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Israël dans le miroir des médias français

Par Nathalie Avisar - Jerusalem Post édition française

mercredi 15 mars 2006
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L’université de Tel-Aviv a consacré dimanche 26 février une journée d’études à l’évolution de l’image d’Israël dans les médias français depuis 2000. Si une amélioration est perceptible depuis le désengagement de Gaza, ce rééquilibrage en faveur de l’Etat hébreu reste fragile.

L’image d’Israël a-t-elle changé dans les médias français depuis 2000 ? Dimanche 26 février, cette question a fait l’objet d’une journée d’études organisée à l’université de Tel-Aviv, à l’initiative du mensuel Tribune Juive et sous le patronage de l’ambassade de France.

Devant un parterre fourni d’étudiants israéliens et français, dont une délégation de l’école de journalisme de Sciences Po en visite en Israël, des observateurs et représentants de la presse écrite (Agence France Presse, Le Monde...), en ligne (Proche-Orient Info) ou audiovisuelle (Arte) ont tour à tour livré des points de vue reflétant des sensibilités différentes. Tout en partageant un diagnostic relativement similaire...

A en croire les différents intervenants de la table ronde, l’image d’Israël dans les médias tricolores s’est en effet nettement améliorée par rapport au début de la deuxième Intifada, notamment grâce au retrait de Gaza.

« Pour moi, ce retournement est tout à fait évident », a indiqué en préambule, Christophe Bigot, le chargé d’affaires de l’ambassade de France. « Il tient à la mise en oeuvre du plan de désengagement israélien, mais aussi à la dégradation de l’image des Palestiniens sur fond de montée de l’islamisme, à la visite réussie d’Ariel Sharon en France, ou encore au rapprochement des points de vue franco-israéliens sur des sujets tels que le Hezbollah, l’Iran et la Syrie. »

Pour prendre la mesure d’une telle évolution, Marc Tobiass, collaborateur du site Proche-Orient Info et de la radio nationale Kol Israël, a proposé de son côté de remonter cinq années en arrière. « Avant septembre 2000, l’image d’Israël dans les médias français relevait d’un équilibre fragile », a constaté le journaliste. « Après le déclenchement de la deuxième Intifada, les démons ont été lâchés. »

Et de citer une longue série de « dérives » médiatiques qui ont contribué à la détérioration de l’image de l’Etat hébreu. De l’affaire du petit Mohammed Al Dura (Antenne 2), au faux scoop photographique du magazine Jeune Afrique à Hébron, en passant par les prétendues révélations des « crimes d’honneur de Tsahal » du Nouvel Observateur, « la désinformation qui a culminé pendant l’intervention militaire de Djénine, a battu son plein », a rappelé Marc Tobiass, qui voit deux raisons à ces exemples caractérisés de « présentation unilatérale ».

« Primo, les journalistes français se considèrent comme des militants des droits de l’homme et s’investissent dans la défense des opprimés. Secundo, il y a une connivence entre la presse française et le Quai d’Orsay. » Des explications que les autres membres du panel invité par l’université de Tel-Aviv n’ont pas souhaité commenter.

Arrivé depuis près d’un an à la tête du bureau de l’AFP de Jérusalem, Patrick Anidjar a, pour sa part, joué la carte du mea culpa. Après avoir rappelé le « dérapage » autour de la formule de « bébé colon » utilisée voilà quelques années dans une dépêche relatant un attentat (« qui n’avait pas été qualifié d’attentat terroriste »), ce responsable a assuré que l’Agence France Presse s’était employée à prendre les mesures nécessaires. Et ce, sous la pression des lecteurs comme de la nouvelle donne internationale.

« Depuis le 11 septembre, une communauté d’esprit s’est installée entre le monde occidental et l’Etat hébreu : on a réalisé qu’il y avait aussi des victimes du terrorisme en Israël », a indiqué Patrick Anidjar. « L’AFP a pris conscience des critiques dont elle avait fait l’objet dans la couverture du conflit : du coup, il y a des mots que l’on n’emploie plus », a-t-il poursuivi. « Nous faisons très attention à la terminologie pour ne pas froisser la communauté juive française, même si nos gros clients se trouvent être du côté des pays arabes. »

Reste à savoir si ce « rééquilibrage » en faveur d’Israël dans les médias français qui de toute évidence, varie considérablement d’un titre à l’autre, est susceptible de s’installer dans la durée. Depuis la victoire électorale du Hamas, l’idée que le mouvement de résistance islamiste pourrait se transformer en formation « modérée » semble déjà faire son chemin dans les médias dits généralistes. Au point que certains redoutent un nouveau retour de balancier...


Arte : une vision « culturelle » du conflit

Arte, c’est un parti pris décalé par rapport à l’actualité. L’intervention de son président, Jérôme Clément, à l’université de Tel-Aviv l’a confirmé. En comparaison aux médias d’information classiques, la chaîne de télévision franco-allemande, veut donner une autre dimension à la couverture de la situation israélienne.

Il s’agit moins d’être dans l’immédiateté absolue, à la recherche du dernier scoop, que de laisser place à l’analyse. Troquer l’instantané contre la réflexion de fond. « Le compte rendu d’un attentat, la rencontre entre deux chefs d’Etat nous intéressent moins qu’une famille israélienne dans la durée », a indiqué Jérôme Clément. « Notre but n’est pas de rapporter une ’objectivité’ mais de rendre compte des subjectivités qui existent. »

Ainsi, la chaîne franco-allemande a souvent donné la parole à des intellectuels israéliens, le prisme social et culturel permettant, selon elle, de donner un visage différent à la société israélienne et d’en changer l’image.

Jérôme Clément a notamment cité l’écrivain Amos Oz, le cinéaste Amos Gitaï et le chef d’orchestre Daniel Barenboïm. L’auditoire s’en est félicité dans un premier temps, pour ensuite, remettre en cause le choix des personnalités sélectionnées.

« Pourquoi ne donnez-vous pas la parole au lauréat israélien du prix Nobel d’économie Robert Aumann ? », a-t-on suggéré dans la salle. Le président d’Arte a fait valoir que Oz, Gitaï et Barenboïm étaient des personnalités mondialement connues.

En marge de la conférence, Jérôme Bourdon, professeur au département de communication de l’université de Tel-Aviv et l’un des modérateurs de la table ronde, a fait remarquer que « derrière ces trois noms, se dissimule une même logique : on présente ’le bon israélien’, de gauche, politiquement correct qui aborde des idées que ce genre de public veut entendre », a-t-il souligné.

Jérôme Clément s’en est défendu en expliquant qu’il cherchait avant tout le talent et non de savoir si un cinéaste, un écrivain ou un musicien avait des idées de gauche ou de droite. « Je pense que l’auditoire a tort dans ses critiques. Ces personnalités sont beaucoup plus utiles à l’image d’Israël que des gens alignés aux positions gouvernementales. »

Barbara Szerer


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