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Légitimité des assassinats ciblés ou justice formelle ?

par Simon Frajdenrajch, analyste,

lundi 18 février 2008
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La responsabilité des attentats commis en Argentine est imputée à la direction iranienne au plus haut niveau : d’abord, l’attentat contre l’ambassade d’Israël à Buenos Aires, qu a fait 22 morts en 1982, ensuite l’attentat à la voiture piégée contre le bâtiment de l’AMIA, association culturelle juive de la capitale argentine qui fit 85 victimes. Selon le procureur argentin Alberto Nisman : « L’assassinat, ce n’est pas la justice ».

Dans un entretien téléphonique avec David Horowitz du ‘Jérusalem Post’*, le procureur argentin en charge des poursuites contre les auteurs de ces attentats a déclaré : ’"Mughniyeh était activement recherché par Interpol ; et il aurait été préférable qu’il soit traduit en justice, pour expliquer ce qui s’est produit dans l’orchestration des attentats à la bombe. Je ne ressens aucun chagrin pour sa mort, ni le contraire. Je suis procureur, et mon travail est de traduire les gens en justice. Ce n’est pas là la justice ». (1)

Ce n’est pas l’avis du Pr Alan Dershowitz, dont j’extrais plusieurs passages d’un article publié ce jour dans le Jerusalem Post (2). Il prend une position totalement opposée à celle du procureur argentin, alors qu’ils sont tous les deux des praticiens chevronnés du Droit criminel. Il n’est pas douteux que les deux hommes soient légalistes. Alan Dershowitz est Professeur de Droit International à Harvard. Il affirme d’entrée :

« Si Imad Mugniyeh est vraiment mort ... son ciblage constitue le plus puissant dossier en faveur de l’assassinat ciblé de terroristes abrités par des Etats qui soutiennent le terrorisme ».

Le Pr Dershowitz se place sur le terrain du Droit de la Guerre, et explique :
« Mugniyeh a été accusé par le FBI du meurtre de centaines d’Américains. La Syrie, où il a élu domicile, a refusé de l’extrader aux Etats-Unis pour être jugé. Il a continué son activité terroriste. Le dossier pour l’éliminer est convaincant - légalement, moralement, religieusement et militairement ». Et il insiste : « Selon toutes les définitions raisonnables de ce mot, c’est un combattant qui a déclaré la guerre aux Etats-Unis, à Israël, à la France et à d’autres pays dont il a tué des citoyens. Bien qu’il n’ait pas porté un uniforme, c’était un général dans la guerre terroriste. Selon les lois de la guerre, tout combattant est une cible appropriée, dans la mesure où les moyens pour le tuer sont « proportionnés » - c’est-à-dire qu’il peut être tué sans dommage disproportionné aux non combattants. Si cette condition est respectée, un assassinat ciblé est hautement préférable aux moyens militaires plus conventionnels employés depuis des siècles ».

Dershowitz remarque alors que ces moyens conventionnels provoquent généralement un grand nombre de victimes civiles. Il ajoute : « Un assassinat ciblé, d’un autre côté, s’il est fait proprement, accomplit exactement ce que son nom suggère - il cible un combattant impliqué dans des attaques terroristes en cours, et en le tuant, empêche la mort de civils innocents. Oui, il s’agit d’un « assassinat extrajudiciaire », mais toutes les morts militaires sont extrajudiciaires, comme le sont les meurtres conventionnels liés à l’autodéfense et les meurtres de criminels armés qui s’évadent ou résistent à l’arrestation.

Dershowitz affirme enfin son opposition à la peine de mort pour les criminels enfermés en sûreté. Ceux-là ne doivent pas être soumis à ce qu’il nomme un « assassinat judiciaire », et il conclut : « Quand un terroriste comme Imad Mugniyeh n’est pas en prison et ne peut pas être capturé, il n’y a pas d’autre choix raisonnable que de le tuer. L’assassinat ciblé est l’option de choix ».

Ce débat est important même s’il peut paraître un peu académique quand il s’agit de traiter de la menace suspendue sur le monde libre : le fascisme islamiste, et la technique principale qu’il utilise pour nous déstabiliser, le terrorisme aveugle, soutenu par les Etats « voyous » que sont devenus l’Iran, la Syrie, le Soudan...

Les « exploits » d’ Imad Mugniyeh ont commencé depuis plus de 30 ans puisque, après avoir commencé sa carrière en enlevant des diplomates et des journalistes, les preuves convergent pour faire de ce libanais d’origine, le cerveau des attentats commandités contre des bâtiments liés à Israël et à la communauté juive d’Argentine respectivement en 1982 et 1984. Il est aussi responsable de l’attentat contre l’ambassade des USA à Beyrouth qui fit 63 morts ; de la mort des 251 Marines américains et des 58 soldats français de la caserne du Drakkar en 1983, de détournements d’avions, d’assassinats : la liste est longue (3).


