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ONU : entre ridicule et naïveté

David Ruzié, professeur émérite des universités, spécialiste de droit international

jeudi 22 juin 2006
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Une victime civile d’un conflit est toujours une victime de trop, mais il importe d’en chercher les vrais responsables, en n’inversant pas l’ordre des facteurs. Ce que ne fait pas toujours l’ONU.
Mais surtout, il ne faut pas comparer ce qui n’est pas comparable.
Or, c’est pourtant ce que vient de faire le Secrétaire général adjoint aux affaires politiques, Ibrahim Gambari, dans son rapport mensuel sur la situation au Moyen-Orient, présenté, le 21 juin 2006, au Conseil de sécurité.

Sous le titre « Les Palestiniens principales victimes de la recrudescence de la violence » une dépêche du Service de presse de l’Organisation mondiale nous apprend que, dans son rapport, l’ancien diplomate nigérian a considéré que « les civils palestiniens paient le plus lourd tribut dans la recrudescence de la violence entre Israéliens et Palestiniens, mais aussi entre Palestiniens ».

Selon la statistique qu’il aurait indiquée - nous ne savons pas si la « comptabilité » tenue, au quotidien, par l’AFP, et récemment relayée par Proche Orient Infos, confirmerait ces chiffres - : « au moins 64 Palestiniens, dont 11 enfants sont morts en un mois, 49 d’entre eux l’ont été dans des affrontements avec Israël, le reste dans le cadre d’affrontements inter-palestiniens »,

Il nous paraît sinon ridicule, sinon indécent, de mettre en accusation, sur le même plan, forces israéliennes, agissant dans le cadre de la légitime défense, et factions rivales palestiniennes, luttant pour l’exercice du pouvoir.

Suivant une logique (sic) désormais bien établie, le haut fonctionnaire des Nations Unies s’en prend, d’abord, à Israël qui a « poursuivi sa politique d’assassinats ciblés contre des militants » (souligné par nous).

Autrement dit Israéliens- assassins contre manifestants innocents......

Faisant écho à la déclaration de Kofi Annan, sur laquelle nous reviendrons, le Secrétaire général adjoint a « appelé les autorités israéliennes à cesser ces assassinats qui continuent de faire des victimes civiles et à se conformer aux normes du droit humanitaire international ».

Ici encore le rapprochement est choquant. Car, si les terroristes (lancer, à l’aveuglette, en direction du territoire israélien, des roquettes est un acte de terrorisme) n’opéraient pas à partir de zones habitées, la réaction des forces israéliennes ne risquerait pas de causer des pertes collatérales parmi la population civile.

Comme nous l’avons déjà dit, un civil de tué est un mort de trop, quelle que soit sa nationalité.

Mais, il faut - heureusement - reconnaître que la précision des tirs israéliens dans la poursuite de terroristes permet de limiter, au maximum, les dégâts collatéraux.

Certes ces « éliminations ciblées » ne sont pas conformes à la stricte légalité, mais - au risque de choquer - nous n’hésitons pas à dire que la défense de valeurs fondamentales ( le droit à la sécurité d’Israël et la protection de ses citoyens, menacés par des actes de terreur à des fins politiques) assure une légitimité à de telles pratiques, que l’on peut regretter, mais qui s’avèrent nécessaires.

On aimerait que de l’autre côté, on se préoccupe davantage de la protection des populations civiles, mais ce n’est précisément pas le but recherché.

Notons, toutefois, qu’Ibrahim Gambari a du reconnaître que concernant « l’explosion du 9 juin sur une plage de Gaza, qui a fait sept victimes civiles .....une enquête avait conclu que les tirs militaires israéliens n’étaient pas responsables, », tout en relevant, évidemment, que cette conclusion avait été « mise en cause par l’ONG Human Rights Watch ».

Après avoir indiqué que « les tirs de roquette à partir de Gaza sur Israël se sont également poursuivis » et que « 176 tirs de roquette à partir de Gaza ont été recensés par les Nations Unies », il a, non sans une certaine naïveté, considéré que « malgré certains signes qui indiquent que le Hamas est prêt à reprendre le dialogue avec Israël, certains militants continuent de perpétrer ces actes quotidiennement ».

Mais voyons donc, on leur propose au mieux de différer leur mise à mort, moyennant une « trêve de longue durée » et les Israéliens ne veulent pas négocier......

Dans la logique onusienne, ce n’est pas sérieux.

De qui se moque-t-on ?

Comme nous l’avons indiqué, l’adjoint du Secrétaire général se référait à une déclaration, presque concomitante, de son « patron ».

De fait, sous le titre « Kofi Annan appelle Israël à respecter le droit international », une autre dépêche faisait état de la réaction du Secrétaire général après la mort de trois enfants, dans un « raid israélien dirigé contre des activistes palestiniens ».

Kofi Annan « déplore profondément la mort de trois enfants et le nombre de blessés parmi les passants, victimes d’une tentative d’assassinat ciblé, faite par Israël, contre des présumés militants  » (souligné par nous : il est vrai que les militaires israéliens n’ont pas demandé les papiers d’identité.....).

Sans aller jusqu’à reprocher, aussi, à Israël le droit à la liberté d’opinion, la liberté d’expression, la liberté d’association et la liberté d’aller et venir, Kofi Annan s’en tient à une formule plus générale en appelant Israël à « respecter le droit international et à s’assurer que ses actions soient proportionnelles et ne fassent pas courir aux civils un risque grave ».

Confondant la cause avec les effets, ce n’est qu’ensuite, d’après la dépêche, qu’ « à la lumière des tirs de rockets continus qui mettent en danger les civils israéliens », le Secrétaire général se dit « pleinement conscient des préoccupations légitimes d’Israël en matière de sécurité » (souligné par nous, car cette considération est relativement rare),

Et Kofi Annan de terminer par une exhortation, empreinte d’un grand réalisme, ou également d’une grande naïveté, puisqu’il a « aussi appelé l’Autorité palestinienne à faire tout ce qui en son pouvoir pour faire cesser de telles actions ».

Mais à part de (bonnes) paroles, qu’a fait Mahmoud Abbas, depuis son arrivée au pouvoir, en janvier 2005, pour mettre fin aux actes de terrorisme ?

Rien et il y a plus grave, en tolérant le développement de la corruption autour de lui, il a facilité l’avènement « démocratique » du Hamas qui, prône, officiellement, la destruction d’Israël (que ce soit immédiatement ou à terme, l’objectif est bien là).

(David Ruzié, professeur émérite des universités, spécialiste de droit international)


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