Depuis Septembre 2000, DESINFOS.com est libre d’accès et gratuit pour vous donner une véritable information indépendante sur Israël
Personnalisé
Inscription gratuite à la Newsletter - cliquer ici
-
Accueil > Les textes > L’ONU et le droit international

L’ONU et le droit international

par David Ruzié, professeur émérite des universités, spécialiste de droit international

jeudi 3 août 2006
- Lire la version pour téléphone mobile (iPhone, smartphone, etc.) -


Partager  | Autres liens

Dans une information diffusée par l’ONU, on a appris que, le 2 août 2006, lors de son point de presse quotidien sur la crise au Moyen-Orient et l’action des Nations Unies, Monsieur Ahmad Fawzi, directeur de la Division de l’information et des médias du Département de l’information, serait revenu sur la distinction entre la cessation des hostilités et le cessez-le-feu.

Notons, tout de suite qu’il est surprenant qu’une question « relativement » importante ait été abordée par un simple directeur de division, relevant du Département de l’information.

Il existe, en effet, au Secrétariat des Nations Unies, un Bureau des affaires juridiques, placé sous l’autorité de Monsieur Nicolas Michel, universitaire suisse de renom, qui a occupé, avant de devenir Secrétaire général adjoint pour les questions juridiques et conseiller juridique de l’Organisation, en 2004, les fonctions de Conseiller juridique du Ministère fédéral suisse des affaires étrangères.

Mais après tout, il peut y avoir des spécialistes du droit international dans d’autres Départements du Secrétariat et pas nécessairement au grade de Chef de Département.

Seulement, voilà, Monsieur Ahmad Fawzi est titulaire d’un diplôme de littérature anglaise, délivré à l’Université du Caire et les études qu’il a suivies, par la suite, dans une université américaine dans le domaine de la communication lui ont permis de faire carrière dans ce secteur.

Ancien chargé de presse, puis chef de cabinet de la femme du président égyptien Anouar el Sadate, Monsieur Fawzi a travaillé pendant plusieurs années pour l’agence Reuters, tant en Egypte qu’à Prague.

Et, en 1992, il entra au service des Nations Unies, d’abord comme porte-parole adjoint du Secrétaire général de l’époque, son compatriote Boutros-Ghali, puis, en 1997, devint directeur du Centre d’information des Nations Unies à Londres et, donc, à l’heure actuelle, il occupe des fonction s de directeur d’une Division, dans un Département qui relève incontestablement de ses compétences.

Et alors, la belle affaire....

Seulement voilà : que chacun s’occupe de ses affaires et les troupeaux seront bien gardés.

Après tout on peut très bien apprendre le droit international sur le tard et sur le tas, mais à condition de ne pas faire la chanson et la chanter.

Certes, il est tout à fait exact, comme l’a déclaré Monsieur Fawzi, « que la cessation des hostilités est l’arrêt de fait des tirs et bombardements ».

Mais, là où, nous avons été surpris, c’est lorsqu’il a ajouté : « le cessez-le-feu est un accord négocié pour mettre fin au conflit ».

Or, tel n’a jamais été la mission impartie à un cessez-le-feu.

Tout au plus des éléments du règlement d’un conflit peuvent être abordés dans le cadre d’un accord d’armistice, mais il appartient généralement à un traité de paix de régler cette question.

Certes, depuis la fin de la seconde guerre mondiale, où les traités de paix ont été relativement rares (traités de paix signés avec les anciens alliés de l’Allemagne et avec le Japon, mais pas avec l’Allemagne elle-même).

Souvent des accords d’armistice ont vocation à durer indéfiniment (ex : le cas des deux Corées, depuis 1953).

Mais, de là à confier à un cessez-le-feu, mesure transitoire, le soin de régler un conflit aussi complexe que celui qui se déroule actuellement à la frontière nord d’Israël, il y a un écart immense que Monsieur Fawzi s’est empressé de franchir.

Cette gymnastique acrobatique nous fait penser aux « légistes du roi », qui, sous l’Ancien Régime français avaient pour mission de justifier, a posteriori, les « appétits » de leur maître.

Au risque de nous répéter, il nous paraît évident - même si cela se révèle difficile - qu’il faut, avant d’instaurer une cessation des hostilités, faire en sorte que les responsables de la situation actuelle - le Hezbollah - ne soient pas en mesure de rouvrir les hostilités, comme ils n’ont pas manqué de le faire dès le départ des troupes israéliennes du Liban à l’été 2 000.

Certes, comme l’a déclaré au journal Le Monde , du 3 août, Jean-Marie Guéhenno, Secrétaire général adjoint des Nations Unies pour les opérations de maintien de la paix, « Une force internationale ne peut jamais, de l’extérieur, imposer une paix ».

Encore que, nous ajouterions cette précision : « jusqu’à présent ».

De fait, les exemples que la société internationale a connus jusqu’à maintenant ont montré que, mis à part, cependant, quelques cas (ex. : Kosovo) une force militaire extérieure vient, généralement, en appui à un gouvernement.

