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Que fait la femme du Premier ministre isralien ?

Nathalie Szerman Jerusalem Post

lundi 25 juin 2007
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Pendant que son poux s’entretient avec Bush, Moubarak, Abbas et Abdallah II d’un renouveau des relations entre Isral et l’Autorit palestinienne, Madame Olmert, paralllement ses activits sociales, poursuit une vie d’artiste. Peintre et photographe conceptuelle ayant expos dans plusieurs pays, elle vient de publier un livre de photos de graffitis d’Isral intitul Sfat Kir , Le langage du mur.

Aliza laissera une empreinte personnelle sur le patrimoine culturel de son pays.

Aliza Olmert n’apparaît que rarement en tailleur officiel, à quelques décimètres de son illustre moitié. Elle est, selon l’expression biblique hébraïque « Ezer Kénegdo », une « aide contre lui », celle dont les conseils ne sont pas toujours conformes à ceux de l’entourage politique du Premier ministre. Chacun sait qu’Aliza, d’une sensibilité de gauche (tout comme ses enfants), a voté pour la première fois Ehoud aux dernières élections, celles qui ont mené à la victoire de Kadima. Peintre, photographe, mais aussi dramaturge et scénariste, investie dans des initiatives à caractère social, Aliza laissera une empreinte personnelle sur le patrimoine culturel et social de son pays.

Dans la demeure du Premier ministre où se trouve son atelier, Aliza Olmert nous présenter d’abord les tableaux de peintres israéliens des années 50-70 qui habillent les murs. Une manière non narcissique de guetter nos réactions. Car c’est avec prudence qu’Aliza Olmert ouvre les portes de son art : non, la peinture des deux cyprès parallèles sur une planche à repasser, entre lesquels se devine un chemin, ne comporte pas forcément de connotation sexuelle ou féministe : « il est possible de trouver à toute chose une interprétation sexuelle, si c’est ce que l’on cherche. Je pourrais en donner une au design de votre manteau. » Où faut-il donc chercher du sens ? Car son art, très conceptuel, ne peut en être dépourvu.

Le Langage des murs

Elle ouvre un ensemble de pages non encore reliées, prêtes pour publication, contenant des centaines de photos de graffitis d’Israël, qu’elle a mis trente ans à rassembler. C’est « Sfat kir » encore en devenir, un mois avant sa parution : « Même quand je ne les cherche pas, je les vois. La façon dont ces lapsus de la réalité surgissent, sous forme de graffitis, m’émerveille. C’est l’inconscient collectif qui remonte à la surface. Vous avez une idée de titre pour le livre ? » « Le Lapsus », osé-je suggérer sans grand risque. Un titre qu’elle n’aura pas retenu. Nous nous étonnons de la quantité de graffitis collectés, les villes d’Israël n’en étant pas particulièrement encombrés. « C’est vrai que Paris en est beaucoup plus riche. J’ai une collection de graffitis parisiens... pour un prochain ouvrage. » Certains n’oublient jamais leurs lunettes de soleil ; Aliza ne sort jamais sans son appareil photos. Lire les murs, pour Aliza Olmert, c’est une autre façon de comprendre le monde où l’on vit.

Les photos de graffitis de « Sfat kir » sont commentées par l’écrivaine israélienne Gil Hareven. Pour réaliser ces textes, Gil a emprunté plusieurs voies : « Tantôt je cherchais à répondre à l’auteur du graffiti, tantôt à comprendre son histoire. Parfois je me servais du graffiti comme base de récit », explique-t-elle à l’hebdomadaire jérusalémite Kol Hayir. Une fructueuse collaboration qui a permis à « Sfat kir » de paraître aux éditions Yediot Aharonot en avril 2007, grâce aussi au concours du graphiste Yossi Djibri. Le livre est le résultat de trois années de travail et d’amour pour le langage muet des êtres par les murs.

