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Dites Non au Gambit* de Téhéran

Charles Krauthammer - Jewish World Review - Adaptation française de Simon Pilczer, volontaire de l’IHC

samedi 27 mai 2006
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Tout à coup, l’Iran révolutionnaire a offert des pourparlers directs avec les Etats-Unis. Tout à coup, les suspects habituels - commentateurs européens, libéraux de gauche américains, analystes dissidents de la CIA, Madeleine Albright - pressent l’administration de saisir l’appât.

Il n’est pas rare de voir un régime comme celui de l’Iran - despotique, faible sur le plan intérieur, sentant le monde se refermer sur lui - tenter un stratagème aussi transparent pour relâcher la pression sur lui. Ce qui est rare est d’observer l’empressement lâche avec lequel cette diversion est acceptée par d’autres.

Noter mes expressions. L’élan pour des négociations USA - Iran n’a fait que commencer. Le cœur de cible de toute la crise iranienne commencera de glisser de la question de savoir si l’Iran arrêtera son programme nucléaire vers celle de savoir si Washington s’assiéra seul à la table de négociations avec Téhéran.

A cet appât avec échange cynique, il ne peut y avoir d’autre réponse américaine que Non. Absolument Non.

Jusqu’à hier, le monde grattait au sang l’administration Bush pour son unilatéralisme - sur Kyoto, le traité Anti-Missiles ABM, et plus spécialement, l’Irak. - en exigeant que Washington agisse de concert avec la « communauté Internationale ». Jusqu’à hier, le candidat pressenti à la présidentielle des Démocrates a attaqué la politique étrangère du Président Bush justement pour avoir refusé de consulter, d’écouter, et de travailler avec « les alliés ».

Autre jour, autre principe. Bush est maintenant pressé d’abandonner le multilatéralisme et d’aller de l’avant, seul avec l’Iran. Rappelez-vous. En septembre 2003, après qu’on ait découvert que l’Iran trichait avec son programme nucléaire, les Etats-Unis ont voulu que l’ONU mette en place une action immédiate. Les alliés ont argumenté pour défendre une approche plus souple. La Grande Bretagne, la France et l’Allemagne ont voulu négocier avec Téhéran, en offrant des carottes diplomatiques et économiques en échange de l’abandon par l’Iran de son programme d’armes nucléaires. Les Etats Unis ont acquiescé.

Après deux ans et demi de pure futilité, la troïka de l’UE a dû admette son échec et reconnaître l’évidence : l’Iran n’avait pas l’intention d’abandonner ses ambitions nucléaires. L’Iran a rendu ce point irréfutable quand il brisa les sceaux de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA), et reprit de façon éhontée l’enrichissement de l’uranium.

L’entente parfaite que nous avions avec nos alliés était que si le processus de la troïka de l’UE échouait, nous irions au Conseil de Sécurité ensemble pour imposer des sanctions à l’Iran. Bien sûr, la Russie et la Chine pourraient toujours se trouver en travers du chemin. Mais même ainsi, des sanctions concertées de la part de l’Amérique, de l’Europe, et d’autres puissances économiques pourraient avoir des effets dévastateurs sur l’Iran et sa dictature cléricale peu fiable.

Voilà pourquoi les mollahs ont lance cette récente initiative. Ils savent, et craignent, que si l’Occident persiste sur son évolution actuelle et concertée, ils seront confrontés à des sanctions si sérieuses que leur gouvernement, déjà impopulaire, pourrait être en grand péril. Le fait même que l’Iran cherche désespérément à changer de sujet, à modifier l’arrivée et à transférer la charge sur les Etats-Unis, montre combien les mollahs nous croient prêts à exercer sur eux des pressions internationales majeures.

Pousser Washington à abandonner le processus multilatéral et à entrer seul dans des négociations est plus qu’une hypocrisie de premier plan. C’est une folie pernicieuse. Cela court-circuite le processus qui, après des années de tergiversations, est proche de porter ses premiers fruits : des sanctions redoutées par Téhéran. Cela déferait le consensus des alliés, provoquerait de nouveaux retards sans fin, et donnerait davantage de temps à l’Iran pour atteindre le point de non-retour., passé lequel son statut nucléaire serait un « fait accompli ».

Entrer dans des négociations comporte la responsabilité de faire quelque chose si elles échouent. La troïka de l’UE l’a compris quand elle les a entrepris avec les mollahs il y a environ deux ans. Des pourparlers bilatéraux Iran -USA sont la meilleure manière de dégager la responsabilité de l’UE. Ils arrêteraient toutes les discussions en cours sur les sanctions, déplaceraient toute la responsabilité du succès des négociations, et mettraient l’Amérique sur la sellette pour recevoir le blâme de leur inévitable échec.

C’est un piège évident. Nous devons résolument dire Non.

Sauf à une condition. Si les alliés, plutôt que de transférer la responsabilité de tout ce processus sur Washington, réaffirment leur responsabilité en promettant leur soutien aux USA et / ou à une action militaire de la coalition contre l’Iran dans l’hypothèse où les pourparlers bilatéraux échoueraient, alors nous pourrions réaliser quelque chose.

Vous voulez que nous menions des pourparlers ? Parfait. Nous l’acceptons, mais seulement si vous nous armez avec le plus gros d’entre les bâtons : votre soutien publique pour une action militaire si les pourparlers échouent. Les mollahs craignent déjà des sanctions économiques ; ils craindront infiniment plus une action militaire des USA soutenue par les Européens. De telles négociations pourraient vraiment permettre de réaliser quelque chose.

C’est notre condition. Autrement, toute suggestion de pourparlers bilatéraux est un stratagème qui doit être rejeté avec le même mépris avec lequel elle a été proposée.


  • Gambit : terme échiquéen, lié à un échange unilatéral en début de partie du jeu d’échecs. Ce dernier, né en Inde, se serait perfectionné en Perse. Les Iraniens ont confirmé leurs qualités d’habiles négociateurs, confondant l’échiquier mondial avec un échiquier banal [ndt].

http://jewishworldreview.com/cols/k... <http://jewishworldreview.com/cols/k...>


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