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Le Hamas : et ensuite ?

Albert Capino

dimanche 29 janvier 2006
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Je ne vais pas m’étendre sur les causes de la victoire électorale du parti radical islamiste. Elles sont largement commentées dans les media :

pour résumer, les raisons essentielles tiennent à la lassitude de la population palestinienne après des années de gabegie et de corruption de leur direction. Elle est aussi due à l’incapacité de l’Autorité palestinienne de réaliser les réformes que la société civile attendait, dans l’année qui suivit la mort d’Arafat. Elle résulte enfin d’une vision à trop court terme du gouvernement israélien et de la Communauté internationale, qui n’ont pas mis suffisamment à profit l’année écoulée et le désengagement unanimement reconnu de Gaza qui a suivi, pour obtenir des avancées significatives dans des pourparlers de paix.

Plus préoccupant est l’avenir.

Je ne doute pas que le Hamas en vienne à revêtir des apparences respectables. Pour plusieurs raisons :

  • il ne s’attendait pas à une victoire d’une telle ampleur, qui l’amène à quitter sa posture de refus implacable pour se retrouver au gouvernement ;
  • même s’il perçoit des subsides de l’Iran, de la Syrie, de l’Arabie saoudite et plus généralement de pays à tendance islamiste radicale, le gouvernement palestinien n’en a pas moins besoin du soutien et du financement des Etats-Unis et de l’UE.

Or, la revendication d’attentats sanglants contre des civils, sa position intransigeante visant à la destruction d’un Etat membre des Nations-Unies et sa charte ont conduit toutes trois le Hamas à être placé sur la liste des organisations terroristes.

Ceci empêche le Hamas d’avoir une position ouverte sur le monde, gèle internationalement ses avoirs et lui interdit de siéger dans des instances internationales et de toucher la moindre subvention.

C’est pourquoi le Hamas n’a d’autre choix que de composer.

À lire l’interview de Khaled Meshaal - datant d’avril 2004 - cela paraît pratiquement insurmontable. Car même si l’on se plaît à espérer un toilettage en surface, le but ultime du Hamas n’a pas varié d’un iota depuis le début : l’appropriation sans partage de ce qu’il considère être toute la Palestine. Ce qui ne laisse aucune place à Israël.

Tant que le Hamas était dans la clandestinité, il pouvait rester intraitable sur ses positions. Dans l’opposition, c’était encore une situation qu’il pouvait envisager. Mais dès lors qu’il s’agit de prendre les rênes du pouvoir, d’assurer les responsabilités économiques et sociales, de répondre à l’attente des Palestiniens qui ont voté en masse pour lui, cela devient intenable.

Il nous reste à savoir si sa victoire électorale aura des conséquences sur une transformation en profondeur au niveau de son intransigeance auto-destructrice, et si Israël peut puiser en soi la force de considérer des assassins reconvertis comme de futurs partenaires de négociation.

On part de très loin, mais pour le Hamas et les Palestiniens, c’est l’heure de vérité. L’heure d’abandonner le refus, la violence, pour des propositions constructives. Le peuple qui l’a élu attend dorénavant des résultats.

Pour les Israéliens, à la veille d’élections législatives, ça n’en est pas moins un choix crucial. La majorité d’entre eux semblait avoir rallié les options d’un gouvernement de centre-droit, conduit par la liste Kadima, afin de ne pas retomber dans l’écueil d’une confrontation bipolaire.

L’élection du Hamas ne va pas faciliter les choses, et sans doute durcir le ton, à droite comme à gauche, entre ceux qui accusent le précédent gouvernement d’avoir lâché Gaza sans contrepartie, et ceux qui, au contraire, voudront hâter le désengagement d’autres territoires dans l’espoir d’obtenir la paix.

Une paix ne pourra être atteinte que si elle est la résultante de la volonté des deux parties.

Pour l’heure, Israël a accompli un premier geste en se retirant de Gaza. Ceux qui ont jusqu’à présent juré sa disparition doivent dorénavant montrer leur capacité à passer du stade d’ennemi irrésolu à celui d’interlocuteur . Un futur parti palestinien au pouvoir n’a d’autre choix que de se fixer comme but d’atteindre un statut politique et un état de non-belligérance, en désarmant ses milices et en reconnaissant irrévocablement le droit d’Israël à exister, dans des frontières internationalement reconnues.

