erreurs. Quant aux sentiments, ils sont l’affaire personnelle de chacun et ne contribuent pas à la construction de l’avenir.’

Notahara souligne que prendre conscience des problèmes constitue la bonne approche pour les corriger (…) Le Japonais qui se rend à la banque ne trouverait pas normal que l’employé lui donne moins que ce qui lui revient, ou visitant un musée, que le directeur offre de lui vendre des expositions archéologiques (…)

Dans son ouvrage, Notohara donne plusieurs exemples : il a une fois vu une nonne en habit religieux payer un pot de vin. Et pourquoi donc ? Parce que dans son institution, elle ne pouvait bénéficier d’aucune attention sans cela. L’auteur montre que le système de valeurs arabe contient de nombreux défauts qui ne vont pas dans le sens du progrès auquel les Arabes aspirent tant. « 

 » Je pense que nous devons tous lire ce livre avec des yeux et un cœur ouverts « 

 » J’ai ici tenté de présenter succinctement l’ouvrage, qui ouvre les yeux de tous ceux qui désirent voir. Il présente deux aspects : le Japon s’est libéré de plusieurs de ses vieilles valeurs (…) afin d’intégrer l’époque moderne, [et] le système de valeurs arabe doit être reconsidéré (…)

Je pense que nous avons tous besoin de lire cet ouvrage avec des yeux et un cœur ouverts. "


(1) Al-Qods (Autorité palestinienne), le 8 janvier 2004


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