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Un langage de raison

par David Ruzié, professeur émérite des universités, spécialiste de droit international

mercredi 2 janvier 2008
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Lemonde.fr annonce, sous la plume de son correspondant à Jérusalem, Michel Bôle-Richard, et l’a repris dans son numéro daté du 3 janvier, que : « Ehoud Olmert présente comme inéluctable un partage de Jérusalem avec les Palestiniens ».

C’est ce qui résulterait d’un entretien publié 1er janvier par le Jerusalem Post  : « Ceux qui, dans le monde, sont les amis d’Israël - qui soutiennent réellement Israël lorsqu’ils évoquent l’avenir - parlent de l’Etat juif dans les frontières de 1967. Ils parlent de la division de Jérusalem » a-t-il déclaré, tout en affirmant également qu’il n’est toutefois pas question de renoncer à l’intégration à la partie israélienne de la ville du plus grand bloc de colonies de Cisjordanie, celui de Maale Adumim.

Il a expliqué au Jerusalem Post que la création d’un Etat palestinien est une nécessité, car l’alternative « d’un Etat pour deux peuples va mettre fin à l’existence d’Israël en tant qu’Etat juif ». « C’est un danger qui ne doit pas être nié. Il existe. C’est même une réalité », a-t-il insisté, avant d’ajouter « sinon, nous allons vivre éternellement dans une réalité confuse où 50% de la population, ou plus, sont des résidents mais pas des citoyens égaux ». « Mon travail, en tant que premier ministre, est de faire en sorte que cela ne se produise pas », a-t-il soutenu. M. Olmert ne cache pas qu’il va falloir faire des concessions et que « l’on ne peut demander [aux Palestiniens] d’accomplir leurs obligations sans honorer les nôtres », faisant référence à la « feuille de route », un plan de paix international relancé à Annapolis.

Il est évident que cette prise de position coïncide avec la venue de George Bush le 9 janvier pour sa première visite en Israël et dans les territoires occupés "pour appuyer le processus diplomatique ».

Ehoud Olmert. estime que les conditions sont particulièrement favorables, avec également son interlocuteur Mahmoud Abbas, qui « veut la paix avec Israël et accepte Israël tel qu’il se définit ». Avec, enfin, « cette coïncidence qui relève du miracle », la présence, outre M. Bush, de Nicolas Sarkozy en France, Angela Merkel en Allemagne, Gordon Brown en Grande-Bretagne et Tony Blair comme envoyé spécial dans la région, « une combinaison qui ne peut être plus satisfaisante pour Israël ».

Sans nous considérer nullement comme chargé de cautionner, systématiquement, les déclarations officielles du premier ministre israélien, nous pensons devoir souligner que sa dernière prise de position est frappée au coin du bon sens, malgré les remous qu’elle risque de susciter tant en Israël (v. ici même www.desinfos.com/article.php?id_article=8842) qu’en Diaspora.

Nous nous considérons comme d’autant mieux placé pour le faire que, par le passé, nous avions adopté un point de vue diamétralement opposé.

Ainsi, au cours du XIXème colloque des intellectuels juifs de langue française, en novembre1978, nous avions longuement développé le point de vue selon lequel les Palestiniens n’avaient aucun droit à revendiquer Jérusalem comme capitale (v. « Jérusalem, capitale disputée » in Jérusalem l’unique et l’universel , Paris, PUF, 1979, pp. 89-117 - v. également France Israël In formation, n°164-165, sept.-oct. 1989, pp.15-19).

Sur la base des données de l’histoire et des éléments juridiques en cause, un partage éventuel de la ville nous apparaissait, alors ; non fondé, tandis que la revendication d’Israël quant a sa souveraineté sur toute la ville nous semblait justifiée, tout en soulignant la nécessité de dissocier le statut territorial de la ville du statut des Lieux saints.

Si à près de trente ans d’écart, sans renier ce que nous avons écrit, nous considérons, aujourd’hui, qu’un partage - dont les modalités pratiques restent encore à définir, par voie de négociation - s’impose, c’est pour des considérations d’opportunité.

Il nous paraît, effectivement, illustrer la volonté d’Israël de faire la paix avec ses voisins, quelle que soit l’ampleur du sacrifice, sur le plan sentimental.

