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Quand Le Figaro rivalise avec Al Djazira

David Ruzié, professeur émérite des universités, spécialiste de droit international

lundi 26 juin 2006
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Les journalistes devraient avoir conscience des limites nécessaires à la liberté d’expression.
On ne peut, en effet, pas manquer d’être sidéré par « le grand reportage » que Le Figaro du 26 juin consacre à « L’impact psychologique des roquettes palestiniennes (p. 16).

Le journal a, en effet, missionné un « envoyé spécial » à Gaza pour nous narrer, dans le détail, les activités d’« Amir al-Charif et ses hommes » : inspecter les ateliers de fabrication de roquettes artisanales (à quand la production industrielle ?), charger le coffre de leur « guimbarde » et « filer vers le nord pour tirer leurs engins sur Israël ».

Rien que de très banal.

L’article, qui couvre une demi-page, est illustré par la photo d’une roquette « retrouvée » (sic) à Sderot, avec toutefois la mention que « cette ville israélienne frontalière de la bande de Gaza » (il serait plus exact de dire « proche » et non « frontalière ») est « une cible privilégiée du groupe palestinien Djihad al-Amari ».

Comme la télévision panarabe, Al Djazira, qui sert de porte-voix à Ben Laden ou tel autre responsable d’Al Qaida, Le Figaro, par l’entremise de son envoyé spécial sert de porte voix à un groupe terroriste.

Mais Paris, n’est quand même pas au Qatar.

Sans même utiliser de guillemets (c’est nous qui les utilisons), Patrick Saint-Paul, tient les lecteurs français au courant des objectifs de cette bande de tueurs, qui ont « promis de faire vivre à ses habitants un enfer, pour venger les Palestiniens tués dans des raids israéliens ».

Suivant le « bon exemple » de la plupart des médias, voire de l’ONU, qui mettent en avant les réactions israéliennes, avant d’évoquer la cause de ces réactions, ce journaliste a donc suivi, sans doute au péril de sa vie (que n’eut-on entendu s’il avait été une « victime collatérale » d’un raid israélien...) les péripéties de ce groupe que les médias occidentaux ont l’habitude qualifier d’ « activistes », comme le fait Patrick Saint-Paul lui-même, ou simplement de « militants ».

Et le journaliste du Figaro tient à préciser que « les roquettes qui frappent la population civile en Israël ont surtout un effet psychologique, causant généralement des dommages minimes ».

Mais, c’est précisément ce que l’on appelle des actes de terrorisme : à savoir créer une frayeur pour infléchir la politique d’un gouvernement.

Patrick Saint-Paul est, toutefois, obligé de reconnaître qu’ « elles ont cependant causé la mort de cinq civils depuis le début de l’Intifada en septembre 2000 », tout en précisant, immédiatement après, que « les opérations israéliennes visant à stopper les tirs de roquettes, ont causé la mort de dizaines d’activistes palestiniens ces derniers mois, mais aussi fait de nombreuses victimes civiles » (souligné par nous).

Et, sans même réaliser la portée de cette déclaration, sans doute au motif que Le Figaro est un journal d’information et non un journal d’opinion, son envoyé spécial indique la justification donnée par Amir al-Charif : « nous sommes en guerre. Nous nous battons pour la libération de notre terre ».

Autrement dit, Le Figaro n’hésite pas à servir de tribune à ceux qui veulent la destruction d’Israël, comme Al Djazira répercutant les appels au djihad.

Toujours soucieux d’informer ses lecteurs, Le Figaro leur apprend que ces terroristes veulent, avec leurs tirs, lancer un « message, selon lequel nous refusons tout arrangement politique avec Israël ».

Et Patrick Saint-Paul ne manque pas de souligner que « les tirs incessants de roquettes sur la ville de Sdérot sont effectivement une source d’embarras pour le premier ministre, Ehoud Olmert ».

Que n’eut-il pas écrit si cet « embarras » avait provoqué des réactions plus vives de la part des forces israéliennes ?

Mais, ce qui est plus consternant dans cette illustration d’une des facettes du conflit israélo-palestinien, c’est que Patrick Saint-Paul se borne à terminer son reportage par la déclaration du chef de cette bande, selon lequel : « rien ne nous force à obéir à Mahmoud Abbas. .......il n’a pas de vision stratégique ».

Effectivement, le président de l’Autorité palestinienne ne déclare pas qu’il veut la destruction d’Israël.

On ne peut manquer de relever, une fois de plus, la dérive latente du Figaro vers une complaisance marquée pour les thèses anti-israéliennes extrémistes.


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