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Les dangers d’utiliser ’Les Alliés’

Par Charles Krauthammer - Washington Post, Adaptation française de Simon Pilczer, volontaire de l’IHC

samedi 26 août 2006
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Le cow-boy a pris sa retraite. Le multilatéralisme est de retour. La diplomatie est reine. C’est la sagesse conventionnelle du second mandat de George W. Bush : sous l’influence de la Secrétaire d’Etat Condoleezza Rice, l’administration a finalement étreint « les alliés ».

Cela est évidemment considéré comme un changement radical. Ca ne l’est pas. Même les plus ardents unilatéralistes ont toujours préféré un soutien multilatéral sous réserve d’au moins une de ces deux conditions : (1) Il existe quelque chose que les Alliés vont vraiment aider à accomplir ou (2) Il y a quelque chose qui doit être fait de toute manière, ainsi le multilatéralisme vous donne l’apparence de sembler faire quelque chose.

Les négociations à six partenaires sur la Corée du Nord sont un exemple de la seconde condition. La Corée du Nord a acquis la capacité nucléaire depuis longtemps. Le temps pour agir se situait pendant les administrations de Bush père et de Clinton. Rien n’a été fait. Et rien ne peut être fait maintenant. Lorsqu’un pays a acquis la capacité nucléaire, il n’y a pas de retour en arrière. Les têtes nucléaires elles-mêmes agissent comme dissuasion contre des mesures militaires. Et aucun diplomate, aussi mélodieux soit-il, ne viendra parler d’une Corée du Nord nucléaire pour démanteler la seule chose qui lui confère quelque signification dans le monde.

Comme la plupart des efforts multilatéraux, les pourparlers à six donnent seulement l’apparence de l’activité, fournissant ainsi une couverture à une cause perdue sans espoir. Rien à reprocher à ce type de multilatéralisme.

Le Liban est un exemple de l’autre catégorie - le multilatéralisme qui peut vraiment accomplir quelque chose. Les Etats-Unis ont travaillé assidûment avec la France pour élaborer un projet de résolution du Conseil de Sécurité créant une force internationale puissante, et donc un réel tampon au Sud Liban. Cependant, quand le gouvernement libanais et la Ligue Arabe firent objection, la France devint leur avocat et renégocia le projet avec les Etats Unis. Le Département d’Etat donna son accord à une résolution bien plus faible sur des fondements très raisonnables : puisque la France allait commander et être le participant majeur de la force internationale, nous ne devrions pas dicter les termes sous lesquels la force devrait opérer.

Mais nous avons sous-estimé la perfidie française. (la surestimer serait mathématiquement impossible). Lorsque que la résolution fut adoptée, la France annonça qu’au lieu des 5000 soldats attendus, elle en enverrait 200. La ministre de la défense française expliqua que la France n’allait pas expédier des soldats sous un mandat limité et de faibles règles d’engagement - précisément le mandat et les règles d’engagement que les Français sur lesquels les Français venaient d’obtenir notre accord.

Cette duplicité à couper le souffle - en remboursement de l’achat de la Louisiane ? - laissa le Département d’Etat rouge d’embarras. (Cela fut quelque peut effacé quand, la nuit dernière, la France accepta d’envoyer 1600 soldats supplémentaires). Mais le revers était mineur comparé à ce à quoi nous sommes confrontés avec l’Iran. Le Hezbollah au Sud Liban est un irritant majeur, mais un Iran nucléaire est une menace stratégique majeure.

Le problème n’est pas aussi intraitable que celui de la Corée du Nord parce que l’Iran n’a pas franchi le seuil nucléaire. Et la diplomatie américaine a, jusqu’à présent, été défendable. L’initiative de la Secrétaire d’Etat Rice en juin, en retardant le débat sur les sanctions devant le Conseil de Sécurité, était destinée à conserver les alliés de notre côté. Elle offrait à l’Iran une large panoplie d’incitations économiques et diplomatiques (y compris des pourparlers avec les Etats-Unis), sous une seule condition : l’Iran devait cesser l’enrichissement d’uranium de façon vérifiable.

La réponse de l’Iran est arrivée. Elle ne cessera pas. En fait, le jour avant l’envoi de sa réponse aux Nations Unies, l’Iran a interdit aux inspecteurs de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique d’entrer dans les installations d’enrichissement de l’uranium à Natanz. Notre exercice de multilatéralisme a désormais atteint son point critique. Nous n’avons jamais attendu de l’Iran qu’elle réponde positivement. Tout l’objet de parcourir cette distance complémentaire était de démontrer la bonne volonté américaine, et ainsi d’obtenir de nos partenaires le soutien à de vraies sanctions au Conseil de sécurité.

Mais cela ne fonctionnera pas. Les Russes et les chinois envoient déjà des signaux pour dire qu’ils permettront à l’Iran d’étirer le processus sans fin. Et même si nous obtenons d’imposer des sanctions à l’Iran, elles seront sans aucun doute faibles. Et même si elles sont fortes, les mollahs n’abandonneront pas la gloire et la domination (en particulier sur les Arabes) qui viennent avec la bombe en échange d’un plat de lentilles.

Pour parler de façon réaliste, l’objet de cet exercice multilatéral ne peut pas être d’arrêter le programme de l’Iran nucléaire par la diplomatie. Cela a toujours été un fantasme. Il y faudra des moyens militaires. Il peut y avoir de terribles conséquences suite à une attaque. Elles doivent être pesées par rapport aux terribles conséquences de laisser un gouvernement iranien ouvertement apocalyptique acquérir des armes de génocide.

L’objet de l’exercice actuel complexe de diplomatie multilatérale est de modifier légèrement ce calcul futur. En démontrant une extraordinaire indulgence et un sens de l’adaptation, peut-être aurons-nous acheté l’acquiescement de nos plus proches alliés - les Britanniques, les Allemands, et oui, la France - pour une frappe militaire le jour fatal où la diplomatie aura achevé sa partie.


http://www.washingtonpost.com/wp-dy...


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