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Un chroniqueur saoudien compare l’idéologie salafiste djihadiste au nazisme

MEMRI

vendredi 21 octobre 2005
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Le chroniqueur saoudien Mohammed ben Abd El-Latif Aal-Sheikh a publié dans le quotidien saoudien Al-Jazirah deux articles où il attaque l’idéologie du mouvement Al-Salafiyya Al-Jihadiyya. (1) Il affirme que l’idéologie de ce mouvement est semblable à l’idéologie nazie, voire plus nocive encore, et qu’il convient d’agir en conséquence.

Voici quelques extraits de ses articles :

A l’instar du nazisme, le salafisme djihadiste se fonde sur la haine et l’élimination physique de l’autre.

Aal Al-Sheikh a publié le premier de ces deux articles le 10 juillet 2005, suite à la libération de prison d’Abou Mohammed Al-Maqdissi, leader spirituel du mouvement djihadiste salafiste et mentor d’Abou Moussab Al-Zarkaoui : "La libération d’Abou Mohammed Al-Maqdissi et sa réarrestation consécutive par les autorités jordaniennes ont soulevé de nombreuses questions. (2) Cet homme est l’un des fondateurs du terrorisme et celui qui a donné vie, à travers ses ouvrages et ses interprétations extrémistes, à de nombreux membres du groupe aujourd’hui appelé Al-Salafiyya Al-Jihadiyya, qui dirige le terrorisme dans le monde entier. Bien qu’il prétende fonder ses justifications méthodologiques sur les dires de personnes fidèles à la Sunna et à la communauté musulmane [Ahl al-sunna waal-jamaa], il aboutit à la même conclusion que les Khawarij dans sa conception politique de l’islam.

On dit que le tribunal jordanien l’a disculpé des chefs d’accusation portés contre lui, à commencer par celui selon lequel il s’apprêtait à faire sauter des installations militaires en Jordanie. Or cette dangereuse créature terroriste s’adonnait en réalité à une activité beaucoup plus dangereuse, consistant à piéger les esprits et à exploiter l’état de frustration des jeunes musulmans afin de perpétuer la violence, le meurtre et la destruction, de planter dans les esprits l’idée du suicide et d’y inciter. Est-il moins grave de piéger les esprits que les biens ? (...) C’est la racine du problème.

On ne peut mettre fin au terrorisme qu’en mettant fin à l’idéologie qui l’infiltre dans notre société. Il ne suffit pas de trouver une solution sécuritaire, bien que cela soit incontestablement nécessaire (...) Il [Al-Maqdissi] prône le takfir [accusation d’apostasie d’autres musulmans] et le terrorisme à des fins purement politiques - en vertu d’une compréhension [personnelle des choses], d’une conviction intérieure, de projets prémédités (...) il faut traiter Al-Salafiyya Al-Jihadiyya (...) exactement comme les Européens ont traité les nazis, et nos ancêtres l’idéologie des Khawarij.

A mon avis, l’idéologie d’Al-Salafiyya Al-Jihadiyya ressemble beaucoup au nazisme en termes de causes et de raisons. De même que la dépression économique et l’état de frustration qui se sont abattus sur le monde en 1930 ont représenté l’une des causes de la propagation du nazisme meurtrier, on peut dire que le retard économique et culturel dont souffrent les pays arabes et islamiques et la frustration actuelle des musulmans sont ici aussi les causes premières de cette idéologie meurtrière [celle d’Al-Salafiyya Al-Jihadiyya]. Ces causes lui permettent de se manifester et de se trouver des disciples et des adeptes parmi les musulmans. En outre, ces deux idéologies ont en commun la haine de l’autre et l’extermination physique - ainsi que bien d’autres dénominateurs communs."

Pourquoi ne combattons-nous pas les érudits religieux, les théoriciens et les prêcheurs de terrorisme comme des criminels, des assassins et des voleurs ?

