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Israéliens et Palestiniens sont tous otages des terroristes

Par Marianna Belenkaïa - RIA Novosti (russie)

samedi 1er juillet 2006
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Les troupes israéliennes sont revenues dans la bande de Gaza, un territoire contrôlé par l’Autorité nationale de la Palestine (ANP). Il y a un an elles s’étaient retirées des territoires palestiniens occupés dans cette région, mais en se réservant le droit de revenir si la situation le réclamait sur le plan de la sécurité. C’est ce qui vient de se produire.

A qui profite cette nouvelle dégradation de la situation dans la région ?

Le retour des troupes israéliennes dans la bande de Gaza était nécessaire pour libérer le caporal Guilad Shalit, 19 ans, pris en otage voici quelques jours par des terroristes palestiniens. En échange du prisonnier les ravisseurs exigent la libération des femmes et des enfants palestiniens détenus dans les prisons israéliennes. Un autre otage, Eliahou Asheri, 18 ans, un habitant de la localité d’Itamar, a été retrouvé mort. On pense qu’un autre ressortissant israélien pourrait se trouver entre les mains des terroristes.

Cette tragique histoire comporte moult aspects. La prise d’otages a eu lieu quelques jours après qu’en Jordanie le premier ministre israélien, Ehud Olmert, et le chef de l’ANP, Mahmoud Abbas, présents à un déjeuner offert en l’honneur d’un forum de prix Nobel, eurent convenu de préparer une rencontre plus substantielle. Pour la première fois depuis la victoire du Mouvement de résistance palestinienne (Hamas) aux élections législatives, les deux politiques avaient pu se rencontrer, ce que les « circonstances avaient empêché » jusqu’ici. Maintenant cette entente elle non plus ne pourra se matérialiser. Une coïncidence ?

Une autre nuance existe. L’enlèvement de Guilad Shalit a été revendiqué par plusieurs groupements, dont la branche armée du mouvement Hamas, à savoir les Brigades Ezzedine Al-Qassam. Maintenant non seulement Mahmoud Abbas, le chef de l’ANP considéré comme un partisan du processus de paix avec Israël, mais encore certains dirigeants du Hamas, membres du gouvernement palestinien, dont le premier ministre Ismaïl Haniyeh, exigent des ravisseurs qu’ils libèrent le soldat israélien. Cependant c’était avant l’entrée des Israéliens dans la bande de Gaza.

D’autre part, les médias annoncent que Mahmoud Abbas et les médiateurs égyptiens qui tentent d’aider à sauver l’Israélien, ont demandé au président syrien, Bachar El-Assad, de faire pression sur le chef du Bureau politique du Hamas, Khaled Mashaal, résidant en Syrie, pour que lui aussi intervienne en faveur de la libération du soldat prisonnier. D’après les médias israéliens, Bachar El-Assad aurait accepté mais les négociations avec Khaled Mashaal n’auraient pas abouti.

Il est difficile de dire dans quelle mesure cette histoire est vraie, mais elle l’est très probablement. Les leaders arabes sont préoccupés moins par le sort de Guilad Shalit que par la nouvelle escalade dans la région. En cas d’issue tragique, non seulement les Palestiniens, déjà placés dans une situation socio-économique épouvantable après la victoire du Hamas, mais également la Syrie seraient menacés. Damas ne tient pas à ce qu’aux yeux de l’opinion internationale il apparaisse comme impliqué, même indirectement, dans l’assassinat d’otages israéliens. L’élite politique syrienne a déjà assez de problèmes à régler sans cela.

La Russie, tout comme la plupart des membres de la communauté internationale, occupe sur cette question une position des plus fermes. Personne ne justifie les auteurs de l’enlèvement. Mais dans le même temps dans cette situation un créneau de possibilités existe pour la force politique qui s’avérera capable de trouver un dénouement à la crise. Parce que celui qui sauvera les otages pourra espérer de substantiels dividendes politiques.

Cependant, cette prise d’otages ne fait que mettre en relief la profondeur de la scission au sein du mouvement des islamistes. Ce qu’attestent aussi le refus, semble-t-il, de Khaled Mashaal d’intervenir en faveur de la libération de Guilad Shalit, et les contradictions entre les actions de la branche armée du Hamas et les dirigeants politiques du mouvement membres du gouvernement palestinien. La ligne de rupture passe entre ceux qui tentent de s’intégrer dans le contexte politique moderne et ceux qui persévèrent dans la voie de la « résistance pour la résistance ».

Une crise analogue est traversée aussi par le Mouvement de libération nationale palestinienne (Fath). Pour le moment son leader, Mahmoud Abbas, cherche à faire redémarrer les pourparlers de paix avec Israël alors que la branche armée de ce mouvement, les Brigades des martyrs d’Al-Aqsa, tirent des roquettes sur la ville israélienne de Sderot. A propos, ces brigades ont également revendiqué l’enlèvement d’un troisième otage israélien.

En Israël aussi il y a des dissensions entre les « faucons » et les « colombes », bien qu’elles se situent à un autre niveau. Parfois on a l’impression qu’il serait plus facile à certains groupes d’Israéliens et de Palestiniens de s’entendre que de parvenir à la compréhension avec leurs compatriotes. Ce qui rend la situation dans la région pratiquement sans issue.

La faible probabilité que les dirigeants politiques palestiniens convaincront les terroristes de libérer Guilad Shalit a dans une grande mesure incité les Israéliens à lancer leur opération militaire dans la bande de Gaza.

Interrogé par RIA Novosti, un membre du service de presse de l’armée israélienne a commenté en ces termes cette décision des autorités : « L’opération limitée doit, premièrement, montrer que nous n’attendrons pas indéfiniment, deuxièmement, empêcher les terroristes palestiniens de transférer le militaire enlevé hors de la bande de Gaza ». Un autre aspect existe, psychologique celui-là. Maintenant ce sont non pas les Israéliens, mais les Palestiniens qui doivent faire des concessions. La formule a changé : la vie de Guilad en échange non pas de la libération des Palestiniens internés, mais du départ des Israéliens de Gaza.

Du point de vue de la guerre totale contre la violence le coup est juste car la politique des concessions aux terroristes ne fait que rendre ces derniers encore plus insolents. Mais est-ce que cela sauvera le caporal Guilad ? Une autre question se pose également : pourquoi ne pouvait-on pas obtenir la libération des Palestiniens internés dans des prisons israéliennes en recourant à la négociation, dans le cadre de cette même rencontre entre Mahmoud Abbas et Ehud Olmert ?

En attendant, la situation s’est encore aggravée, la liste des victimes s’allonge des deux côtés. Tout comme celle des internés. Enfin, les irréconciliables ont passablement affaibli les positions des partisans du parti de la paix en Palestine et en Israël.

Par conséquent, si Guilad Shalit est l’otage des terroristes, les Israéliens et les Palestiniens le sont tous également. Peuvent-ils espérer une libération ?


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