Un pari dont dépend non seulement la paix entre Israéliens et Palestiniens, mais plus généralement l’avenir d’une région dont les pays à forte population (Egypte, Arabie saoudite, Iran, Syrie, Irak), sont en proie à la tentation islamique radicale.

Ceci d’autant plus qu’ils agitent l’arme du pétrole d’un bras et la menace nucléaire de l’autre.

Pendant les soixante dernières années, les grandes puissances ont su éviter une confrontation armée mondiale, en maintenant un équilibre. D’abord un équilibre dissuasif, rompu en 1989 avec la chute du mur de Berlin. Puis, par la pratique d’une stratégie d’évitement, en morcelant des crises potentielles graves à travers des conflits répartis sur toute la planète : Suez, Cuba, Kosovo, Proche-Orient, Kurdistan, Nigéria, Ethiopie, Biafra, Chine, Tibet, Cambodge, Timor oriental, Rwanda, Darfour, Bosnie...

Le danger de cette stratégie s’est révélé être - dans de nombreux cas - l’avènement de régimes totalitaires élus démocratiquement. Cela n’en fait pas des régimes démocratiques pour autant et n’a eu pour effet que de renforcer ceux qui ont utilisé la démocratie, pour mieux la combattre une fois au pouvoir.

L’UE et les Etats-Unis divergent sur l’ampleur du phénomène et l’attitude à adopter.

Certes, l’Europe veut affirmer son rôle. Elle ne veut pas d’un avenir unipolaire autour d’un système exclusivement américain. Bien sûr, l’Amérique revendique le droit de se défendre, de combattre ceux qui veulent « l’anéantissement de la civilisation anglo-saxonne ». Mais au-delà de ces querelles de clocher, de ces différences plus culturelles que profondes, l’heure n’est plus à la confrontation. La menace est commune, la pire que le monde civilisé - malgré tous ses défauts - ait connu depuis le nazisme. Lui aussi - faut-il le rappeler - avait été porté au pouvoir par 99% de « Ja ».

La lucidité a un prix. Elle nous conduit à faire un choix : accepter de regarder la réalité en face - au risque d’y laisser une parcelle de nos bons sentiments, mais surtout de nos illusions - ou s’offrir en pâture, les yeux bandés, à des interlocuteurs radicalement intolérants.

En attendant, ce n’est pas dans leur contemplation dans la glace que nos gouvernants trouveront la réponse, mais dans l’analyse de l’Histoire - de notre histoire - et des conséquences qu’ils n’ont pas su ou voulu en tirer.

Car il est bien évident que l’Humanité se trouve à la veille d’une autre ère. D’une page qui se tourne au-delà de laquelle nous ne pourrons pas tous être épargnés. Par notre faute. Pour avoir cru que l’on pouvait appliquer des principes démocratiques à des systèmes qui ne le sont pas.

Une interview de Khaled Meshaal, le nouveau chef du Hamas

27 avril 2004 - Tim Sebastian - BBC News World Edition - 19 Avril 2004

Cette interview a été conduite à un emplacement non-révélé à Beyrouth sous une sécurité intense.
M. Meshaal a parlé en arabe et son texte a été traduit en Anglais.
Cette transcription a été faite d’un enregistrement VHS de l’interview. Nous avons fait tous des efforts, mais ne pouvons pas en garantir l’exactitude totale.
cette version est une traduction en français à partir de la version anglaise :
http://news.bbc.co.uk/2/hi/programm...

INTRODUCTION

Je suis dans la capitale libanaise, à Beyrouth, à la fin d’un jour extraordinaire pour l’émission « HARDTALK ». Nous avons été invités ici à rencontrer le chef du groupe palestinien, Hamas, étiqueté par l’Europe et l’Amérique comme une des organisations terroristes les plus dangereuses dans le monde. C’est le chef qui est venu ici spécialement de Syrie au milieu d’une sécurité méticuleuse. Nous avons dû changer de voitures et d’emplacements, nous avons terminé le voyage dans un fourgon qui avait des fenêtres scellées à un emplacement non-révélé. Ainsi quand nous avons finalement joint l’homme à la suite de l’assassinat de son chef spirituel, Scheik Yassin, pour savoir quel chemin prend le mouvement, qui va être à la tête du Hamas ?

