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Israël devrait frapper la Syrie d’abord : une politique de guerre préventive empêche l’ennemi de combattre à sa convenance

Par Max Boot - Jewish World Review - Adaptation française de Simon Pilczer, volontaire de l’IHC

dimanche 27 août 2006
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« Nous marchons les yeux ouverts vers notre prochaine guerre ».

« Côté israélien, Yaakov Kirshen, fameux dessinateur du Jerusalem Post, alterne tous les jours la publication de vieux et nouveaux dessins dans The dry bones blog. Ses planches dessinées il y a plus de vingt ans trouvent un écho retentissant dans l’actualité qui secoue le Proche-Orient. Mercredi 23 août, Yaakov met en ligne un dessin inédit. S’en prenant vivement aux Nations unies, la planche intitulée UN-fair [injuste] met en scène un couple attablé prenant un café. » Kofi Annan est furieux parce que Tsahal veut mettre fin au trafic d’armes vers le Liban - Israël doit-il se contenter de regarder ce qui se passe de l’autre côté ?! Et ignorer le réarmement des terroristes ? - Non ! ça, c’est le job de l’ONU ! "

Le pessimisme d’un officiel israélien de haut rang qui fit ce commentaire le 13 août était frappant parce qu’il venait juste de terminer à un groupe d’analystes de sécurité emmenés en Israël par « l’American Jewish Committee » (groupe de lobbying influent aux USA, ndt), que le cessez-le-feu négocié par les nations unies avait atteint beaucoup des objectifs d’Israël. Mais il n’avait pas d’illusion sur le fait que cela ne représenterait rien de plus qu’une halte temporaire dans la lutte entre Israël et le quartette maléfique cherchant à dominer le Moyen-Orient - l’Iran, la Syrie, le Hamas et le Hezbollah.

La guerre n’a pas été une perte totale pour Israël. Mais ça a été loin d’être une victoire. Le Hezbollah a perdu plus de 500 combattants, ainsi que la plupart de ses missiles à moyenne et longue portée, et son réseau de bunkers au Sud Liban, en infligeant de maigres dommages à Israël. Les analystes du renseignement israélien sont convaincus que Téhéran n’est pas satisfait de la tournure des évènements parce qu’elle gardait les roquettes du Hezbollah en réserve pour une frappe de représailles possible si Israël ou les USA frappaient le complexe des armes nucléaires de l’Iran.

Mais des roquettes sont facilement remplacées, et l’Iran et la Syrie vont maintenant entreprendre un effort massif pour remplacer les pertes du Hezbollah, et pas qu’un peu !

Du point de vue du Quartette maléfique, ce conflit a démontré le pouvoir de leurs roquettes pour émousser la supériorité militaire d’Israël. Des missiles anti-tanks on infligé des pertes substantielles sur les blindés et l’infanterie israéliens. N missile de croisière a méchamment endommagé un navire de guerre israélien qui n’avait pas mis en route ses système défensifs. Et le Hezbollah est demeuré capables de tirer des centaines de roquettes Katioucha chaque jour sur le Nord d’Israël jusqu’au cessez-le-feu.

Israël est parvenu à vaincre l’étonnante ancienne arme des terroristes, l’islamikaze suicide à la bombe, en entourant d’un mur Gaza et la rive occidentale. Mais une barrière n’arrêtera pas des missiles. Israël préfèrera maintenant ne pas se retirer de la rive occidentale. Le Hamas, pour sa part, aura une forte incitation à stocker des roquettes dans sa redoute de Gaza et à lancer une « troisième intifada », comme le suggère un éditorialiste du journal du Hamas, Al Risala.

Israël avait espéré que ce conflit allait rétablir sa dissuasion, mais, le moins qu’on puisse dire, est que le résultat insatisfaisant ne fera qu’enhardir ses ennemis. Le problème est que les guerre d’attrition contre des fanatiques jihadistes qui ne craignent pas la mort et se cachent parmi des civils, annulent dans une certaine mesure la supériorité de la puissance de feu israélienne. De plus, l’Iran, source ultime de l’argent et des armes des terroristes, est trop loin pour des représailles israéliennes efficaces.
La Syrie, cependant, est le maillon faible de ce quartette.

L’importance de la Syrie comme base avancée de l’Iran - les deux pays ont conclu une alliance formelle le 18 juin - ne doit pas être exagérée. C’est « l’entre-deux » pour la majorité des munitions affluant vers le Hezbollah. C’est le sanctuaire du gros bonnet du Hamas Khaled Meshaal. C’est aussi, selon les sources du renseignement israélien, le foyer d’un nouveau centre irano-syrien de renseignement qui suit les mouvements militaires israéliens et relaie cette information à ses mandataires terroristes.

Les optimistes du Département d’Etat rêvent que le dictateur syrien Bashar Assad puisse être détourné de l’Iran par des concessions venant des Etats-Unis et d’Israël, telles que le retour des Hauteurs du Golan. Mais depuis le début des années 1990, les Etats-Unis ont essayé plusieurs fois de passer un accord avec la Syrie, et ils ne sont jamais arrivés à rien. Davantage de pression économique, en particulier de la part de l’Europe, pourrait aider, mais elle pourrait probablement être effacée par des subsides accrus de l’Iran.

L’histoire suggère que seule la force, ou la menace de la force, peut gagner des concessions substantielles de la Syrie. En 1998, la Turquie a menacé d’une action militaire à moins que la Syrie ne cesse de soutenir des terroristes kurdes. Damas se plia promptement. Israël pourrait n’avoir pas d’autre choix que de suivre l’exemple turc.

De fait, Schlomoh Avineri, ancien directeur général au ministère des affaires étrangères d’Israël, avance que son pays a mené la mauvaise guerre : au lieu de cibler le Hezbollah au Liban, il aurait dû s’en prendre à la Syrie. Les forces armées syriennes sont moins motivées que le Hezbollah, et elles offrent bien plus de cibles pour les forces aériennes israéliennes.

Il est bien sûr, difficile pour une démocratie libérale comme Israël d’envisager une guerre si il n’a pas été attaqué directement - et la Syrie a très prudemment évité toute attaque directe contre Israël. (Elle préfère combattre jusqu’au dernier Libanais). Les !israéliens préfèrent naturellement la paix. Mais le choix auquel ils sont confrontés n’est pas entre la guerre ou la paix. Il est entre la guerre plus tôt et selon leurs propres modalités, ou la guerre plus tard selon les modalités de l’ennemi. Ignorer la menace et espérer qu’elle disparaîtra n’est pas une option sérieuse. C’est la faute que Israël à commise au cours des six dernières années avec le Hezbollah.


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