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Entre naïveté et hypocrisie

David Ruzié, professeur émérite des universités, spécialiste de droit international

mardi 18 juillet 2006
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Depuis plusieurs jours de divers côtés, aussi bien aux Nations Unies (Conseil de sécurité et Secrétaire général) que dans certains milieux nationaux (ex. : déclaration du Président Chirac) on suggère l’envoi d’une force multinationale au Liban.

Certes, on reconnaît qu’il existe déjà une telle force - la Force intérimaire (sic) des Nations Unis au Liban (FINUL) -, mais il serait question d’une autre force que Kofi Annan qualifie de « force de stabilisation » ( ?).

Nous avons déjà, à plusieurs reprises, ici même dénoncé l’inutilité de ces « casques bleus », force militaire, chargée, pratiquement, d’une mission de police, ce qui n’est généralement pas du domaine de militaires.

Des militaires, surtout dans le cadre d’une force internationale, ne sont pas en mesure d’éviter que des bandes n’utilisent le territoire du sud-Liban pour lancer des attaques sur Israël, qu’il s’agisse du lancement de roquettes ou d’opérations du type de celle qui, il y a quelque jours, a conduit, notamment, à l’enlèvement de deux soldats israéliens.

Israël a raison d’exprimer ses plus expresses réserves à l’égard de cette suggestion - sans pourtant être en mesure de s’y opposer, dès lors que cette force serait implantée au Liban.

Mais, Israël est parfaitement fondé en soulignant que la solution consiste dans l’exercice de sa souveraineté par le Liban, sur l’ensemble de son territoire, et notamment au sud-Liban, afin d’assurer son monopole de la force armée, qui lui échappe à l’heure actuelle, du fait de l’action du Hezbollah.

D’ailleurs, la 3ème réunion - tenue cette fois à huis clos - par le Conseil de sécurité, le mardi 17 juillet, n’a pas fait progresser l’idée d’une nouvelle force internationale.

Comme le rapporte l’International Herald Tribune du 18 juillet, John Bolton, représentant américain au Conseil de sécurité, a eu la franchise, de soulever, au préalable, trois questions principales :

En premier lieu, : « Est-ce que cette force serait habilitée à traiter du vrai problème, c’est à dire du Hezbollah ? ».

En second lieu, « Est-ce que cette force aurait le pouvoir de s’occuper (deal with) de pays, comme la Syrie et l’Iran, qui soutiennent le Hezbollah ? ».

Enfin, « En quoi cette force serait différente de celle qui existe depuis 28 ans (la FINUL) et est-ce qu’elle amoindrirait (undercut) les anciennes résolutions du Conseil de sécurité, visant à renforcer les institutions libanaises ? ».

Aussi, ne faut-il pas s’étonner si, à l’issue du débat, le Secrétaire général adjoint pour les affaires politiques, Ibrahim Gambari .a déclaré que cette nouvelle force était pour l’instant « juste une idée » et qu’il appartient au Conseil de « pousser cette question plus avant » (to take this further).

Malheureusement, à l’heure actuelle, on est encore loin d’un engagement des autorités libanaises dans la restauration de son autorité sur l’ensemble de son territoire.

Quelle naïveté de la part de Dominique de Villepin lorsqu’il a déclaré, au cours de son voyage-éclair à Beyrouth, en présence de la plupart des membres du gouvernement libanais, y compris le ministre du travail membre du Hezbollah, qu’il apportait « l’engagement total de la France en faveur de la volonté du gouvernement libanais de s’engager sur la vois de la restauration de la souveraineté de l’Etat sur l’ensemble du territoire ».

Car, cette volonté n’existe toujours pas.

La preuve éclatante en a été donnée par le Premier ministre libanais qui, accusant, par ailleurs, Israël de pratiquer le terrorisme « dans les formes les plus dures » se contredisait, dans une interview publiée dans Le Monde du 18 juillet,.

Au début de cette interview, Fouad Siniora indiquait, certes, que « l’Etat est par ailleurs déterminé à étendre son autorité exclusive sur la totalité du territoire libanais ».

Mais, à la dernière question portant sur une « proposition israélienne » qui aurait été transmise par le Président du conseil italien, Romano Prodi, « qui prévoirait un cessez le feu sous condition du déploiement de l’armée libanaise au sud et le repli du Hezbollah », le premier ministre libanais a répondu par une « pirouette » :

« Soyons clairs : M. Prodi, qui est un ami de longue date du Liban, m’a simplement rapporté le contenu d’une conversation qu’il a eue avec M. Olmert. Il n’était pas question d’une proposition officielle ».

Qu’attend- il ?

Ne sait-il pas lire entre les lignes ?

Il devrait, sans plus tarder, prendre conseil auprès d’Elisabeth Schemla qui, dans on éditorial sur Proche-Orient.infos du 17 juillet a cru voir, elle, « Pour une fois, dans un conflit, Israël est quasiment assuré d’être compris et soutenu par la France. Il faudra lire entre les lignes, ne pas s’arrêter au discours public ».


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