Les titres sont de « HardTalk »

Tim Sebastian - Khaled Meshaal. Bienvenue au programme. À la suite de l’assassinat israélien du Scheik Yassin, est-ce que le Hamas projette encore un autre cycle de violence de vengeance injustifiée ?

KHALED MESHAAL-Au nom de Dieu le Compatissant, le Charitable. Le carnage en Palestine existe à cause des crimes israéliens d’auparavant et il n’a pas commencé après l’assassinat du Scheik Ahmed Yassin. Le crime Sioniste demande une réponse palestinienne. C’est quelque chose de très ordinaire. Cette réciprocité est reconnue selon toutes les lois humaines et spirituelles et les législations.

T S - Où cela vous conduit-il ? Où vous conduit-il ?, cette vengeance ? Cela ne change rien. Cela ne vous conduit nulle part ? Plus de personnes meurent. Plus de vos gens meurent, plus d’Israéliens meurent. Aucun progrès n’est fait. Vous n’avez fait autre chose que d’enclencher un processus ?

KM : Notre but est d’arrêter l’occupation et pas de tuer les gens. Si le monde était capable d’être juste avec nous et de nous redonner notre terre et nos droits, nous n’aurions pas besoin désormais du combat et de la résistance

TS - Et quand vous prenez cette vengeance et que vous voyez les corps de femmes israéliennes et d’enfants dans les rues, vous vous sentez mieux ?

KM : Nous nous sentirons mieux quand l’occupation finira. Nous espérons qu’aucun sang ne coulera en Palestine, mais celui qui a commencé l’agression est celui qui doit être tenu pour responsable. Le scheik Ahmed Yassin était un ecclésiastique religieux paralysé et malgré cela, il a été visé par les missiles Sionistes qui sont des armes américaines. Les Palestiniens ont le droit de répondre à cette agression.

TS-le Scheik Yassin est un homme qui a ordonné les meurtres de civils - de civils israéliens. Vous ne pouvez à peine vous plaindre quand dans une guerre, lui-même est tué ?

KM : le Scheik Ahmed Yassin n’a commandé personne. La résistance a une aile militaire spécialisée qui se bat sur le terrain. C’est un droit naturel.

TS - Il a approuvé les meurtres, il ne les a pas fait il. Il les a approuvé.

KM : les opérations de résistance n’ont pas besoin de la décision de quiconque. Chaque Palestinien connaît son devoir. N’importe quel Palestinien qui voit les crimes israéliens agira normalement. L’aile militaire du Hamas comme les ailes militaires dans d’autres factions connaît son devoir. Ils font leur travail dans la défense de leur peuple, répondant à l’agression israélienne et résistant à l’occupation.

TS- M. Meshaal, vous ne défendez personne sauf vous. Votre tactique ne défend pas votre peuple, du tout. Il n’y a pas un seul Palestinien que vous pouvez défendre contre les attaques israéliennes des F16 et de blindés, n’est-ce pas ?

KM : Nous défendons notre peuple même si l’équilibre des forces est inégal, même si les armes israéliennes sont bien supérieures. L’Israélien occupant l’ennemi doit comprendre que chaque crime à la fin apportera une réponse palestinienne.

TS- Vous ciblez les femmes et les enfants. C’est un terrorisme de la plus brutale sorte.

KM : Nous ne visons pas de civils et nous ne visons pas des enfants. Au commencement la résistance palestinienne se concentrait sur des cibles militaires et sur les habitants des implantations

TS- Donc les bombes-suicide sur des bus ne sont pas pour les civils ? Les enfants et les femmes qui meurent dans les bus ? Je ne remarque pas les terroristes-suicide permettent aux civils de l’autobus de descendre avant qu’ils ne le fassent sauter.

KM : je n’ai pas achevé ma réponse. J’ai dit que la résistance palestinienne se concentrait au commencement sur des cibles militaires et sur les habitants des implantations. Mais Israël a commis des crimes contre des civils dans la mosquée Aqsa en 1990 et dans la mosquée Ibrahimi à Hébron en 1994 contre des civils innocents qui priaient dans la mosquée.

TS- Quelles sont les conditions pour un cessez-le-feu ? Un nouveau cessez-le-feu.

KM : Faites retirer Israël d’abord et après que nous mènerons des pourparlers. C’est notre terre c’est notre droit naturel

TS- un retrait aux frontières de 67.