L’ouvrage est divisé en 25 thèmes, dont celui de la Shoah , des animaux, de l’armée, de l’occupation, thème largement exploité par les graffitistes. L’emploi banalisé de l’insulte « nazi » contre tous ceux qui déplaisent (dont le service des impôts !) n’a pas laissé indifférente Aliza Olmert, enfant de rescapés de la Shoah. Les dates des photos ont volontairement été ignorées, ainsi que la mention des lieux photographiés, afin de rendre l’atmosphère des lieux plutôt que de produire un ouvrage de sociopolitique.

On note que parmi les graffitis politiques se trouvent un grand nombre d’inscriptions contre les anciens premiers ministres Netayahou et Sharon, mais seulement une contre Ehoud Olmert. La Première dame d’Israël a apparemment cherché à ménager son époux, déjà suffisamment malmené par l’opinion. Gil Hareven confie à Kol Hayir n’avoir prêté attention aux graffitis qu’une fois avant de rencontrer Aliza, « juste avant l’assassinat de Rabin. Les murs étaient parsemés du slogan ’Mort à Rabin’. »

Les coquilles d’oeufs

Aliza Olmert donne un sens aux voix tues, à travers les photos de graffitis mais aussi le recyclage par l’art : « J’ai beaucoup de respect pour les matériaux dont on se débarrasse. Ils servent fréquemment de base à mes créations. » Ainsi a-t-elle présenté une exposition de constructions conceptuelles à base de coquilles d’œufs, en Israël et aux Etats-Unis, qui s’est déplacée du musée du Hebrew Union Collège de New York en 2005, à la galerie du Centre communautaire juif de Washington, et enfin au Musée d’art juif de Philadelphie (de janvier à avril 2007). La directrice de l’exposition rapporte le choix du nom donné à l’exposition (Tikkoun, qui signifie « réparation » en hébreu) à la notion de réparation du monde, thème de la mystique juive. « La réassemblage de fragments de coquilles d’œufs, qu’Aliza Olmert récupère chez son boulanger de Jérusalem, est une métaphore de l’idée selon laquelle il n’y a rien de plus entier qu’un cœur brisé ».

« La coquille de l’œuf, cassable, a pour fonction de retenir la vie », relève Aliza. Elle relie les fragments de coquilles à l’aide d’épais fils métalliques, ou d’épingles à nourrice. Le décalage entre la fragilité de la texture naturelle de la coquille et la froideur du dispositif métallique ne manque pas de frapper. « Est-ce une représentation du Paradis perdu ? Est-ce une métaphore des camps de la mort ? » sont les questions qui me viennent à l’esprit. « C’est surtout un message d’espoir quant à la possibilité de réparer ce qui a été brisé, » souligne l’artiste, de sa voix posée et un rien mélancolique. Un bouclier conçu à base de morceaux de coquilles d’œufs, qui a requis un énorme travail de patience, laisse rêveur. Signifie-t-il que les blessures d’hier, les illusions perdues deviennent un bouclier face aux épreuves de demain ? « C’est la version moderne du tricot », plaisante la Première dame d’Israël, en guise de réponse.

Reconstituer ce qui a été irrémédiablement brisé

La réparation est l’un des thèmes de prédilection de l’artiste. Ainsi a-t-elle suivi de son appareil photo la construction du mur de Guilo, banlieue de Jérusalem attaquée de Beth Jala, village voisin de Bethlehem, en 2001. Ce rempart gris, construit pour faire écran aux tirs, masquait la vue et les arbres. Des artistes ont entrepris de reconstituer le paysage caché par le mur sur les pans de béton nus.

Les arbres sont aussi une source d’inspiration pour l’artiste, et en particulier les cyprès, thème quasi-exclusif de ses toiles depuis deux ans, des toiles qu’elle réalise parfois deux ou trois à la fois. « J’essaie d’atteindre l’essence du cyprès ». Aliza utilise les tons jaunes et bleus pour tracer ces immenses arbres souvent recouverts de brouillard. Parfois apparaissent des traces de la première couche de peinture, invisible à l’œil nu, de couleur rouge.

Non sans nostalgie, la Première dame d’Israël déploie son énergie à restituer la plénitude d’un monde irrémédiablement éclaté, à en réconcilier toutes les composantes. Un monde où les voix adverses coexisteraient en bonne harmonie.


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