"Après la ruine, la destruction et les effusions de sang qui ont terrassé l’humanité avec le nazisme [et vu que] le nombre de victimes a atteint les dizaines de millions, le monde s’est dressé pour combattre cette idéologie meurtrière et toutes les mesures ont été prises - aux niveaux idéologique, culturel et politique - pour l’empêcher de se répandre de nouveau. La question qui se pose est pourquoi, vu la ressemblance qui existe entre ces deux idéologies, n’avons-nous pas tiré la leçon de cette expérience en combattant les fondements d’[Al-Salafiyya Al-Jihadiyya] - ses érudits religieux, ses théoriciens et ses prédicateurs, exactement comme nous le faisons les criminels, les assassins et les voleurs ?

Abou Mohammed Al-Maqdissi, par exemple, affirme dans son livre bien connu Millat Ibrahim [La religion d’Abraham, en référence à l’islam] - ouvrage qui représente une forme de manifeste pour Al-Salafiyya Al-Jihadiyya - que le concept de djihad dans l’islam doit être dirigé contre les [ennemis] de l’intérieur avant [de l’être] contre les ennemis de l’extérieur, ’vu que le danger provenant de l’entourage immédiat, de son influence, de sa corruption et de la guerre civile qu’il entraîne dépasse en gravité le danger de ce qui est lointain et non imminent (...) Ainsi, le djihad interne et le djihad [contre] le Satan ont la priorité sur le djihad contre les ennemis en général. Le prophète Mahomet n’a pas commencé [par combattre] les Perses, les Byzantins et les Juifs en fermant les yeux sur [les infidèles arabes] parmi lesquels il vivait, [mais a commencé par mener le djihad contre les infidèles arabes].’

Ainsi, le concept de djihad est devenu un concept terroriste destructeur (...) Cette idée possède une influence décisive dans le programme moderne d’Al Salafiyya Al-Jihadiyya. Dans son appel au meurtre - considéré comme djihad -, Abou Mohammed Al-Maqdissi se révèle être un criminel et un assassin. Comment peut-il être trouvé innocent ? (...)" (4)

Les dignitaires musulmans ne remplissent pas leur devoir de lutte contre le terrorisme

Dans un article du 24 juillet 2005 intitulé « Au contraire, ils sont pires que les nazis et s’égarent [encore] plus du droit chemin », Aal Al-cheikh écrit : "(...) J’ai reçu plusieurs réactions de lecteurs au précédent article. Certains disent que comparer ces gens au nazis revient à calomnier un groupe de musulmans s’étant égaré du droit chemin, ajoutant que j’aurais dû me montrer poli à leur égard, que j’aurais dû prêcher avec douceur, non durement et rudement, ce qui, comme l’écrit un des lecteurs ’ne fait que rajouter de l’huile sur le feu et approfondir le gouffre qui nous sépare’ (...)

Je suis de ceux qui croient fermement que c’est principalement à nos dignitaires religieux, à nos étudiants et à nos prédicateurs qu’incombe la guerre contre le terrorisme, d’autant plus qu’aujourd’hui, le terrorisme exploite la religion en prétextant ’Allah a dit et ’le prophète a dit’. Ainsi, après que ces [terroristes] ont souillé [l’islam] avec du sang et terni son nom par la violence, le meurtre, les explosions et la destruction, c’est en priorité aux dignitaires religieux et à toutes les personnes impliquées dans la dawa [propagation de l’islam], d’abord de défendre la religion, puis de défendre les êtres pacifiques parmi les musulmans et les autres.

La question qu’il faut courageusement se poser est la suivante : les dignitaires religieux de notre époque ont-ils accompli leur devoir, comme l’ont fait nos ancêtres en se battant contre les Khawarij ? La réponse la plus directe est : malheureusement pas ! Imaginons que le gouvernement décide d’autoriser les femmes à conduire sans les obliger, admettons, à porter le voile : quelle serait la réaction de ces dignitaires religieux et de ces étudiants ? Combien de délégations de protestation se rendraient à Riyad, en provenance de toutes les provinces ? Combien de fatwas seraient signées ? Combien d’accusations ? Combien de bruyants sermons seraient prononcés par nombre d’imams dans les mosquées ? (...) Le meurtre, la tuerie, la destruction, la violation de l’honneur des femmes commis par ces ’malades’ sont-ils des interdits moins graves aux yeux d’Allah que le fait qu’une femme conduise ou même s’abstienne de porter le voile (...) ? Pourquoi tant de douceur, de pardon et cette tendance à ’mesurer ses mots’ quand on en vient aux terroristes, alors que nous faisons preuve d’une extrême rudesse et d’une extrême dureté à l’égard des femmes, par exemple ? (...)"

