Depuis Septembre 2000, DESINFOS.com est libre d’accès et gratuit pour vous donner une véritable information indépendante sur Israël
Personnalisé
Inscription gratuite à la Newsletter - cliquer ici
-
Accueil > Les textes > Le Hamas est au pouvoir pour longtemps

Le Hamas est au pouvoir pour longtemps

Par Barry Rubin - Jerusalem Post.Traduit par Albert Soued

jeudi 2 mars 2006
- Lire la version pour téléphone mobile (iPhone, smartphone, etc.) -


Partager  | Autres liens

Nous commençons à voir comment les groupes Palestiniens concurrents réagissent à la victoire du Hamas. Celui-ci ne s’attend pas à tout changer en quelques jours. Après tout, ses membres disent souvent qu’il faudra 20 ans pour éliminer Israël.

Comme il pense que ses objectifs et ses méthodes sont inspirées par Allah, peu lui importe le temps nécessaire, l’opinion internationale ou même les souffrances infligées à son peuple. Dans l’immédiat, ce que le Hamas cherche à faire, c’est établir son hégémonie sur tout le mouvement palestinien, de manière à assurer sa pérennité sur lui.

Comme il ne s’attendait pas à des résultats aussi brillants aux élections, le Hamas commence sa campagne prématurément, mais il ne se préoccupe nullement de gagner le prochain vote. Celui-ci pourrait ne jamais se tenir d’ailleurs, puisque le dernier vote a mis 10 ans pour avoir lieu !

Un aspect prédominant de la stratégie du Hamas est de s’assurer que le système d’éducation forme une génération qui rejette toute paix et tout compromis avec Israël, prône la terreur et continue à voter Hamas. Mais ce dernier sait qu’il a 2 limites qui lui font face.

Primo, alors que son programme de détruire Israël par la terreur semble assez populaire, l’islamisation de la vie quotidienne est moins acceptée par la majorité. Mais en même temps, tout progrès aussi mince soit-il dans l’efficacité de la nouvelle administration et toute diminution de la corruption jouent en faveur du Hamas. De toute manière l’islamisation sera rampante, avançant subrepticement, mesure après mesure, surtout au niveau municipal. La priorité sera donc donnée à la lutte contre Israël, excluant ainsi toute modération et raffermissant l’objectif à long terme du Hamas, une lutte à mort et sans compromis. On sait que le Hamas veut contrôler toute la population pour mener à son terme « la cause nationale », plutôt que devenir simplement le parti « islamiste », mimant les Chinois, les Cubains ou les Vietnamiens dans la réalisation de leurs buts. Comme sur le fond - en dehors de l’islamisme - il y a peu de différences politiques entre le Fatah et le Hamas, le processus ne semble pas difficile à mettre en œuvre.

Le 2ème grand problème du Hamas est plus sérieux, il s’agit de la compétition institutionnelle avec le Fatah. Comment le Hamas va-t-il former un gouvernement et prendre le contrôle des mécanismes du pouvoir, c’est à dire l’argent, les armes, les emplois, sans provoquer de guerre civile ? Ainsi par exemple le limogeage de toute personne soutenant le Fatah ou appartenant aux surabondantes forces de sécurité peut déclencher une crise importante. Et ici encore la meilleure approche est de viser ce qui unit les Palestiniens et non ce qui les sépare, c’est à dire la haine d’Israël et leur volonté de l’éliminer.

Les autres raisons qui militent en faveur du durcissement du Hamas est la compétition avec le Fatah pour le pouvoir et dans les actes terroristes, là où il faut être le plus « militant » (et le plus médiatique) possible. Ainsi on peut s’attendre à une recrudescence du terrorisme, pris en charge par des groupuscules émanant du Hamas, celui-ci déclinant toute responsabilité.

Les leaders du Hamas vont continuer à faire des déclarations extrêmes en arabe. Ainsi récemment Mahmoud Zahar a déclaré « ceux qui ont bâti leur structure sur la base du Coran ne peuvent changer d’avis par les promesses américaines ou l’argent européen » ou « notre programme reste de libérer la Palestine, toute la Palestine ».

En même temps, le Hamas va créer l’illusion de la « modération » pour les Occidentaux. Son leitmotiv modéré prévoit une « trêve prolongée » (houdna), si Israël abandonne toute la Cisjordanie et Jérusalem-est et accepte le retour des réfugiés sur son territoire. Mais il garde néanmoins le droit de procéder à un génocide, au moment opportun. Et cela ne signifie pas que le Hamas empêchera les autres factions émanant ou non de lui de commettre des actes de terreur. Selon l’expression de M Zahar « toute personne qui croirait que la trêve est un abandon des objectifs est dans l’erreur. Bien au contraire, le calme est nécessaire à la préparation d’une nouvelle hase de combat et le prélude à la victoire ».

En ce qui concerne les engagements pris par l’Autorité Palestinienne, M Zahar explique que la Hamas est entré au Parlement pour éliminer toute trace des accords d’Oslo. Toutes les concessions précédentes faites par Israël restant acquises, car il n’y a pas de réciprocité de la part des Palestiniens.

De son côté, le Fatah a lui aussi une stratégie par étapes, mais elle est en lambeaux. Sa défaite électorale n’a résolu aucun de ses problèmes. Tous les chefs de son establishment sont encore en place, les luttes internes sont aussi amères et le Fatah est coincé avec un chef faible et discrédité, Mahmoud Abbas. Pour avoir le soutien et l’argent de l’Occident, le Fatah peut toujours présenter ce dernier comme la face modérée de l’Autorité Palestinienne. En effet son message est « Le Hamas est la source des problèmes, nous sommes la solution ». On a essayé à la dernière minute de faire en sorte que M Abbas puisse continué à contrôler les médias, la justice (notamment nommer une Cour qui puisse rejeter toute initiative islamiste du Hamas) et les forces de sécurité. Mais les 2 principes élémentaires de la stratégie du Fatah restent le terrorisme et le « droit d’aînesse ». Le Fatah se battra jusqu’au bout pour garder l’argent et les emplois, agitant le spectre de la guerre civile.

Parallèlement ses hommes armés mèneront des attaques contre Israël pour montrer la force de son « militantisme ». Ces gens vivent sur un nuage, car incapables de s’organiser ou de gagner sur le plan politique. Sans le contrôle des organes du gouvernement et du budget, comment le Fatah pourra-t-il convaincre ses troupes ?

Je fais le pari que le Hamas sortira vainqueur de ce combat et je mettrai au rancart tout espoir de paix, de résolution du conflit ou de création d’un état paletinien pour les décennies à venir !


Par Barry Rubin, directeur de « Global Research in International Affairs Center » and rédacteur en chef de « the Middle East Review of International Affairs »J


Soumettez vos réactions - Imprimer la page - {id_article}

Chaque matin recevez la Newsletter de Des Infos.com
Cliquez pour vous inscrire gratuitement

Inscription  gratuite à la Newsletter de



Informations , services  et publicité sélectionnés gratuitement par Desinfos.com











IDC

 





Docteurinfo.com la santé par la connaissance


Avis d'utilisation |     | Accueil | Suivre la vie du site RSS 2.0 | Plan du site | Contact | Mentions légales | Espace privé |     | SPIP | squelette