Depuis Septembre 2000, DESINFOS.com est libre d’accès et gratuit pour vous donner une véritable information indépendante sur Israël
Personnalisé
Inscription gratuite à la Newsletter - cliquer ici
-
Accueil > Les textes > Le ver est-il dans le fruit ?

Le ver est-il dans le fruit ?

par David Ruzié, professeur émérite des universités, spécialiste de droit international

mardi 8 janvier 2008
- Lire la version pour téléphone mobile (iPhone, smartphone, etc.) -


Partager  | Autres liens

Selon les médias, entre 6 000 et 10 000 Arabes israéliens ont manifesté, à Nazareth, il y a quelques jours, leur solidarité avec les habitants de la Bande de Gaza. Même si heureusement, cette fois, il n’y a pas eu de morts à déplorer, alors que dans les premiers jours de la seconde Intifada, en octobre 2000, on avait compté 13 morts parmi les manifestants, l’ampleur de cette manifestation et les slogans scandés nous paraissent révéler un grave problème.

Rendant compte de cette manifestation, sur son blog, le journaliste Michel Gurfinkiel considère que « les Arabes israéliens - 1,3 millions d’âmes, 17 % de la population israélienne - sont en train de passer corps et biens du côté des extrémistes islamistes et arabes ».

Il est certain qu’il y a lieu de s’inquiéter de voir « une foule qui ne brandit que les drapeaux palestiniens, qui traite les ministres de son pays de criminels de guerre, qui proclame sa solidarité avec le Hamas de Gaza ».

La presse a relevé que la manifestation était organisée par le « mouvement islamique » en Israël et deux formations représentées à la Knesset : le Rassemblement national démocratique (Balad, 3 députés sur 120) et la Liste unifiée arabe (3 députés).

Déjà, comme nous l’avons rappelé, pour commencer, dès les premiers jours de la seconde Intifada, les Arabes palestiniens avaient cru devoir manifester leur solidarité avec les Arabes israéliens tués, dans des conditions jugées critiquables, en septembre 2003, par une commission d’enquête, présidée par Théodore Or, juge à la Cour suprême. Le rapport de la Commission qui, critiqua la façon dont la police israélienne avait réagi face aux manifestants, avait également recommandé une amélioration de la qualité de vie des Arabes israéliens.

Nous avons déjà, ici-même, souligné qu’un bas niveau de vie était susceptible de conduire à des actions violentes.

Mais si, parlant de la Bande de Gaza, cette situation est essentiellement due à la carence des autorités (sic) palestiniennes, en revanche, il nous semble, que la situation des Arabes Israéliens relève en grande partie des autorités israéliennes.

Il est unanimement reconnu que le niveau de vie des Arabes israéliens est de près d’un tiers inférieur à celui des autres habitants du pays, bien que près de trois fois supérieur à celui des habitants des Territoires.

Il est vrai qu’il y a, également, un grand nombre de Juifs israéliens, et notamment, des enfants, qui vivent en dessous du seuil de pauvreté, mais cela n’excuse pas cela.

Comme dans les Territoires, il est évident que la masse des Arabes israéliens est manipulée par des agitateurs islamistes, voire - et c’est là que le bât blesse - par des membres de la Knesset, qui, se font régulièrement, remarquer par des prises de position scandaleuses.

Car la liberté d’expression dont doivent jouir les parlementaires, dans un régime démocratique, n’autorise pas pour autant à joindre leur voix à celle des ennemis du pays, dans le Parlement duquel ils siègent.

Ainsi, les manifestations sanglantes d’octobre 2000 avaient été fallacieusement suscitées par des meneurs, qui considéraient la visite d’Ariel Sharon sur le Mont du Temple/Esplanade des Mosquées comme une provocation, alors que cette visite, pour inopportune qu’on puisse la juger, était parfaitement légale ; et ce d’autant plus que les autorités musulmanes du waqf, chargées de la gestion des mosquées, avaient été averties de cette visite.

La tournure prise par la manifestation de Nazareth nous paraît d’une toute autre tonalité que la commémoration annuelle de la « Journée de la terre », organisée chaque année par les Arabes israéliens, en souvenir de la journée de mars 1976, au cours de laquelle 6 manifestants, qui protestaient contre la confiscation alléguée de terres, avaient trouvé la mort.

Il est, toutefois, révélateur d’une certaine mentalité, que cette commémoration est considérée par certains comme un « symbole de la résistance palestinienne ».

Par ailleurs, sur un site d’Internet, une Arabe chrétienne évoque non pas les « Arabes israéliens » mais les « Arabes palestiniens en Israël », ce qui a une tout autre connotation.

Il serait temps que les autorités israéliennes d’une part, rappellent à tous les parlementaires de la Knesset qu’ils doivent une fidélité à l’Etat d’Israël, mais d’autre part, et surtout, prennent des mesures concrètes pour tenter de dissiper l’impression de discrimination, que ressentent souvent les Arabes palestiniens.

Déjà, un pourcentage de mécontents (voire d’ennemis potentiels), aux alentours de 17%, ne peut être négligé, mais surtout, à l’avenir l’importance de la population arabe israélienne est de nature à croître beaucoup plus rapidement que la population juive.

Certes, apparemment, l’accroissement, par rapport à 1948, de la population arabe israélienne est comparable à celle de la population juive (bien que les statistiques soient variables suivant les sources consultées) : les Arabes israéliens, qui étaient environ 160 000 en 1948, sont donc, à l’heure actuelle, 1, 3 million, tandis que la population juive s’est accrue dans les mêmes proportions : d’environ 700 000 en 1948, les Juifs sont, à l’heure actuelle, environ 5, 7 millions.

Mais c’est oublier que la croissance de la population arabe israélienne est due à des causes naturelles, tandis que la population juive s’est développée, essentiellement, grâce à l’immigration et il est évident qu’un mouvement massif d’immigration, en provenance d’abord des pays arabes, puis de l’Union soviétique, ne se reproduira pas.

Le pire serait de voir, à terme, les Arabes israéliens considérer, eux aussi, que la création de l’Etat d’Israël, constitue une « nakba » (catastrophe, pour évoquer, scandaleusement, la « shoah »), alors qu’en tout état de cause, non seulement leur niveau de vie, même inférieur à celui des Israéliens, est largement supérieur à ceux des Palestiniens, et, aussi, à ceux des habitants des pays musulmans voisins.

Mai,s il est tellement plus facile d’en vouloir toujours plus.


Soumettez vos réactions - Imprimer la page - {id_article}

Chaque matin recevez la Newsletter de Des Infos.com
Cliquez pour vous inscrire gratuitement

Ce Colloque des Intellectuels Juifs de Langue Française a pour thème, ’la montée des violences’. Ce thème aura toujours accompagné l’histoire de l’humanité. Violences politique, religieuse, sociale, économique, voire même discursive, les humains n’auront cessé de se faire violence, et ce même lorsqu’ils prétendaient l’éradiquer en cherchant à dispenser le bien. Cette relance du Colloque des Intellectuels Juifs de Langue Française apporte une attention toute particulière à ce qu’il convient de nommer une résurgence de la violence affectant aujourd’hui les communautés juives de France et d’Europe.


Inscription  gratuite à la Newsletter de



Informations , services  et publicité sélectionnés gratuitement par Desinfos.com











IDC

 





Docteurinfo.com la santé par la connaissance


Avis d'utilisation |     | Accueil | Suivre la vie du site RSS 2.0 | Plan du site | Contact | Mentions légales | Espace privé |     | SPIP | squelette