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La bataille pour Sdérot

Par Ehoud Yaari, journaliste - Paru dans le Jerusalem Report. Traduit par Artus pour www.nuitdorient.com

dimanche 24 février 2008
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La bataille pour Sdérot n’est pas une mince affaire, ni un simple casse-tête sécuritaire acceptable. C’est tout simplement la guerre ! Le gouvernement israélien et la plupart des oppositions refusent d’accepter la réalité des faits, tout comme la totalité des médias, ou presque. Personne n’appelle « guerre » les volées de roquettes Qassam.

En jargon militaire, on les appelle « nouveaux pics dans la sécurité intérieure ». Le seul homme politique qui parle, comme s’il comprenait la vérité, c’est Avi Dichter, ex-chef de l’agence de sécurité Shin-Bet et ministre de la sécurité intérieure. Il a passé le plus clair de sa carrière à Gaza et dans sa ville Ashkelon, elle-même aujourd’hui sous le feu des missiles. Pour avoir exprimé son opinion publiquement, il a été réprimandé par les deux Ehoud, le 1er ministre Olmert et le ministre de la défense Barak.

Ce refus borné de reconnaître la réalité qu’une guerre est livrée contre Sdérot et qu’on n’assiste pas seulement à une autre étape dans la lutte contre la terreur arabe, vient de la non compréhension de la stratégie adoptée par le Hamas.

La doctrine explicite du Hamas est de tout faire pour éviter un embrasement général et poursuivre une guerre sans fin de « basse intensité », en utilisant une faible partie de l’arsenal militaire engrangé. L’idée est de ne pas provoquer une attaque frontale précipitée et de tout faire pour que cette guerre se prolonge le plus longtemps possible. C’est l’essence de la doctrine de la résistance ou « mouqawama » (voir Jerusalem Report daté du 13/11/07).

Le Hamas ne se fait aucune illusion sur l’issue de la bataille de Sdérot. Pour lui, c’est une question de vie ou de mort, et c’est pourquoi cette guerre se poursuit inlassablement et implacablement, même si les voisins arabes se moquent de lui, parlant de « tirs de gamins »

Pour le Hamas les dés seront jetés à Sdérot : ou bien Israël serre les dents et accepte que le Hamas s’installe à Gaza, et accumule son armement, ou bien, poussé dans ses retranchements, le Hamas est obligé d’accepter une espèce d’« union nationale », selon les dictats de Mahmoud Abbas.

Par la capitulation israélienne, c’est à dire une espèce de cessez-le-feu, le Hamas cherche à faire accepter le fait accompli dans la bande de Gaza. Alors Sdérot pourra vivre sans les tourments des Qassam, tout en en restant son otage, et, parallèlement, le Hamas gagnera l’immunité vis à vis des attaques ciblées de Tsahal et du Shin-Bet.

Le défi lancé à Israël est simple comme bonjour : se battre contre Gaza ou défendre Sdérot. Il est aujourd’hui très clair que rester sur la défensive n’apporte pas grand-chose et les roquettes continuent de pleuvoir, malgré les attaques ciblées de l’Armée de l’Air, pourtant d’une surprenante précision. Les mesures de protection de la ville sont insuffisantes et un habitant sur 5 a déjà quitté Sdérot. D’un autre côté, toute attaque terrestre de Gaza ne sera pas concluante ; elle sera longue, coûteuse en pertes humaines et, en fin de compte, personne ne voudra laisser nos soldats s’enfoncer dans un bourbier. Alors que faire ?

Il est certain qu’il est nécessaire de frapper le Hamas de manière à le dissuader de continuer à expédier ses volées de Qassam, frapper fort et faire très mal, afin qu’il comprenne que le prix qu’il doit payer pour continuer est au dessus de ses moyens.

Et quel est ce prix ? Une seule réponse : les attaques ciblées doivent viser les institutions et les services du Hamas, grâce auxquelles il existe dans la bande de Gaza, y compris les postes de police, les installations militaires, enterrées ou pas, les ministères, tous les chefs, dans le but de démanteler l’appareil gouvernemental. Des incursions terrestres en profondeur seront nécessaires, ainsi que des opérations spéciales punitives, telles que la destruction de la seule centrale électrique.