Et, précisément, l’urgence exige, tout d’abord, que l’on s’efforce de convaincre d’une part le gouvernement libanais qu’il doit, enfin, assumer ses responsabilités (qu’il fuit pratiquement depuis plus de 30 ans...) en acceptant, avec l’aide internationale, d’exercer son autorité sur le sud du pays.

Et d’autre part, sans pour autant se laisser aller à certaines flagorneries il y a lieu de tenter de faire comprendre aux pays qui soutiennent le Hezbollah (Iran et Syrie) que, sans pour autant envisager des sanctions militaires, des mesures coercitives (blocage de fonds, suspension de relations économiques, rupture des relations diplomatiques, interdiction de voyages officiels des représentants de ces Etats) seraient susceptibles d’être prises.

Nous voudrions, également, signaler la qualité des 3 articles publiés dans l’ International Herald Tribune du 3 août (p. 6) qui tranchent avec la médiocrité des « réflexions » de Jimmy Carter dans Le Figaro du même jour (p. 15).

On ne reconnaît plus le grand Président des Etats-Unis, auquel on doit d’avoir fait aboutir la 1ère étape fondamentale du processus de paix au Moyen Orient, à Camp David en 1978.

Et pour conclure, s’il est vrai qu’à l’heure actuelle, comme le remarque l’éditorial du Monde , également daté du 3 août, Israël est en train de perdre une « guerre d’image », nous regrettons qu’on n’ait pas évoqué l’une des raisons de cette situation que, pour notre part, nous n’hésiterons pas à attribuer à la « guerre d’images » menée par les médias, notamment français, contre Israël


Soumettez vos réactions - Imprimer la page - {id_article}

Chaque matin recevez la Newsletter de Des Infos.com
Cliquez pour vous inscrire gratuitement

Articles associés

ONU
Netanyahu : Aucune crainte des sanctions de l’ONU - juillet 2004
L’ONU verse de l’huile sur le feu de la fragile reprise des contacts sur la paix au Moyent-orient - décembre 2004
Conseil de sécurité : les Etats-Unis opposent leur veto à un projet de résolution sur le Moyen-Orient - juillet 2006
Le processus diplomatique au Moyen-Orient doit être soutenu - septembre 2007
Liban : un an aprs la guerre, le sort des soldats israliens kidnapps reste inconnu - juillet 2007
Ariel Sharon appelle les Palestiniens à prouver leur désir de paix en luttant contre le terrorisme - septembre 2005
Une Autorité palestinienne renforcée indispensable après le retrait d’Israël, affirme le Secrétaire général adjoint de l’ONU aux affaires politiques, devant le Conseil de sécurité - mai 2004
Malka Marcovich jette un pavé dans la marre onusienne - octobre 2008
ONU : la Syrie brigue un siège au Conseil des droits de l’Homme - juillet 2012
Darfour : le nettoyage ethnique se poursuit dans toute son horreur, affirme Jan Egeland - mai 2006
Ruzié David
Candeur ou mauvaise foi ? - avril 2010
A propos de boycott - avril 2008
Diaspora, Isral et la notion de peuple juif - juin 2007
La France dans la mauvaise direction ? - janvier 2009
Garde moi de mes amis, de mes ennemis je m’en occupe - novembre 2014
Un hommage insolite à Mahmoud Darwich - août 2008
Les ennuis de Tsipi Livni en Grande-Bretagne - décembre 2009
A propos de l’immigration clandestine en Israël - décembre 2010
A propos de la liberté d’expression - février 2006
Quand on réécrit le droit aux Nations Unies - décembre 2008
Liban
Runion interlibanaise Paris du 14 au 17 juillet - juillet 2007
Le vieux continent et la sécurité d’Israël - Le refus européen - août 2006
Le Hezbollah et le chef de la Sécurité de l’aéroport de Beyrouth seraient impliqués dans le crash de l’avion éthiopien au large du Liban - mai 2010
La résolution 1701 : un nouveau chapitre dans les relations entre Israël et le Liban - août 2006
Les élucubrations madrilènes de Lionel Jospin - août 2006
« Il faut bien comprendre la nature de cette guerre. C’est l’Iran qui cherche à détruire l’Etat hébreu. - août 2006
Hariri : le Hezbollah dnonce les « affabulations » d’un magazine allemand - mai 2009
Geagea accuse Nasrallah d’« usurper le pouvoir » - juillet 2011
Bush refuse tout retrait immédiat de l’armée israélienne du Liban - août 2006
Les Palestiniens de l’OLP proclament leur soutien l’arme - juin 2007
Inscription  gratuite à la Newsletter de



Informations , services  et publicité sélectionnés gratuitement par Desinfos.com











IDC

 





Docteurinfo.com la santé par la connaissance


Avis d'utilisation |     | Accueil | Suivre la vie du site RSS 2.0 | Plan du site | Contact | Mentions légales | Espace privé |     | SPIP | squelette