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Le monde à l’envers

Par David Ruzié, professeur émérite des universités, spécialiste de droit international

mardi 1er août 2006
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A propos d’Israël, Le Figaro oublie, depuis quelque temps déjà, d’illustrer la fin de la citation de Beaumarchais, qui figure, sous son titre à la Une : « Sans la liberté de blâmer, il n’est point d’éloge flatteur ».

De fait, comme nous l’avons déjà souligné, à plusieurs reprises, à part Ivan Rioufol, dans son Bloc-Notes hebdomadaire et Alexandre Adler, dans sa chronique au même rythme, les journalistes du quotidien du matin ont, pratiquement, pour objectif unique de blâmer Israël.

Nous en voulons pour preuve l’éditorial de Luc de Barochez, dans le numéro du 1er août, intitulé « Le revers d’Israël », dans lequel - plus c’est « gros » et plus il faut, sans doute, le répéter - l’évocation du « massacre de Sabra et Chatila » est évoqué après l’invasion du Liban en 1982 et le retrait unilatéral de l’an 2000, qui aurai contribué à l’aura « que le Hezbollah en avait retirée dans le monde arabe ».

Et le donneur de leçons qui admet qu’ « il est normal de riposter à une attaque lancée par le Hezbollah » et qu’ « il est légitime de détruire des engins lance-roquettes qui prennent le territoire national pour cible », considère, en revanche, qu’ « il est parfaitement inadmissible d’écraser des dizaines d’enfants sous les bombes ».

Il aurait parfaitement raison si cette accusation n’était pas lancée contre Israël qui, d’autres que nous l’ont déjà souligné, aurait pu en quelques jours « vitrifié » la plus grande partie du Liban où se terrent les terroristes du Hezbollah, si, précisément, ceux-ci ne prenaient pas comme boucliers humains les civils libanais, allant même jusqu’à mitrailler les convois de ceux qui fuient (comme le racontait ce matin, une Libanaise interrogée par RTL).

Luc de Barochez l’admet d’ailleurs lui-même, tout en prenant soin - conseillé sans doute par l’Elysée - de parler des « miliciens » du Hezbollah, sans pour autant suggérer une autre alternative.

Son éditorial est truffé de formules assassines : du genre : « on mesure le besoin dans lequel est tombé l’Etat hébreu », à propos de l’acceptation par Israël d’une force multinationale dirigée par la France (initiative sur laquelle nous reviendrons).

Ou bien encore, « Israël accumule pour l’instant les revers » (le singulier du titre est devenu pluriel...).

Israël aurait « mal apprécié les capacités de la milice chiite » (qu’en termes galants une bande de terroristes est désignée) et aurait « opté pour des actions militaires peu économes en victimes collatérales ».

Sans doute l’éditorialiste du Figaro aurait préféré qu’Ehoud Olmert fasse comme le ministre français des affaires étrangères et déjeune avec un ministre du Hezbollah pour trouver une solution.

Le docteur Douste-Blazy a sans doute été marqué par l’adage familier suivant lequel « ventre affamé n’a pas d’oreilles ».....

Encore que, à en juger par les propos tenus par le ministre français à l’issue de ces agapes, il eut mieux valu qu’il reste sur sa faim.

En effet, d’après le Jerusalem Post , cité par la Newsletter du CRIF, Philippe Douste-Blazy aurait déclaré, au cours de sa visite à Beyrouth, lundi 31 juillet :« Dans la région, il y a bien sûr un pays comme l’Iran, un grand pays, une grande population, une grande civilisation qui est respectée et qui joue un rôle de stabilisateur dans la région ».

Il faut bien reconnaître qu’affirmer que l’Iran joue un rôle de stabilisation dans la région, alors qu’elle cherche à se doter de l’arme nucléaire dépasse l’entendement.

Quant à notre nôtre grand stratège militaire du Figaro il se permet de constater qu’ « en n’arrivant pas à atteindre ses buts de guerre, il (Israël) a enfin révélé une faiblesse que ses ennemis ne manqueront pas de prendre pour de la vulnérabilité ».

Et - une fois n’est pas coutume - c’est dans l’éditorial de Jean-Marie Colombani dans Le Monde daté du 1er août (relevé, par ailleurs, sur ce site) que l’on trouvera des propos plus sensés et plus sympathiques.

C’est ainsi que le directeur du grand quotidien du soir n’hésite pas à appeler « à plus de retenue dans la condamnation quasi unanime d’Israël par les opinions publiques européennes » et à reconnaître qu’eu égard aux propos du président iranien « il ne peut y avoir aucun doute sur la réalité de la menace qui pèse sur l’Etat juif ».

Et surtout, à propos du reproche fait à Israël d’être coupable d’une réaction disproportionnée, Jean-Marie Colombani constate que « le problème est qu’Israël doit sa survie en partie à sa capacité à réagir de façon disproportionnée ».

Nous rejoindrons, certes, l’éditorialiste du Monde lorsqu’il estime que « toute solution internationale appellera donc, pour prétendre réussir, une présence militaire active multinationale ».

Mais lorsqu’il pense à la France quand il écrit : « Nous devrons, dans le meilleur des cas, nous préparer, avec d’autres, à l’assurer », on en est, encore, loin.

Car, alors que les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, l’Allemagne et Israël sont d’avis que la première étape doit être l’envoi d’une telle force pour éviter que le retour au status quo ante ne permette, à nouveau, aux rescapés du Hezbollah de se reconstituer, avec l’aide de l’Iran et de la Syrie, la France, elle, ne voit l’envoi de cette force que dans une troisième temps.

La diplomatie française, inspirée directement par la Présidence de la République, veut d’abord un cessez-le feu, puis un accord politique et seulement, à la fin, une force internationale.

Autrement dit, « on prend les mêmes et on recommence ».

Déjà prolongée pour un mois (il est vrai au lieu des 6 mois traditionnels depuis 28 ans...), il y aurait donc encore de beaux jours pour la FINUL, dont nous avons, pourtant, déjà souligné l’inutilité et même le danger qu’elle représente, en tant que bouclier pour les tirs de roquettes et de missiles.

Le désarmement du Hezbollah est,pourtant, un préalable et seule une force internationale est en mesure d’aider les autorités libanaises à y parvenir, à moins qu’elle ne soit chargée de le faire elle-même,

Ensuite, un cessez-le-feu s’imposera de lui-même.
Mais, la France qui a été à l’origine de cette idée de force internationale, le veut-elle vraiment ?


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