Accepter un tel partage ne nous paraît pas de nature à constituer un signe de faiblesse, mais traduire le souci d’Israël, au prix d’une lourde concession, dont nous ne sous-estimons pas l’ampleur, de s’engager résolument dans la voie de la paix.

Cette concession ne nous paraît nullement devoir constituer un fâcheux précédent de nature à entraîner une « capitulation » systématique d’Israël devant toutes les prétentions palestiniennes.

La délimitation des frontières par rapport à la ligne de cessez-le-feu de 1949 (« Ligne verte ») laisse une large marge de manœuvre.

En revanche, Israël ne peut renoncer à sa vocation à être l’ « Etat des juifs » - formule que nous préférons, aujourd’hui, à celle d’ « Etat juif », pourtant utilisée par la résolution des Nations Unies de 1947, qui voulait distinguer un « Etat arabe » et un « Etat juif », car, de nos jours, l’expression d’ « Etat juif » est à connotation théocratique, ce que même la majorité des Israéliens n’est pas prête à accepter.

De telle sorte que, sur cette question, Israël est en droit de s’opposer à toute concession de nature à le délégitimer, ce à quoi aboutirait, incontestablement, la reconnaissance du principe du droit au retour, à l’intérieur des limites juridiques actuelles de l’Etat juif, des réfugiés palestiniens (notion dont nous avons déjà souligné, d’ailleurs, le caractère imprécis).


En réaction à l’article du Pr. Ruzié, je souhaite voir paraître la réaction suivante :

Jérusalem, capitale éternelle de l’Etat d’Israël

Quel est ce pluriel de majesté que le « Pr Ruzié, professeur émerite de droit international » se permet d’utiliser de façon agaçante ?
Croit-il que sa parole, précédée de ce titre ronflant, lui permettrait de donner un avis plus autorisé que les autres, du haut de sa chaire « émérite » ?

M. Ruzié se flatte de rebaptiser Israël : « Etat des Juifs » plutôt que « L’Etat juif » des pères fondateurs, excipant d’une connotation théocratique de ce dernier ?!
Mais sur quel sondage M Ruzié s’appuie-t-il pour déclarer avec condescendance que cela est repoussé par une « majorité d’Israéliens » ?
Aucun : M. Ruzié nous assène son point de vue comme s’il redescendait du Sinaï.

Eh oui, M. Ruzié, le sionisme a des fondements religieux, ne vous en déplaise, même si des Juifs laïques ont largement contribué à la naissance d’Israël.

M. Olmert ne devra pas oublier qu’avant d’engager le moindre centimères carré de Jérusalem, il lui faudra au minimum l’aval de la Knesset à la majorité qualifiée.
Je préconise pour ma part que le Peuple d’Israël se prononce sur la question par un vote, et j’ose avancer que les Juifs de Diaspora, selon des modalités à définir, devront aussi y participer, car Jérusalem est le premier lieu saint du judaïsme.

Nos amis bien intentionnés de par le monde - les Présidents Bush et Sarkozy compris - ne devraient pas l’oublier.

Simon Frajdenrajch


Droit de réponse :

Je crois devoir préciser que si j’utilise le « nous », ce n’est pas en tant que « pluriel de majesté », car j’aurais utilisé une majuscule, mais parce qu’il s’agit d’une pratique généralement utilisée dans les médias.

Par ailleurs, je m’exprime, certes, à titre personnel, mais je crois devoir faire état de ma qualité de « professeur émérite », pour indiquer que je suis un universitaire et non un théologien. De même, je précise que je suis « spécialiste de droit international », pour bien souligner que je me place sur le plan juridique. Je n’ai jamais prétendu me faire le porte parole de quelque tendance que ce soit dans la communauté juive et je suis parfaitement conscient que mon point de vue n’est pas partagé par tout le monde et même qu’il en irrite parfois plus d’un. Mais ce n’est pas une raison pour me taire.

J’attends des arguments sur le même plan que celui sur lequel je me place, c’est à dire celui du droit. Car lorsqu’on soutient qu’Israël a le droit de réclamer Jérusalem comme étant sa capitale une et indivisible, c’est bien sur le terrain du droit que l’on se place. La société internationale n’est pas une jungle où chacun ferait prévaloir ses convictions par la force.

Professeur David Ruzié




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