Depuis Septembre 2000, DESINFOS.com est libre d’accès et gratuit pour vous donner une véritable information indépendante sur Israël
Personnalisé
Inscription gratuite à la Newsletter - cliquer ici
-
Accueil > Les textes > La solution finale iranienne

La solution finale iranienne

par Daniel Pipes - New York Sun - Adaptation française : Alain Jean-Mairet

vendredi 4 novembre 2005
- Lire la version pour téléphone mobile (iPhone, smartphone, etc.) -


Partager  | Autres liens

« La position de l’Iran sur ce phénomène fâcheux (Israël) a toujours été très claire. Nous avons répété à maintes reprises que la tumeur maligne qu’est cet État doit disparaître de la région. »

Non, ce ne sont pas les paroles prononcées la semaine dernière par le président iranien Mahmoud Ahmadinejad. C'est une déclaration émise en décembre 2000 par Ali Khamenei, le guide suprême de la République islamique d'Iran.

C'est dire que l'exhortation d'Ahmadinejad à la destruction d'Israël n'avait rien de nouveau, mais s'inscrivait dans les habitudes bien rodées de la rhétorique et de l'ambition du régime, à qui le cri de «Mort à Israël» sert de mot d'ordre depuis plus d'un quart de siècle. Ainsi, dans son appel du 26 octobre à une guerre génocidaire contre Israël, Ahmadinejad cita l'ayatollah Khomeini, le fondateur de la République islamique, qui déclara, des décennies plus tôt: «Le régime occupant Jérusalem doit être éliminé des pages de l'histoire.» Un projet ignoble qu'Ahmadinejad juge «très sage».

En décembre 2001, Ali Akbar Hashemi Rafsanjani, un ex-président iranien qui conserve une grande influence politique, posa les bases de la réflexion sur un échange de tirs nucléaires avec Israël: «Si un jour le monde islamique est équipé des armes dont dispose Israël, la stratégie de colonialisme se trouvera dans l'impasse, car l'utilisation de l'arme atomique détruirait tout en Israël, alors qu'elle ne produirait que des dégâts mineurs dans le monde musulman.»

Dans le même esprit, un missile balistique Shahab-3 (capable d'atteindre Israël) défilant dans une parade officielle le mois passé à Téhéran, était affublé du slogan «Israël doit être rayé de la carte».

Les menaces de Khameney et Rafsanjani ne suscitèrent guère que des bâillements, mais la déclaration dAhmadinejad provoqua un tollé.

Le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, se dit «consterné»; le Conseil de sécurité des Nations unies émit une réprobation unanime; et l'Union européenne la condamna «avec la plus grande fermeté». Le premier ministre canadien Paul Martin l'estima «inadmissible»; le premier ministre britannique Tony Blair parla de «révulsion»; et le ministre français des affaires étrangères Philippe Douste-Blazy, annonça que «Pour la France, le droit d'Israël à exister ne saurait être contesté». Le Monde trouva dans ce discours un «sujet d'alarme sérieuse»; Die Welt le qualifia de «terrorisme verbal»; et l'un des titres du Sun londonien désigna Ahmadinejad comme «l'homme le plus malfaisant du monde».

Les gouvernements de Turquie, de Russie et de Chine, entre autres, condamnèrent explicitement la déclaration. Maryam Rajavi, du Conseil national de la résistance iranienne, demanda que l'Union européenne débarrasse la région de «l'hydre du terrorisme et du fondamentalisme» régnant à Téhéran. Même l'Autorité palestinienne, par la voix de Saeb Erekat, prit position contre Ahmadinejad: «Les Palestiniens reconnaissent à Israël le droit d'exister et je rejette ses commentaires.» Le quotidien cairote Al-Ahram présenta cette déclaration comme étant «fanatique» et potentiellement désastreuse pour les Arabes.

Les Iraniens se montrèrent surpris et méfiants. Pourquoi, demandèrent certains, la simple répétition de principes politiques déjà anciens déclenche-t-elle soudain une avalanche de réactions étrangères scandalisées?