Il existe juste un bémol, très platonique il est vrai, à l’absence de jugement de ce sinistre personnage :

S’il avait été extradé par un pays respectant le Droit international, ce n’est hélas pas le cas de la Syrie, son procès aurait non seulement permis de mieux connaître les filières terroristes alimentées par ses parrains - l’Iran et la Syrie - mais il aurait surtout permis de faire un procès exemplaire et édifiant pour les foules de nos pays démocratiques, qui ont une fâcheuse tendance à excuser tout et n’importe quoi, y compris le terrorisme.

Il a environ deux semaines, l’inénarrable Georges Malbrunot, invité sur France Culture à parler de son livre d’entretiens avec Georges Habache, justifiait le terrorisme comme « mode d’expression politique ». Habache, célèbre terroriste international mort dans son lit à 80 ans, après avoir perfectionné grandement les techniques palestiniennes de détournement d’avion sur la Jordanie, et d’assassinats d’otages de sang froid. Le roi Abdallah de Jordanie, en principe en paix avec Israël, était peu rancunier avec un personnage qui voulut renverser son père, le roi Hussein, au début des années 1970 ; il lui a offert l’asile politique jusqu’à sa mort. C’est ce même personnage que la Croix Rouge Française accueillit en 1992, sur l’initiative de sa directrice de l’époque, Georgina Dufoix, auteur de la célèbre formule dans le scandale du sang contaminé : « Responsables mais pas coupables ». Quelques têtes d’énarques ont valsé après cette énorme bévue ; pas celle de Roland Dumas, ministre des affaires étrangères de Mitterrand à l’époque.

Ajoutons pour mémoire, que Mahmoud Abbas, le « modéré de l’Autorité Palestinienne » adoubé par la « Communauté Internationale » qui presse Israël de faire davantage de sacrifices pour parvenir à une paix dont l’échéance serait impérativement fixée à la fin 2008, a proclamé un deuil national de 3 jours en « Palestine », fait mettre les drapeaux en berne, et célébré avec émotion la mémoire de cet archi-terroriste, chrétien et médecin à l’origine, et réputé pour son intransigeance proverbiale à l’encontre de toute concession à « l’entité sioniste ». Si j’évoque assez longuement le sort de Georges Habache, c’est parce que le formalisme juridique peut aboutir à laisser mourir de grands criminels dans leur lit, avec parfois les honneurs militaires.

Je ne ferai qu’évoquer les obsèques quasi-nationales que Jacques Chirac fit à Yasser Arafat. Elles resteront pour la France une tache sur l’honneur de notre drapeau, au même titre que la réception offerte récemment au colonel Khadafi, convaincu désormais que le crime paie, comme pour tous ses acolytes terroristes à grande échelle.
Sur le formalisme juridique, les Américains s’étaient efforcés dans les années 1990 de déférer devant les tribunaux les criminels auteurs de tentatives terroristes.

L’attentat du 11 septembre 2001 leur a donné - à nous aussi d’ailleurs - un électrochoc salutaire. Du juridisme, les USA sont passés à la guerre contre le régime taliban implanté en Afghanistan, et le régime criminel et dangereux de Saddam Hussein en Irak. Le changement d’échelle est lié à la véritable déclaration de guerre adressée par les islamistes le 11 septembre. Et cette guerre contre le fascisme islamiste que les bonnes âmes ne veulent pas nommer, parviendra dans nos banlieues si la coalition menée par les Américains en Irak et en Afghanistan lâche la rampe.

Concernant toujours la nécessité de la justice formelle, j’en viens au procès Eichmann qui eut lieu en 1962 en Israël. Celui-ci fut enlevé en Argentine (encore !) par une équipe du Mossad qui commençait de se tailler une légende méritée d’audace et d’efficacité.

Le procès Eichmann eut à l’époque une vertu cathartique bienfaisante, non seulement en Israël mais pour le Peuple juif dans son ensemble, qui pouvait commencer à parler de l’indicible douleur de la Shoah. Ensuite, le procès Eichmann eut une vertu pédagogique immense dans le monde entier, qui découvrit « la banalité du mal », selon la célèbre formule d’Hannah Arendt. Rétrospectivement, l’image d’Israël à l’époque était à son zénith.

Plusieurs remarques à ce sujet : l’enlèvement d’Adolf Eichmann à Buenos Aires était évidemment illégal. D’autres pays procéduriers - la France avec Georges Habache, la Grande Bretagne avec Augusto Pinochet - ont refusé de livrer à la justice ces hôtes encombrants sous des prétextes juridiques bien plus minces. Doit-on considérer pour autant que la peine de mort infligée à Eichmann, la seule prononcée dans l’histoire d’Israël où elle n’existe pas, serait entachée d’illégalité ?

