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Attention, un autre antisémitisme est possible !

Fadela AMARA, présidente du mouvement « Ni putes, ni soumises », Aurélie FILIPPETTI, conseillère municipale (Les Verts) à Pari, Patrick KLUGMAN, membre du comité directeur du CRIF, Pénélope KOMITES, Adjointe au maire de Paris, Dominique SOPO, président de SOS-Racisme

mercredi 29 octobre 2003
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L’altermondialisme représente un espoir et une forme nouvelle de mobilisation politique pour toute notre génération. C’est parce que nous y sommes attachés que nous tenons à dénoncer un danger latent que nous voyons se développer en marge de ses rangs : la détestation des juifs, autrement dit l’antisémitisme.
L’altermondialisme en tant que tel n’est évidemment pas suspect. Ses buts sont humanistes et nous y souscrivons. S’il est fautif d’une chose c’est de se croire immunisé.

L’antisémitisme, quand il s’éveille à gauche, opère sans proclamation et grandit dans le déni de son nom. Pourtant il demeure de l’antisémitisme. Affirmons le solennellement : il n’y a pas de version « light » de l’antijudaïsme, tout comme il n’y a pas de version light du racisme. Nul n’est préservé par nature du racisme ou de l’antisémitisme.

La préparation du Forum Social Européen, prochain rendez-vous de l’altermondialisme, nous fournit un exemple de trop. C’est finalement sur la liste de diffusion du FSE que Tariq Ramadan a réussi à publier une tribune qui avait été rejetée par la plupart des journaux et dans laquelle il dévoile son aversion à l’endroit des « intellectuels juifs » [1].

Dans ce texte, il commence par dénoncer l’« omniprésence médiatique » d’intellectuels présentés comme juifs avant de se demander « quels principes et quels intérêts ils défendent au premier chef » (...) « que ce soit sur le plan intérieur (...) ou sur la scène internationale (...) », pour en conclure que leur « position répond à des logiques communautaires, en tant que juifs, ou nationalistes, en tant que défenseurs d’Israël. »

La prose de Tariq Ramadan n’innove pas, ne renouvelle rien. Usant du fantasme du complot et de la double allégeance, elle verse dans l’antique haine des juifs.
Quel rapport avec l’altermondialisme nous direz-vous ? Aucun, nous l’espérons. Toutefois, le refus systématique, même de la part de gens irréprochables, d’aborder ce problème, de le nommer et de le circonscrire, suscite notre inquiétude.

D’autres faits hantent nos mémoires Ils se sont développés dans le silence pesant et les excuses gênées. Pour ne prendre que quelques dates qui résonnent comme des symboles : en 2000, place de la République à Paris, on entend les cris de « Mort aux juifs » dans un rassemblement de solidarité avec les palestiniens. En septembre 2001 à Durban, en marge du sommet (anti-)raciste placé sous l’égide de l’ONU, des juifs sont exclus, molestés, humiliés au nom de l’antiracisme. Au mois d’avril 2002, les « sionistes » sont accusés par José Bové (qui se rétractera, cette exception mérite d’être soulignée) d’être à l’origine de la vague d’actes antisémites qui déferle en France.

Si ce n’était déjà suffisant, nous gardons encore le souvenir des membres de l’Hashomer Hatsaïr (jeunes militants sionistes de gauche), tabassés parce que l’un d’eux portait une kippa dans les cortèges contre la guerre d’Irak à Paris au mois de mars 2003. Sans ces évènements, et tous les autres que nous ne citons pas - toutes les fois où des « pacifistes » ont assimilé l’étoile de David à la croix gammée- l’affaire qui nous occupe aujourd’hui relèverait de l’incident et non du syndrome.

Amis altermondialistes, parce que nous rêvons aussi d’un autre monde, nous voulons vous dire sans haine et sans paranoïa que l’antisémitisme existe au sein de l’altermondialisme.

Tariq Ramadan a usé de l’ingénuité de l’altermondialisme pour affirmer sa radicalité et son antisémitisme. Son texte n’est pas, lui, « anachronique » ou sorti de nulle part. Il met bas les masques et vient structurer une mouvance jusqu’alors rampante. Ramadan n’est pas un homme seul, vous le savez. Il a des émules qui ne prennent pas ses précautions oratoires. Nous voulons vous convaincre qu’il s’agit d’une démarche et non d’un accident.

Nous savons, pour l’avoir maintes fois dénoncé, combien l’alliance, avec le MIB (mouvement de l’immigration et des banlieues) radical ou avec les amis de Tariq Ramadan, plutôt qu’avec des groupes de musulmans modérés, est dangereuse et inacceptable.

Aujourd’hui une chose est acquise. On ne peut laisser cette affaire se régler comme une vulgaire diffamation entre son auteur et ceux qu’il calomnie. L’antisémitisme c’est le problème des autres, disait Sartre. Notre problème. Même s’il ne s’agit que d’un courant infime ou minoritaire, aucun mouvement légitime et humaniste ne peut survivre en comptant du racisme dans ses rangs.

Vous qui militez pour une société plus solidaire, plus juste, vous ne pouvez laisser le soupçon entacher ce mouvement et nos espoirs. L’altermondialisme est l’affaire de notre génération. Ses buts sont louables et généreux. C’est pourquoi nous refusons de voir nos aspirations communes menacées, et potentiellement ruinées, par la haine et le fanatisme.


[1] Le Nouvel Observateur du 9 octobre 2003


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