Dans un esprit constructif, je peux leur offrir quatre éléments d'explication. Premièrement, la personnalité virulente d'Ahmadinejad renforce la crédibilité de ses menaces contre Israël. Deuxièmement, il répéta et développa ses menaces de manière provocatrice, plusieurs jours d'affilée. Troisièmement, il ajouta une note plus agressive à la formulation habituelle, avertissant les Musulmans qui reconnaissent Israël qu'ils «brûleront au feu de la fureur de la Oumma (nation) islamique».

Ceci vise directement les palestiniens et plusieurs États arabes, mais plus particulièrement le Pakistan voisin. Un mois à peine avant le discours d'Ahmadinejad, le président pakistanais, Pervez Musharraf, déclara qu'«Israël est en droit d'aspirer à la sécurité». Il considérait l'ouverture en Israël d'ambassades de pays tels que le Pakistan comme «un signe de paix». Ahmadinejad souhaitait peut-être signaler son intention de faire obstacle aux relations du Pakistan avec Israël.

Enfin, les Israéliens estiment que les Iraniens pourraient être en mesure de construire une bombe atomique en l'espace de six mois. Ahmadinejad confirma implicitement ce délai rapide en déclarant que d'ici «peu de temps (…), l'élimination du régime sioniste serait simple et aisée». L'imminence d'un Iran doté d'armes nucléaires fait passer son «Mort à Israël» de l'état de slogan creux à celui de menace d'attaque nucléaire contre l'État juif, probablement dans la ligne de pensée génocidaire tracée par Rafsanjani.

Paradoxalement, la franchise d'Ahmadinejad a eu des effets positifs en rappelant au monde l'agressivité opiniâtre, l'antisémitisme primaire et le dangereux arsenal qui caractérisent son régime. Comme le relevait Tony Blair, les menaces d'Ahmadinejad obligent à se demander «quand allons-nous prendre des mesures à ce sujet?». Et Blair, plus tard, mit en garde Téhéran avec un certain sérieux en parlant de «menace pour notre sécurité mondiale». Son signal d'alarme doit se traduire par des actes – de toute urgence.

Nous avons été prévenus; saurons-nous agir à temps?


Version originale anglaise: Iran's Final Solution Plan


Soumettez vos réactions - Imprimer la page - {id_article}

Chaque matin recevez la Newsletter de Des Infos.com
Cliquez pour vous inscrire gratuitement

Articles associés

Pipes Daniel
Pipes considère la guerre d’Irak comme un succès - avril 2006
Un Américain peut-il faire des commentaires sur Israël ? - juillet 2008
Le Conseil des relations américano-islamiques (CAIR) vole ma propriété (intellectuelle) - juillet 2014
Israël, chouchou des Nations unies - décembre 2005
Les Arabes désavouent le Hezbollah - juillet 2006
Les islamistes en Occident et les transports publics - mars 2010
Dissuader Téhéran - mai 2006
Le bon côté d’une mauvaise affaire ! - septembre 2015
Sanctions contre l’Iran : un projet de loi inoffensif mais important - février 2015
Que les réfugiés demeurent dans leurs aires culturelles respectives - septembre 2013
Menace iranienne
Axe Iran-Syrie-Hezbollah-Palestine : Le Point de la Situation - mai 2007
Les conseillers d’Obama discutent des préparatifs de guerre contre l’Iran - novembre 2008
L’Iran s’en prend Ban Ki-moon - avril 2009
La Résistance iranienne condamne les attaques contre les représentations diplomatiques arabes - janvier 2009
Derriere le Hamas et le Hezbollah, cherchez la Syrie et l’Iran - juillet 2006
Le site d’enrichissement sera placé sous la supervision de l’AIEA - septembre 2009
La menace iranienne sur Israël : la communauté internationale face à ses responsabilités - octobre 2005
Un ancien Ministre de l’Autorité Palestinienne : le Fatah devrait s’allier avec l’Iran - août 2009
Le tic-tac de l’horloge nucléaire - juillet 2008
Ahmadinejad disparaîtra avant Israël - décembre 2006
Inscription  gratuite à la Newsletter de



Informations , services  et publicité sélectionnés gratuitement par Desinfos.com











IDC

 





Docteurinfo.com la santé par la connaissance


Avis d'utilisation |     | Accueil | Suivre la vie du site RSS 2.0 | Plan du site | Contact | Mentions légales | Espace privé |     | SPIP | squelette