Aujourd’hui, le procès criminel d’un archi-terroriste aurait-il les vertus de celui d’Eichmann en 1962 ?
Un Imad Mugniyeh aurait-t-il été jugé pour les crimes qu’il a perpétrés, ou transformé en icône de la résistance ? A un degré moindre, un Marwan Barghouti, qui purge en principe « cinq » peines de prison à vie pour sa responsabilité directe dans le meurtre de cinq israéliens, est considéré par le Parti communiste Français, les Verts, les Alter Mondialistes, et autres Rouges-Verts-Bruns, comme le « Nelson Mandela de la Palestine » : il devrait être libéré toutes affaires cessantes. On ignore pourquoi le fameux Carlos, pas le chanteur disparu récemment, mais le sinistre Ramirez Sanchez, enfermé à vie dans nos prisons pour le meurtre de deux policiers, après son extradition du Soudan, ne bénéficie pas de la mansuétude de notre Gauche qui marche sur la tête.

La réponse est assez simple : la palestinolâtrie atteint une telle empreinte sur les esprits, que le keffieh palestinien sera du dernier chic prochainement dans les rues européennes. Le chemin du tchador ne sera plus très long.

Israël menace aujourd’hui ouvertement de s’attaquer aux têtes politiques du Hamas, refusant de les distinguer de leur aile militaire si les tirs quotidiens de roquettes sur l’ouest du Negev et particulièrement sur Sderot ne cessent pas. Ils le répètent tant que cela finit par ressembler à une rodomontade du type « Retenez-moi ou je fais un malheur ». C’est un proverbe arabe qui dit : « La parole est d’argent et le silence est d’or ».

Les Israéliens nous avaient habitués à parler moins et à agir plus. Il est vrai que l’équipe gouvernementale actuelle ne brille ni par sa capacité de direction, ni par son indépendance d’esprit. Si l’on compare cette attitude avec celle des « pères fondateurs de l’Etat d’Israël », Ben Gourion doit faire la vrille dans sa tombe.

Voir M. Ehud Olmert aller en Allemagne demander à la chancelière Angela Merkel la permission de faire une large opération dans la bande de Gaza pour faire cesser l’enfer quotidien que vivent les habitants de Sderot, voilà qui relève du surréalisme. La supplier d’imposer aux entreprises allemandes l’embargo sur les relations commerciales avec l’Iran, leur premier client commercial et technologique de la région, relève de l’utopie.

Voir M. Ehud Barak aller vendre des drones en Turquie, et solliciter avec succès le quitus de son homologue « islamiste modéré » pour intervenir à Gaza ou au Liban, témoigne seulement de la vieille antipathie existant entre les Turcs et les Arabes, et heureusement, d’une solide alliance d’intérêts entre Israël et la Turquie.

Enfin, sur la légitimité des « assassinats ciblés », il faut rappeler leur efficacité. Après l’élimination ciblée en avril 2004, du ‘sheikh’ Ahmed Yacine, et de son second le bon docteur Rantissi : malgré leurs menaces de rétorsion et leurs hurlements, les chefs du Hamas avaient appliqué une trêve, une « hudna ».

Si l’on est pragmatique, on se doute qu’il ne suffira pas d’envoyer une paire de gendarmes, voire une brigade entière pour arrêter Ismaïl Haniyeh, premier ministre du Hamas, et son second, Mahmoud Zahar. Depuis les menaces ouvertes formulées par les directions politique et militaire israéliennes, nos charmants « Hamas boys » se terrent courageusement, comme le ‘sheikh’ Nasrallah, âme damnée du Hezbollah au Liban, depuis l’été 2006.

Ces sinistres personnages, qui envoient des enfants, voire des femmes handicapées mentales se faire exploser au milieu des foules, ne méritent pas tant de considération. La sainte terreur qu’ils inspirent n’est faite que de malheur et de mort. Leur dimension se mesure à leur capacité de nuisance. L’UE les paie grassement pour qu’ils chassent dans le pré du voisin. L’UE enrage d’avoir perdu ses boucs émissaires favoris depuis 60 ans.

Le porte-parole du département d’Etat Sean McCormack a affirmé que « le monde est plus sûr sans Imad Mugniyeh ». Il a ajouté que « d’une manière ou d’une autre, il a été traduit devant la justice » (3). Cette brève conclusion est la bonne : les acolytes et les imitateurs forcenés de Mugniyeh devront subir le même sort.

1 - http://www.jpost.com/servlet/Satellite?cid=1202742153167&pagename=JPost%2FJPArticle%2FShowFullincense <http://www.jpost.com/servlet/Satellite?cid=1202742153167&amp ;pagename=JPost%2FJPArticle%2FShowFullincense

2 - http://cgis.jpost.com/Blogs/dershowitz/entry/targeting_mugniyeh_was_the_right <http://cgis.jpost.com/Blogs/dershowitz/entry/targeting_mugniyeh_was_the_right

3 - http://fr.news.yahoo.com/ap/20080213/twl-liban-hezbollah-moughnieh-2844f0d_1.html <http://fr.news.yahoo.com/ap/20080213/twl-liban-hezbollah-moughnieh-2844f0d_1.html


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