KM : Nous considérerons ce pas comme positif mais nous avons un droit sur toute la Palestine

TS-Vous ne dites pas, que le Scheik Yassin a dit que le Hamas serait d’accord, il a dit à une agence de presse allemande, le 9 janvier, le Hamas serait d’accord avec une paix provisoire avec Israël en échange de l’établissement d’un état palestinien sur la base des frontières de 67. Dites-vous que n’est pas valable désormais ? qu’est-ce qui est valable. Cela mènerait-il à un cessez-le-feu permanent ?

KM : Nous croyons dans ce que le Scheik Ahmed Yassin a dit dans le mouvement du Hamas. Mais la question est-ce qu’Israël accepte de se retirer ? Demandez au côté de l’occupation d’abord. Faites-les vous, se retirer. Laissez-les dire que je suis prêt à me retirer aux frontières de 67 et demandez alors au Hamas de tenir un cessez-le-feu...

TS- je demande quelles sont vos conditions.

KM : j’ai dit qu’Israël se retire d’abord. C’est celui qui a commencé l’agression. Faites-lui arrêter l’occupation et ensuite tout peut être négocié.

TS- Ils peuvent se retirer mais vous ne promettez rien. Vous ne promettez rien. Ils doivent se retirer, mais vous ne promettez rien.

KM : j’ai dit ce que le Scheik Ahmed Yassin a dit. Vous avez cité le Scheik Ahmed Yassin. ce qu’il a dit concernant le retrait aux « frontières de 67 ». Si cela arrive nous pourrions avoir une trêve avec Israël. Nous croyons en cela au Hamas.

TS- Il pourrait y avoir mais vous ne dites pas il y aura certainement une trêve si Israël se retire aux « frontières de 67 ».

KM : Peut-être mais Israël doit se retirer d’abord. Israël le refuse. Il ne s’est pas soumis à Oslo.

TS- c’est l’autre côté qui doit se déplacer d’abord.

KM - Bien sûr

TS- l’autre côté doit se déplacer d’abord. Vous pensez que c’est la bonne négociation ? Vous pensez que cela va produire quelques résultats ? Vous savez très bien que cela ne va pas produire un quel coque résultat. Vous n’offrez rien en retour. Vous cherchez le retrait, mais vous n’offrez rien en retour.

KM : Nous avons offert des initiatives positives. Nous avons proposé une initiative de mettre de côté les civils. Nous avons proposé qu’Israël se retire aux frontières de 1967 et ensuite il y aurait une possibilité de trêve entre nous et Israël. Nous avons offert plusieurs initiatives, mais Israël qui est plus fort militairement et est renforcé par l’Amérique et dont le monde refuse les crimes, refuse de se retirer. Il refuse de reconnaître les droits palestiniens.

TS- M. Meshaal, le rapport est différent. Le rapport est différent. Vous avez combattu chaque tentative à la paix. Vous avez combattu Oslo, vous étiez contre Madrid, vous avez même condamné l’accord de Genève, vous étiez contre le document Mitchell, le document de Tenet, votre organisation a été contre chaque tentative de paix.

KM : parce que ces initiatives ne mènent pas à la conciliation et la preuve est le fait présent. Qu’est-ce qu’Oslo a fait ? A-t-il réalisé la paix ? Vous dites les frontières de 67. Tous ces accords que vous avez mentionnés n’ont pas apporté de paix. Au contraire ils légitiment l’occupation et lui donnent une chance pour l’expansion. Les implantations ont grandi sous Oslo

TS- Vous recherchez une obligation de la communauté internationale mais vous ne donnez pas d’obligations du tout. Vous faites toujours régner une charte de la destruction d’Israël. Votre charte dit, la Palestine en cela est l’intégralité seule est une dotation Islamique .An (INAUDIBLE). Où est la place pour Israël ?

KM : je veux vous poser une question. Arafat vous l’a donné clair et a répété les obligations et qu’avez-vous fait avec lui ? Avez-vous respecté ses obligations ?

TS- Pourquoi levez-vous la question d’Arafat ? Vous ne vous souciez pas d’Arafat du tout. En 2002 vous avez dit « si nous recherchons la réforme, laissons le commencer avec la direction ». La plupart des dirigeants dans l’Autorité Palestinienne doivent être changés. Quel est l’intérêt d’avoir l’Autorité Palestinienne si elle est incapable de défendre son peuple". Vous ne recherchez pas plus l’Autorité Palestinienne qu’Israël. Vous êtes sur le même côté il n’y a pas que vous ?