Mais pour arriver à cela, il faudrait que l’état d’esprit change dans la sphère de décision d’Israël et que celle-ci explique au public que nous sommes en guerre. Mais attention, il faut aller jusqu’au bout, malgré les difficultés, sinon nous allons retrouver le Hamas en Judée-Samarie et, si nous ne sommes pas victorieux, nos villes du Centre, comme Kfar Saba ou Modii’n, seront à la merci de missiles venant de Cisjordanie. Si nous acceptons un cessez-le-feu, soyez sûrs que le Hamas concentrera toutes ses ressources à l’est de la ligne verte. Il lui suffit de quelques semaines pour construire des ateliers de Qassam et de mortiers.

Il est évident que dans la situation actuelle, si le Hamas n’obtient pas ce qu’il souhaite d’une capitulation via Sdérot, il s’attaquera à Ashkelon. Car aujourd’hui même, il stocke des missiles de plus longue portée et des Katiouchas. Israël acceptera-t-il des attaques contre une grande ville comme Ashkelon ?

Ma pensée va aujourd’hui vers les 2 Ehoud, car tous les deux se méfient d’opérations majeures à Gaza et recherchent des ripostes équilibrées et « proportionnées » à ce défi (1). Tous les deux ont de la compassion pour les habitants de Sdérot, mais ils n’ont pas encore les moyens de les protéger (2). Ils attendent sans doute un miracle, mais si ce miracle ne se produit pas rapidement, ils ont néanmoins la solution que je leur propose.

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Notes de la traduction

(1) Voir le texte ci-dessous d’un officiel du Département d’Etat qui conseille à Israël des ripostes « proportionnées », comme « message » (avertissement, on suppose), mais pas pour atteindre un « objectif » (de victoire, on suppose), pour ne pas faire dérailler le « processus d’Annapolis », de peur que des mois de diplomatie américaine ne soient réduits à néant....

A top US State Department official cautioned Israel Thursday on the use of force in Gaza as the IDF mulls an invasion to stop the rocket fire from the coastal strip.

« We urge caution and proportionality, » David Welch, assistant secretary of state for Near Eastern affairs, told regional media at a press briefing here.

« Israel has the right to defend itself, just as any sovereign nation does, » but « how it exercises that right is important to Israel and the United States and to everyone else, » he said.

« Unchecked large-scale violence in Gaza could easily overwhelm the [Annapolis] process, and that means months of American diplomacy goes down the drain, » said US Institute of Peace research associate Scott Lasensky, who recently coauthored the book Negotiating Arab-Israel Peace.

So the US, in its efforts to continue the peace process, wants to keep the situation in Gaza « at some sort of manageable level, » Lasensky said.

The approach, he said, was consistent with American policy that has long supported the ability of Israel to take targeted military steps to defend itself, but has opposed attacks that serve to send a message rather than achieve an objective.

Welch also argued that Palestinians in Gaza should stop the rocket fire out of their own self-interest.

« If people in Gaza are to enjoy a better life, then it is incumbent upon those who claim they control the situation in Gaza to stop these actions which actually bring no benefit and only harm, » he said.

During the briefing, Welch also brushed aside criticism leveled by Palestinian Authority Prime Minister Salaam Fayad last week in Washington at the slow progress on the ground in the shadow of negotiations with Israel.

« I respect the judgment of Prime Minister Fayad of what he would like to see from any negotiating process. On the Israeli side, there will be similar judgments about what they would like to see, » Welch said.

He added, « Everybody’s impatient to work on this problem and would like to see progress, so I don’t expect that if you asked them the question on any day that they’re going to say that they’re very happy with the result, especially when this is just starting. »

(2) Dans 2 ou 3 ans, Israël pourra mettre en place des moyens de défense adaptés à des missiles de courte portée et à des mortiers, bien que cela soit des moyens coûteux et encombrants.


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