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Chronique de Michaël Bar-Zvi | Kaf Bet be Yaar 5777 - 18 mai 2017

jeudi 18 mai 2017
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Boker tov amis auditeurs de Radio J. L’élection de Donald Trump à la Maison Blanche avait suscité de grands espoirs en Israël, après une période difficile au cours du mandat de Barack Obama. A la veille de la visite du président américain au Proche-Orient, on se demande si ces attentes n’étaient pas un peu exagérées et si les dirigeants israéliens ne sont pas en passe perdre leurs illusions sur un changement de la politique américaine.
Les exigences de la délégation américaine sur les conditions de la visite ont déçu les hôtes israéliens qui espéraient une démonstration de force symbolique à Jérusalem, cinquante ans après sa réunification.

La promesse d’y transférer l’ambassade ne semble plus d’une actualité immédiate et le porte-parole de Donald Trump a répondu de manière très évasive aux questions des journalistes sur la souveraineté juive de la capitale de l’Etat d’Israël.

Les révélations de la presse américaine sur la transmission d’informations en provenance du Mossad par Trump au ministre des Affaires étrangères russe a peut-être mis en danger des agents israéliens, selon des sources sécuritaires, qui ne s’expriment pas publiquement mais dont on comprend l’embarras par les sous-entendus du ministre de la Défense israélien et du cabinet de Netanyahou.

Afin de renforcer la coalition anti-islamiste, Trump a besoin de montrer aux pays arabes qu’il entend impliquer dans ce rassemblement, l’Egypte, l’Arabie saoudite et les émirats du Golfe, qu’il n’est pas à la solde d’Israël et qu’il peut infléchir la politique de Jérusalem.

Le président américain sait qu’il n’est pas en mesure d’apporter dans un avenir proche une solution au conflit israélo-palestinien, mais il est important pour lui de donner des gages en essayant de renouer le dialogue entre les protagonistes.

Depuis quelques jours le scepticisme règne en Israël sur le soutien de Trump au gouvernement de Netanyahou et les observateurs s’entendent sur une revue à la baisse des espérances israéliennes de la nouvelle administration américaine.

Pourtant la délégation américaine en Israël sera la plus importante de toute l’histoire des relations bilatérales, et il ne fait aucun doute que le président américain actuel considère Israël comme son allié stratégique le plus solide dans la région. Par ailleurs un des objectifs de la visite est de faire découvrir à de nouveaux investisseurs américains les capacités de l’industrie militaire et technologique en Israël.

Même si Donald Trump est souvent imprévisible, son entourage est le plus favorable depuis fort longtemps aux Etats-Unis. Le nouvel ambassadeur est un Juif, qui connaît Israël parfaitement, y a de la famille, maîtrise l’hébreu et les méandres de la politique israélienne.

L’accueil que Trump recevra en Israël sera chaleureux et il est probable que les divergences seront mises de côté pour ne pas gâcher le moment solennel de cette visite. Ne l’oublions pas, malgré le rôle essentiel des symboles et des gestes, le plus important en géopolitique ce sont les intérêts stratégiques, et ceux-ci sont communs aux deux nations.

La priorité de Trump et de Netanyahou est l’éradication du fléau de l’islamisme radical, porté par les terroristes du groupe ISIS d’un côté, et celui tout aussi dangereux d’un terrorisme soutenu par l’Iran, à travers le Hezbollah au Liban et les rebelles qui combattent au Yemen, d’un autre côté.

Contrairement à son prédécesseur, Trump a compris que le danger était double et se refuse à une alliance avec l’Iran contre les terroristes sunnites, ce qui explique la reprise du dialogue avec Erdogan, malgré la mégalomanie du dictateur d’Ankara. Dans cette redistribution des cartes, Israël demeure l’atout le plus solide et le plus fiable pour Washington et cela compte bien plus que quelques déclarations de principe sur les implantations ou l’adresse de l’ambassade américaine.


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