KM : Au contraire il n’y a aucun problème entre nous et l’Autorité Palestinienne. Nous sommes différents politiquement, mais nous sommes en négociations et menons des pourparlers.

TS-Il y a des problèmes énormes entre vous et l’Autorité Palestinienne. Problèmes énormes.

KM : le problème le plus grand est, entre nous et Israël.

TS- Ainsi pourquoi avez-vous dit cela ? Pourquoi dit-on qu’en 2002, vous vouliez les sortir ?

KM : Non pas du tout. Ce n’est pas vrai. Nous n’avons pas été d’accord..

TS-Vous l’a dit. Dans le journal Daily Star à Beyrouth en Mai 2002 « Ce qui est l’intérêt d’avoir l’Autorité Palestinienne si elle est incapable de défendre son peuple ».

KM - Oui nous ayons critiqué la corruption de l’Autorité et sa reddition des droits palestiniens mais nous n’appelons pas à une lutte avec l’Autorité. Nous appelons aux réformes et nous demandons d’avoir de la précision palestinienne à tous les niveaux et un attachement au droit palestinien.

TS- faisons face, c’est juste une lutte de pouvoir entre vous et l’Autorité Palestinienne. Vous cherchez à les pousser à l’écart n’est-ce pas ? Ils vous ont offert une place dans le gouvernement, vous les avez rejetés. Ils vous ont offert la main de la coopération, vous l’avez rejeté. Vous ne recherchez plus l’Autorité Palestinienne, ce font que les Israéliens.

KM : Non, ne nous mettez pas sur le même côté que les Israéliens. L’Autorité Palestinienne se trompait quand elle a négocié sur les droits palestiniens et quand elle a fait des erreurs et a été frappée par la corruption. Nous avons résisté à cela parce que c’était contre l’intérêt des Palestiniens.

TS- Donc vous les condamnez ? Vous les condamnez et ensuite vous êtes préparés pour faire un accord avec eux en même temps ? Les deux ne vont pas ensemble.

KM : Pour leur dire qu’ils se trompent, qu’on n’a pas l’intention d’être en lutte avec eux, j’espère que vous comprenez cela. Nous pourrions n’être pas d’accord avec eux sur le point de vue politique ou le programme mais cela ne signifie pas la lutte.

TS- Dalal Salama, un membre du Conseil Législatif palestinien, le membre du comité du Fatah de la Rive Occidentale, a dit le 7 janvier, "les différences aujourd’hui entre l’Autorité Palestinienne et le Hamas sont plus profondes qu’il parait. Et ne touchant pas juste à des questions de Palestiniens/Israéliens mais aussi au caractère de processus décisionnel palestinien. Différences profondes.

KM : Oui nous sommes différents politiquement mais nous sommes d’accord sur beaucoup d’autres questions. Nous avons été d’accord avec l’intifada. Nous avons été d’accord avec la résistance. Vous voyez avec les brigades d’Al-Aqsa du Hamas, des factions du Jihad et d’autres, nous sommes d’accord sur plusieurs questions. Nous convenons du droit palestinien, mais ne sommes pas d’accord sur les interprétations et sur quelques programmes politiques. C’est très naturel.

TS- la preuve de votre empressement à vous unir avec les Palestiniens est un fait, vous refusez de servir dans le cabinet de Yasser Arafat. C’est la preuve de votre intention n’est-ce pas ? Ceux-là sont vos intentions réelles.

KM : la voie n’est pas de rejoindre un cabinet ou Yasser Arafat. Nous avons proposé aux frères à l’Autorité et au mouvement Fatah de participer au processus décisionnel, nous sommes une des personnes, des factions communes dans l’intifada et dans la résistance et c’est notre droit de participer au processus décisionnel. C’est la démocratie que vous recherchez en Europe et en Amérique.

TS- si vous avez cru en la démocratie, si vous vous-même aviez cru en démocratie, pourquoi obtenez-vous votre argent de pays, allez de pays qui n’ont aucune démocratie du tout pour vous financer ? Comme l’Arabie Saoudite, comme l’Iran, comme la Syrie, pas un iota de démocratie. Que vous souciez-vous de la démocratie si vous allez avec ces pays ?

KM : D’abord nous pratiquons la démocratie et les consultations à l’intérieur du Hamas pour nous. La seconde nous ne prenons pas d’argent des pays. Nous prenons de l’argent des peuples. Et les peuples sont ceux qui élisent et donnent à la décision, la légitimité et nous donnent de l’argent aussi.