Al-Jazira a le plus grand impact médiatique sur le façonnage, la propagation et le renforcement de cette tendance dangereuse

"En 1945, peu après la capitulation de l’Allemagne nazie, une conférence fut tenue à Potsdam, en Allemagne, où l’un des principaux articles [adoptés] portait sur la ’dénazification’. On attribue à cette conférence le déracinement de la culture du nazisme en Europe. [Cette conférence] a éveillé la conscience mondiale au problème du nazisme à la fin de la deuxième guerre mondiale, renforçant la révulsion à son égard et l’apparentant à un crime, non seulement en termes judiciaires et politiques, mais aussi en termes de culture, d’idéologie et surtout de médias. Ainsi, il suffit aujourd’hui en Europe d’accuser un politicien d’avoir des tendances nazies, ou d’inciter au nazisme, pour en faire une espèce de bandit. L’accord [Potsdam] a été signé par la Grande-Bretagne, l’URSS, les Etats-Unis et le Chine - les grandes puissances mondiales de l’époque.

Pourquoi ne tirerions-nous pas la leçon de l’expérience [de Potsdam], qui a très largement contribué à déraciner le nazisme dans le monde ? (...) Imaginez que l’on traite les déclarations d’Al-Salafiyya Al-Jihadiyya (...) comme l’Occident a traité le nazisme. Est-ce qu’une chaîne télévisée, comme par exemple Al-Jazira, oserait propager cette idéologie et se référer aux déclarations de ses leaders et prédicateurs en parlant d’ ’idées’ et d’ ’idées adverses’ (5), et en invoquant la liberté d’expression ? Chacun sait que cette chaîne en particulier a eu un impact extrêmement important sur le façonnage, la propagation et le renforcement de cette dangereuse tendance, lui accordant de nombreuses occasions d’évoquer ses ’actes d’héroïsme’, de faire des déclarations et des opérations filmées, à tel point qu’Al-Jazira est devenue la première tribune [d’Al-Salafiyya Al-Jihadiyya], comme on peut aujourd’hui le constater en Irak.

C’est pourquoi je continue de croire que l’une des principales missions de la communauté internationale aujourd’hui consiste à agir comme elle l’a fait avec le nazisme et à traiter cette dangereuse culture barbare exactement de la même manière. Autrement, le futur proche pourrait amener plusieurs [événements] dont les conséquences seront bien plus graves pour toute l’humanité que [les conséquences] de la deuxième guerre mondiale." (6)

(1) « Al-Salafiyya Al-Jihadiyya » est une expression employée par les groupes terroristes islamistes qui se décrivent comme suivant la voie des premiers croyants de la génération du Prophète Mahomet et comme croyant au devoir de mener le djihad moderne contre les infidèles.
(2) Abou Mohammed Al-Maqdissi est le surnom d’Issam Mohammed Taher Al-Barqawi, Palestinien de la région de Naplouse
(3) Les Khawarij formaient un groupe s’étant séparé des forces du Calife Ali Ben Ali Talib, premier groupe d’opposition de l’islam
(4) Al-Jazira (Arabie Saoudite), le 10 juillet þ2005
(5) « Idée, idée adverse » (« Al-raay waal-raay al-akhar ») est une devise de la chaîne Al-Jazira
(6) Al-Jazirah (Arabie Saoudite), le 24 juillet 2005


http://memri.org/bin/french/latestnews.cgi?ID=SD100705

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Ce Colloque des Intellectuels Juifs de Langue Française a pour thème, ’la montée des violences’. Ce thème aura toujours accompagné l’histoire de l’humanité. Violences politique, religieuse, sociale, économique, voire même discursive, les humains n’auront cessé de se faire violence, et ce même lorsqu’ils prétendaient l’éradiquer en cherchant à dispenser le bien. Cette relance du Colloque des Intellectuels Juifs de Langue Française apporte une attention toute particulière à ce qu’il convient de nommer une résurgence de la violence affectant aujourd’hui les communautés juives de France et d’Europe.


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