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Travaux à Jérusalem : attention, toujours : danger

par David Ruzié, professeur émérite des universités, spécialiste de droit international

jeudi 21 février 2008
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Une fois encore, le correspondant à Jérusalem du journal Le Monde, prend un malin plaisir à se faire le porte-parole des Palestiniens, hostiles à toute initiative de nature à étayer la présence ancestrale juive à Jérusalem.

Cette fois, sous le titre « accrocheur » : « Les fouilles archéologiques, outil politique des colons de Jérusalem », paru dans le numéro daté du 21 février, Benjamin Barthe fait état des protestations des habitants de Silwan, un quartier arabe de Jérusalem, qui s’inquiètent, avec véhémence, des travaux entrepris par « les colons juifs installés parmi eux ».

De fait, il s’agirait de la poursuite des travaux entrepris dans ce quartier qui, situé juste en contrebas des remparts de la vieille ville et truffé de vestiges antiques, est considéré par les historiens israéliens comme le site de la cité de David, berceau de la Jérusalem biblique.

La mise en valeur de ces vestiges a débuté dans les années 80, permettant, selon le journaliste français, « l’intrusion de familles juives dans cette zone jusqu’alors peuplée exclusivement de Palestiniens ».

Et ceux-ci, dont se fait le porte parole Benjamin Barthe, sans chercher à vérifier la véracité des accusations, de crier en quelque sorte « au loup », car selon eux "Ces travaux d’excavation menacent directement nos maisons ».

Non sans une certaine mauvaise foi, alors que ce sont les Palestiniens qui instrumentalisent la situation, le correspondant du Monde prend appui sur le fait que les travaux sont entrepris par l’association Elad, présenté comme « un groupe de colons radicaux » à qui le service des Antiquités israéliennes aurait concédé le terrain et qui, depuis, serait « passée maître dans l’art d’instrumentaliser le sous-sol de Jérusalem à des fins politiques ».

Et le journaliste d’accuser, carrément, l’association de « harcèlement juridique, falsification de documents et recrutement de collaborateurs » pour « s’emparer » de plus de cinquante habitations en plein coeur de Silwan, en l’espace d’une vingtaine d’années.

Bien évidemment, il s’est trouvé, parmi la population israélienne, des « âmes charitables » pour prendre fait et cause pour ces accusations. Il existe, en effet, un « Comité israélien contre les démolitions de maison », qui trouve le nouveau projet « explosif », car, selon son porte parole, parlant des membres de l’association Elad « Ces gens sont animés par une idéologie messianique d’autant plus dangereuse que le gouvernement ne les contrôle quasiment pas » et Meïr Margalit de poursuivre : « Ils imaginent que le Troisième temple juif va descendre du ciel et détruire la mosquée. Il suffirait que les Palestiniens aient le sentiment qu’Al-Aksa est en danger pour déclencher une explosion ».

Il n’en faut pas plus pour que Benjamin Barthe éprouve le besoin d’évoquer ce qui constitua, en réalité, une manipulation des faits, à savoir les violents incidents provoqués, à l’automne 1996, lors des travaux effectués sur un tunnel « à proximité de l’Esplanade des Mosquées, le Mont du Temple pour les juifs, », à propos desquels le journaliste se complaît à rappeler que le premier ministre de l’époque était Benyamin Nétanyahou et que cela avait « provoqué des émeutes au cours desquelles 70 Palestiniens et 17 Israéliens avaient été tués ».

Effectivement, l’affaire de l’ouverture, uniquement, pour des raisons de sécurité d’une sortie au tunnel qui existait, déjà, à hauteur de l’esplanade du Mur occidental, avait même conduit l’affaire à être évoquée au Conseil de sécurité, à l’automne 1996.

Les Palestiniens, soutenus par les représentants des Etats arabes, n’hésitèrent pas à soutenir que « le percement de l’entrée du tunnel et toute utilisation de ce tunnel (menaçaient) la sécurité et l’intégrité de la Mosquée Al-Aqsa et les fondations des édifices islamiques qui se trouvent au dessus du tunnel ».

Le Vice-Premier ministre israélien de l’époque, David Lévy, eut beau jeu de dénoncer la convocation du Conseil de sécurité sur la base d’un « prétexte fallacieux ».

De fait dans la plainte palestinienne « l’action d’Israël (était) à l’évidence une nouvelle mesure visant à judaïser la Ville de Jérusalem », car, ne l’oublions pas, selon Arafat lui-même le temple n’avait jamais existé, et par voie de conséquence, il n’y avait jamais eu de Juifs à Jérusalem.

David Lévy déclara que « la réouverture du tunnel s’explique tout simplement par la nécessité d’assurer un meilleur confort et une meilleure sécurité aux nombreux visiteurs qu’ils soient Juifs, Chrétiens ou Musulmans et aux nombreux touristes et pèlerins qui se rendent dans la ville sainte pour contempler ses splendeurs ».

Nous passerons sur le fait qu’il était d’ailleurs prouvé que le tunnel ne passait pas sous la mosquée, mais longeait le Mont du Temple....

L’affaire fit long feu et le tunnel resta ouvert malgré l’invitation en sens contraire lancée par le ministre français des affaires étrangères de l’époque, Hervé de Charrette, qui dans la lignée de ses prédécesseurs immédiats, pourtant d’un autre bord politique (Claude Cheysson, Hubert Védrine) ne témoignait pas, non plus, comme il le confirma par la suite, d’une quelconque empathie pour l’Etat d’Israël.

Pour en revenir à l’actualité, le journaliste du Monde n’hésite pas à parler de « complicités » des services de sécurité israéliens avec l’association Elad.

Aussi on doit espère que les autorités israéliennes auront à cœur de donner, rapidement, tout apaisement à propos de ces travaux, afin de désamorcer une nouvelle manipulation de l’opinion publique..

Car il serait fâcheux que le dernier mot reste au porte parole du « Comité de démolition de maison », selon lequel : « C’est toujours la même histoire. Les colons font le sale boulot. Le gouvernement ferme les yeux. Et tout le monde se tait ».

Nous rappellerons, simplement, pour terminer l’épisode des travaux de consolidation d’une passerelle d’accès au Mont du Temple, l’année dernière, presqu’à pareille époque (www.desinfos.com/article.php?id_article=6795).

Heureusement que le gouvernement israélien prit, à temps, l’affaire en mains, car, il faut savoir que chaque occasion est bonne pour ceux qui veulent délégitimer toute présence juive à Jérusalem.


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