TS- cinq millions de dollars de l’Arabie Saoudite.

KM : Donnez-moi la preuve. Avez-vous une preuve ?

TS- vous le niez ? Le niez-vous ?

KM : je ne nie rien de ce qui n’existe pas.

TS-Vous avez été invité du Roi Fahd à Riyadh il y a deux ans. Le roi Fahd vous a personnellement accueillis dans Riyadh il y a deux ans.

KM : Nous visitons les pays arabes et nous rencontrons les dirigeants arabes parce qu’ils croient à la ligne du Hamas et au mouvement de résistance et la position par le droit palestinien. Mais cela ne signifie pas que nous avons pris de l’argent.

TS - les Etats-Unis ont besoin que vous dénonceiez la violence autrement ils ne peuvent pas vous aider. Ils ne vont pas vous aider.

KM : la résistance palestinienne n’est le terrorisme ni la violence et donc nous ne pouvons pas renier nos droits.

TS-Vous êtes le seul avez cette vue M. Meshaal. Vous êtes les seul qui pense cela.

KM : pensez-vous que je suis le seul ? En ce qui concerne ces gens qui résistent à l’occupation et condamne Israël et l’Amérique ? Savez-vous que 43 % des Américains considèrent que les Etats-Unis sont le danger le plus grand pour la paix du monde ? Il y a un terrorisme international mené par les Etats-Unis et Israël.

TS- Beaucoup de gens peuvent critiquer Israël mais ils ne vous soutiennent pas. Juste parce qu’ils critiquent Israël ne signifie pas qu’ils vous soutiennent.

KM : c’est assez pour moi que les peuples arabes et Islamiques nous soutiennent et se tiennent avec nous et tous les gens libres du monde sont avec nous et une partie de la position officielle internationale qui soutient Israël et fermé les yeux sur ses crimes est une partie de l’hypocrisie de cette phase. Je vous dis qu’Israël sera un fardeau pour vous en Europe et un fardeau de même pour les Etats-Unis.

TS- Vous accusez l’Ouest de contradictions, mais regardez vos contradictions. Vous dites que vous recherchez la démocratie dans la région, donc il est dans vos intérêts que l’Amérique doit réussir en Irak parce que si l’Irak est démocratique, donc c’est vraisemblablement ce que vous recherchez ainsi pourquoi vous avez Abdul Aziz Rantissi, votre représentant dans la Bande de Gaza, appelant à la création de cellules de martyr en Irak pour que plus de personnes puissent se faire sauter et saboter le processus démocratique. Pourquoi ?

KM : laissez le Docteur Abdul Aziz Rantissi et ayez les yeux sur les Irakiens. Les Irakiens ont-ils accepté la démocratie des Etats-Unis ?

TS - je vous demande pourquoi Hamas ne soutient pas le processus démocratique en Irak. C’est ce que je vous demande. M. Meshaal, vous savez parfaitement bien que c’est la première chance pour la démocratie que les Irakiens ont eu depuis des décennies. Ils n’avaient aucune chance du tout quand Saddam Hussein était le chef. C’est leur première chance. Pourquoi vous ne faites pas tout ce que vous pouvez pour les aider au lieu du sabotage ?

KM : ce que les États-Unis font en Irak n’est pas la démocratie. C’est une occupation et il y a des meurtres maintenant.

TS- vous parlez pour les Irakiens ?

KM : Ce qui se passe en Irak n’est pas notre affaire. Nous ne participons pas à son échec ou son succès. Mais ce qu’arrive en Irak n’est pas la démocratie et la preuve, vous devez aller chez les irakiens et faire une enquête. Acceptent-ils l’occupation des États-Unis ? Croient-ils en les États-Unis et la démocratie feinte ? Ils ne le font pas. Les Irakiens n’ont pas confiance dans les promesses des États-Unis et n’ont pas confiance en sa démocratie. Nous, comme Arabes et Musulmans, avons une longue histoire dans la démocratie.

TS-vous parlez pour les Irakiens ?

KM : je ne parle pas en leur nom. Je dis juste que si vous allez chez les Irakiens et leur demandez. Vous entendrez la vraie position irakienne.

TS- Et si cela réussit. Si la démocratie réussit en Irak, ferez-vous des excuses ?

