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Versatilité ou effet d’annonce ?

par David Ruzié, professeur émérite des universités, spécialiste de droit international

mercredi 14 mars 2007
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Lundi, lors de son passage à Washington, Tsipi Livni a fait savoir qu’elle trouvait des éléments positifs à l’initiative saoudienne, qui pourrait servir de base pour de futurs progrès. Ehoud Olmert, lui-même, a considéré, la veille, lors de la réunion du Cabinet israélien, qu’il fallait prendre très au sérieux cette initiative.

C’est à ne plus rien y comprendre.

En effet, cette « initiative saoudienne » remonte, en effet, à ......5 ans et jusqu’à présent elle n’avait pas reçu un accueil aussi positif - c’est le moins que l’on puisse dire - dans les milieux officiels israéliens.

Au début du mois, encore, Tsipi Livni, interviewée par un journal égyptien, considérait ce plan comme inacceptable.

Mais, au fait, de quoi s’agit-il ?

En février 2002, le New York Times publiait un article du journaliste Thomas Friedman rapportant une conversation qu’il avait eue avec le prince héritier d’Arabie Saoudite, Abdallah bin Abd Aziz Al-Saud. conversation au cours de laquelle le prince informa le journaliste américain qu’il avait ébauché une proposition de paix ensuite mise de côté, en raison de la politique du Premier ministre israélien Ariel Sharon.

Cette proposition comprenait « la normalisation complète des relations avec Israël en échange du retrait total d’Israël de tous les territoires occupés, conformément aux résolutions de l’ONU ».

De fait, quelques semaines plus tard, les grandes lignes de ce plan étaient reprises à son compte par le Sommet de la Ligue arabe, réuni, à Beyrouth, les 27 et 28 mars 2002.

On était - heureusement - loin du « triple non » proféré, dans le même cadre, à Khartoum, en septembre 1967, après la proposition du gouvernement israélien de rendre tous les territoires qui venaient, après la Guerre de Six jours, d’être placés sous administration israélienne.

« Non à la reconnaissance d’Israël - Non à la négociation - Non à la conclusion d’une paix avec lui ».

C’était clair, net et précis

35 ans plus tard, les Etats arabes sont, apparemment dans de meilleures dispositions, malgré une absence record de plus de la moitié des chefs d’Etat arabes : Yasser Arafat (à qui Israël a refusé de lui garantir de revenir s’il assiste au sommet), le président égyptien Hosni Moubarak et le roi Abdallah II de Jordanie.

La réunion s’acheva par l’adoption du plan de paix saoudien, intitulé « Initiative de paix arabe » (que le Quai d’Orsay appelle l’ « initiative de Beyrouth ») proposant à Israël une paix globale en échange du retrait des territoires occupés situés au-delà de la Ligne verte, de la création d’un État palestinien avec pour capitale Jérusalem-Est, et d’une solution au problème des réfugiés palestiniens.

Ce plan fut soutenu par l’Union européenne qui était représentée au sommet par son président , à l’époque l’espagnol José Maria Aznar, qui, signalons-le, au passage, a récemment publié (23 janvier 2007) dans le quotidien italien Il Messaggero. un texte remarquable au titre révélateur « Pourquoi il faut défendre Israël.

Mais l’accueil fut des plus froids du côté israélien, de telle sorte que l’on ne parla plus de ce plan jusqu’à une date récente, plus précisément jusqu’à l’amorce des préparatifs du nouveau Sommet de la Ligue arabe, qui doit se tenir, presque jour pour jour, 5 ans après celui de Beyrouth, les 28-29 mars prochains.

Il faut dire que, comme l’ont d’ailleurs rappelé tant Ehoud Olmert que Tsipi Livni, la dernière condition - celle du droit au retour des réfugiés palestiniens que le Premier ministre israélien qualifie de « Ligne rouge » inacceptable - indissociablement liée aux deux autres conditions, qui, elles, pourraient faire l’objet de concessions de la part d’Israël, est de nature à faire achopper toute tentative de redonner vie au plan saoudien.

On ne répètera jamais assez que vouloir prendre à la lettre le texte de la résolution 194 (III) adoptée par l’Assemblée générale des Nations Unies le 11 décembre 1948, consacrerait, à terme, la condamnation à mort de l’Etat d’Israël.

En effet, dans le 11ème paragraphe de cette résolution, l’Assemblée générale « décide qu’il y a lieu de permettre aux réfugiés, qui le désirent, de rentrer dans leurs foyers le plus tôt possible et de vivre en paix avec leurs voisins et que des indemnités doivent être payées à titre de compensation pour les biens de ceux qui décident de ne pas rentrer dans leurs foyers..... ».

Imaginer que 59 ans après, il est possible pour Israël d’absorber des millions d’habitants, élevés dans la haine de leurs voisins, est une pure vue de l’esprit, alors qu’en revanche, l’idée d’une indemnisation est parfaitement concevable, à la condition, bien évidemment, de prendre en compte, comme nous l’avons déjà évoqué, ici même, les biens abandonnés par les réfugiés juifs en provenance des Etats arabes.

Malheureusement, jusqu’à présent, du côté arabe, on insiste sur la première partie de la phrase en invoquant un « droit au retour », qui pouvait, peut-être se concevoir, quelques mois après l’arrêt de la première phase du conflit israélo-arabe, mais qui, aujourd’hui, ne repose sur aucune une considération raisonnable.

C’est comme si on imaginait un retour des millions de réfugiés indiens ou pakistanais, partis de leurs foyers, au moment de la partition de l’Inde, en 1947......

Le plan saoudien a, au moins, le mérite de mettre l’accent sur l’identité des véritables antagonistes : Israéliens et Arabes et non Israéliens et Palestiniens, comme on se complaît à le répéter à l’envi.

Si les Etats arabes (mis à part l’Egypte, la Jordanie et à la limite le Maroc et la Mauritanie qui l’ont déjà fait) acceptaient solennellement de reconnaître Israël, les dirigeants palestiniens ne seraient pas encouragés dans leur négation du droit à l’existence de l’Etat d’Israël.

Mais, pour en revenir aux références faites récemment par Ehoud Olmert et Tsipi Livni au « plan saoudien », on cherche vainement ce qui a pu les pousser à vouloir donner vie à un fantôme.


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