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Trois questions sur l’avenir d’Israël

La chronique d’Alexandre Adler dans le Figaro

jeudi 12 janvier 2006
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La disparition brutale, au moins sur le plan politique, du premier ministre d’Israël, Ariel Sharon, pose une série de problèmes assez mal définis. Nous voudrions ici répondre à trois questions qui demandent des réponses claires.

Premièrement, l’effacement de Sharon rend-il son projet caduc sur le plan intérieur ?

Nous répondrons non, sans aucune restriction. Outre les sondages récents, qui ne montrent aucun fléchissement en faveur de la nouvelle coalition centriste Kadima, il y avait d’ores et déjà un élément fondamental qui permettait de prévoir cette stabilité : en Israël, comme dans de nombreuses démocraties occidentales, l’identité idéologique des partis du XXe siècle a vécu. Cela fait déjà des années qu’existe dans les sondages et dans les comportements quotidiens une convergence très forte entre le centre droit et le centre gauche.

Les 75% d’Israéliens qui approuvaient le retrait unilatéral de Gaza comprennent au moins un tiers d’électeurs issus du Likoud. Le caractère dramatique des nouvelles élections législatives, qui procèdent de l’éclatement du grand parti de la droite entre partisans et adversaires de Sharon, n’a fait que cristalliser une évolution largement engagée avec les législatives de 2001, lorsque Sharon vainqueur, loin d’écraser le Parti travailliste, lui rendit aussitôt une place importante dans un gouvernement d’union nationale qui assura tout au long de la crise la défense d’Israël face à l’intifada des mosquées.

Ce regroupement politique que, certes, Sharon (et tout de même aussi Pérès) était seul à pouvoir garantir n’a à présent plus besoin de ses pères fondateurs. Il s’agit en fait d’un processus de longue durée qui est en train d’aboutir. Par ailleurs, la crédibilité de ce nouveau rassemblement repose sur sa capacité à débaucher une fraction très significative de la droite : c’est la raison pour laquelle le vice-président du gouvernement, Ehud Olmert, est le mieux à même de conduire Kadima à la victoire. Le départ de Sharon signifie aussi l’effacement progressif de son partenaire Shimon Pérès, et l’avènement d’une nouvelle classe dirigeante formée de quinquagénaires qui ont surtout connu des gouvernements d’alternance et souhaitent redonner à l’Etat une continuité dans l’action et un volontarisme dans les perspectives qui s’étaient peu à peu défaits au rythme d’une instabilité politique que rien ne justifiait vraiment.

Deuxièmement, le projet d’évacuation des implantations juives en Cisjordanie est-il, dans ces conditions, susceptible d’aboutir ?

A notre avis, oui également, non pas tant parce qu’il y aurait consensus facile, mais bien plutôt parce que cette évacuation souhaitée prendra très vite la forme d’une sorte de campagne militaire manoeuvrée. Il est en effet exclu qu’existe aujourd’hui une direction palestinienne, la plus modérée soit-elle, qui soit en mesure de négocier un accord de compromis avec Israël. Exposer des hommes, aussi modérés et équitables soient-ils dans le camp palestinien, tels Abou Mazen ou Shari Noussaeïbeh, aboutirait seulement à les isoler et à les discréditer.

C’est la raison pour laquelle Israël ne devra plus, à l’opposé de ce qui s’était passé à Camp David en 2001, négocier sa nouvelle frontière. Ici, les manifestations du camp du refus palestinien et les pressions d’une communauté internationale toujours majoritairement ralliée à la cause arabe resteront dominantes. Il est également hors de question qu’un référendum quelconque soit organisé pour autoriser l’évacuation d’environ 80% des implantations en Cisjordanie. Le gouvernement devra donc agir seul et sera exposé du côté de la droite extrême juive comme du côté palestinien à des pressions qui déboucheront probablement sur des violences. C’est dans un tel climat de dramatisation que précisément la nouvelle coalition de centre gauche pourra faire la preuve de sa validité. Une négociation prolongée avec le monde arabe ou une procrastination indéfinie avec le lobby des colons ne pourraient aboutir qu’à une explosion du centre politique israélien. C’est parce que le centrisme est en Israël une prise de risque raisonnable qu’il a des chances d’aboutir à une solution, au moins provisoire. Si, en effet, les Palestiniens se retrouvent, sans avoir eu à y souscrire, à la tête d’un territoire homogène et viable, comprenant, comme Olmert l’avait peu ou prou annoncé, les quartiers est de Jérusalem, le pragmatisme constructif aura ses chances surtout si le gouvernement israélien accepte d’affronter ses colons.

Troisième question, Olmert peut-il faire la paix ?

Assurément non. La paix sera différée tant que le Moyen-Orient n’aura pas trouvé son assise, et celle-ci suppose au moins trois évolutions parallèles : la stabilisation de l’Irak, la victoire de Bachar Assad et de ses amis pragmatiques sur l’aile dure du régime en Syrie, la marginalisation, en fait l’élimination, d’Ahmadinejad en Iran. Ces objectifs peuvent être tous les trois atteints. C’est en ce sens que la stratégie de Sharon de retrait unilatéral peut s’inscrire dans la recherche tâtonnante d’une coalition du progrès régionale permettant la pacification progressive de chaque pays l’un après l’autre, et la marginalisation dans chacun des cas des forces islamistes extrêmes. Mais ce n’est qu’après ce processus qu’un règlement définitif pourrait être envisagé, inscrivant le nouveau territoire palestinien indépendant dans une architecture plus vaste. D’ici là, Israël est condamné à agir avec une détermination sans égale et des perspectives incertaines.


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