KM : j’espère que la démocratie réussira. Mais je vous dis qu’aucune démocratie ne réussira avec les blindés des États-Unis. La démocratie réussit quand...

TS- la voix de destin du Hamas ? La voix du destin ? Vous n’avez fait rien de mieux que d’offrir cela ? Non pas plus d’encouragement que : « Cela ne va pas réussir » ? Vous recherchez l’échec, n’est-ce pas ? Vous recherchez que cela échoue parce que les Américains y sont impliqués. C’est pourquoi vous recherchez que cela échoue.

KM : cherchez-vous à me dire que le problème en Irak est causé par le mouvement Hamas ? Le problème en Irak est beaucoup plus complexe.

TS- les Israéliens vont se retirer de la Bande de Gaza. Ils disent qu’ils vont se retirer. Allez-vous permettre à cela d’arriver pacifiquement ? Allez-vous travailler en coopération avec l’Autorité Palestinienne ou faire des ennuis dans la Bande de Gaza ?

KM : Quand Sharon a déclaré qu’il se retirera de la Bande de Gaza, qui a intensifié la violence ? Nous ou lui ? Qui a tué le Scheik Ahmed Yassin ? Quand les hélicoptères Apache ont-ils assassiné le Scheik Yassin ? Ce n’était pas après, que Sharon a promis de se retirer de la Bande de Gaza ?

TS- vous travaillerez avec l’Autorité Palestinienne ? Coopérerez-vous avec l’Autorité Palestinienne ?

KM : Oui nous coopérerons avec l’Autorité, avec le Fatah et toutes les factions. Nous avons convenu d’un titre très clair. Nous sommes des partenaires dans le processus décisionnel et des associés dans la direction de la Bande de Gaza après le retrait israélien

TS- Et quand l’Autorité Palestinienne condamnera les attentats-suicide, vous vous détournerez juste ? Vous ne les écouterez pas. Vous n’allez pas leur obéir n’est-ce pas ?

KM : ne vous immiscez pas dans nos questions palestiniennes internes, nous pouvons être d’accord. Le problème n’est pas entre nous comme Palestiniens. Ce n’est pas entre le Hamas et le Fatah ou le Hamas et Arafat. Le problème est entre nous et Israël. Arrêtez l’agression israélienne ; obligez Israël à se retirer de notre terre

TS- Votre problème M. Meshaal est que si l’Autorité Palestinienne vous dit d’arrêter les attentats-suicide mais vous ne le ferez pas. Ce n’est pas un problème interne. Cela appartient au reste du monde.

KM : je vous dis quand l’Autorité demande au Hamas ou une autre faction ou aux brigades d’al-Aqsa d’arrêter, il sait que le problème n’est pas e ce côté là, le problème est avec Sharon. Nous avons arrêté plusieurs fois. Nous avons présenté plus d’une trêve

TS- Vous évitez la question.

KM : je ne l’évite pas. Je vous réponds. Je dis que le problème n’est pas avec nous. Nous avons présenté plus d’une trêve. L’année dernière au Caire nous avons déclaré une trêve qui a duré pendant 50 jours, qui l’a détruit ? Sharon.

TS- Comment peut-on croire une organisation qui a toujours une charte qui est consacrée à la destruction d’Israël ? Quand y renoncerez-vous, quand vous débarrasserez-vous de cette charte, peut-être pouvez-vous donner quelques signes de confiance. Pourquoi doivent-ils faire un accord avec quelqu’un qui est consacré à leur destruction sur le papier ?

KM : s’ils n’ont pas confiance en nous comment me demandez-vous d’avoir confiance en eux ? Ils occupent ma terre et tuent mes enfants et détruisent des maisons et volent des terres. Ils pratiquent des meurtres et l’assassinat quotidien. Alors Arafat leur a donné de telles déclarations et positions et malgré cela ils ne se sont pas arrêtés. Arafat n’a pas pris ces positions ? Et malgrécela, cet Arafat n’a pas leur confiance.

TS- répondez-moi juste à une question. Israël a-t-il le droit d’exister en paix ? Reconnaissez-vous le droit d’Israël à exister en paix ?

KM : Nous considérons la Palestine comme notre terre et c’est notre droit naturel et l’occupation doit finir. L’occupation ne peut pas être divisée.

TS- Répondez à la question, oui ou non, Israël a-t-il le droit d’exister ? C’est une question très simple.

KM : je dis que nous avons le droit à notre terre et nous avons le droit d’être libéré de l’occupation. N’importe quelle occupation même si le temps ne la fait pas devenir légitime.

TS- Donc la réponse est non. Israël n’a pas le droit d’exister. C’est ce que vous me dites.

KM : l’occupation ne devient pas légitime même après une longue période de temps. Vous parlez d’une paix juste et complète. Le Palestinien qui a été forcé de quitter sa terre à Haïfa et à Jafa, s’il ne retourne pas à sa terre, comment vous lui dites que c’est juste ? Pourquoi persévérez-vous dans vos droits en Europe et dans le monde entier tandis que vous nous demandez de baisser les nôtres ?

TS- Donc Israël n’a pas le droit d’exister. Clarifions juste cela une fois pour toutes. Vous dites qu’Israël n’a pas le droit d’exister. ?

TS- Donc vous n’allez pas répondre à ma question. Clarifions juste que pour les téléspectateurs, vous n’allez pas répondu à ma question parce que c’est trop difficile.

KM : ce n’est pas difficile. J’ai répondu dans l’esprit de la situation. L’occupation doit finir indépendamment de la durée. Donc, c’est notre droit de s’accrocher à notre terre.

TS-Comment quelqu’un peut-être en pourparlers avec des gens qui ne donneront pas une réponse juste à une question juste ? Comment ?

KM : vous n’avez pas compris ma réponse ?

TS- je ne pense pas que le reste du monde comprendra.

KM : les peuples le comprendront. Je vous pose une question. Avant 1948 qu’est-ce qui se trouvait par hasard sur la terre de la Palestine ? Il y avait un peuple vivant paisiblement sur sa terre.

TS- M. Meshaal, vous cherchez à retourner en arrière quand le reste du monde cherche à avancer. Vous allez toujours en arrière.

KM : je dis la vérité, si vous recherchez traiter avec une situation présente vous devez compter sur ses racines.

TS- M. Meshaal, vous êtes venus de la Syrie pour faire cette interview ici à Beyrouth et beaucoup de gens pouvaient s’attendre à ce que vous ayiez quelque chose de nouveau à offrir. Quelque chose, sauf tout de même, ce vieux cycle de violence. Avez-vous vraiment, rien de nouveau à offrir à ce processus ?

KM : je récapitulerai très clairement la position du Hamas. D’abord pour la faire adopter en Europe et obliger l’Amérique à le faire ainsi. Il consiste en mettre de côté les civils dans la lutte. Si vous aviez pitié du cercle de meurtres en Palestine occupée obligez Israël à accepter de mettre de côté les civils dans la lutte des deux côtés.

TS- mettez de côté les civils comme un premier pas.

KM : je dis que vous nous faites arrêter le carnage des deux côtés. Laissez-nous mettre les civils de côté dans la lutte et mettez-les juste entre la résistance du côté palestinien et les forces israéliennes et les habitants des implantations. Vous refusez cela. Quand vous refusez notre initiative de mettre de côté les civils, vous permettez de continuer le carnage. Pourquoi recherchez-vous faire pression juste sur nous et vous ne pouvez pas faire pression sur Israël ?

TS- Et le deuxième pas ?

KM : Après, si Israël est convaincu et voit la nécessité de se retirer des territoires occupées, donc c’est un bon pas et ensuite je penser que la violence et les meurtres dans la région s’arrêteront même pour un temps, viendront ensuite les générations qui continueront avec leur propre vision. Mais faites-nous au moins faire un premier pas. Faites-nous arrêter la lutte entre les civils, faites qu’Israël se retire d’abord alors dites aux Palestiniensn, nous vous donnons un état.

TS- Khaled Meshaal. Remerciements pour avoir été sur le programme.


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Ce Colloque des Intellectuels Juifs de Langue Française a pour thème, ’la montée des violences’. Ce thème aura toujours accompagné l’histoire de l’humanité. Violences politique, religieuse, sociale, économique, voire même discursive, les humains n’auront cessé de se faire violence, et ce même lorsqu’ils prétendaient l’éradiquer en cherchant à dispenser le bien. Cette relance du Colloque des Intellectuels Juifs de Langue Française apporte une attention toute particulière à ce qu’il convient de nommer une résurgence de la violence affectant aujourd’hui les communautés juives de France et d’Europe.


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