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Nouvelles fonctions pour le Dr. Richard Prasquier à la tête d’un Keren Hayessod France nouveau

Hélène Keller-Lind

vendredi 20 septembre 2013
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Le Dr. Richard Prasquier, Président du CRIF jusqu’en juin dernier, vient d’être élu à la présidence du Keren Hayessod France. Une présidence acceptée parce que le Keren Hayessod, décrit par son Président comme « un pont essentiel entre les Juifs de Diaspora et Israël », symbole et acteur de l’unité du peuple juif, est porteur de programmes de fond qui l’enthousiasment. Cette présidence associée à une équipe remarquable est de bonne augure alors que l’État hébreu affronte actuellement de graves turbulences régionales. Qu’évoque ici Richard Prasquier, nous livrant ses réflexions et projets immédiats.

Hélène Keller-Lind : « Nous vous avons connu comme Président du CRIF ces six dernières années, mais votre engagement communautaire et en faveur d’Israël date de bien avant. Aujourd’hui, vous venez d’être élu à la présidence du Keren Hayessod, organisme familier qui se renouvelle. Pouvez-vous nous en dire plus » ?
Richard Prasquier : « Lors de l’Assemblée générale du Keren Hayessod France du 11 septembre 2013, de nouveaux statuts ont été votés et j’ai été élu Président de cette Association. Le Keren Hayessod n’est pas une nouvelle association, très loin de là : créé à Londres en 1920 lors d’un Congrès sioniste, il a été au premier plan depuis lors pour relever tous les défis humains que devait affronter le rêve sioniste, notamment grâce à son partenariat organique avec l’Agence Juive, qui fait partie de l’histoire d’Israël. Une exposition de posters toute récente dans l’aéroport Ben Gourion rappelait aux voyageurs cet aspect historique de l’action du Keren Hayessod.


Les fonds qu’il a collectés ont servi depuis 90 ans à aider les nouveaux immigrants, à leur fournir des qualifications professionnelles, des ressources éducatives et sociales. N’oublions pas que, pour ne parler par exemple que des trois ans qui ont suivi l’indépendance d’Israël, six cents mille Juifs ont été intégrés, trois cents mille étant des survivants de la Shoah, et trois cents mille Juifs venant de pays arabes : Irak (cent vingt mille), Yemen (cinquante mille), Libye (trente mille).
Plus récemment, le Keren Hayessod a contribué à intégrer entre sept cents et huit cents mille Juifs d’URSS et de vingt-cinq à trente mille Juifs d’Ethiopie. Une délégation du Keren Hayessod en ramenait quatre cent cinquante le mois dernier, clôturant cette immigration.

Au cours de son histoire, le Keren Hayessod a répondu aux défis qui se posaient au peuple juif au moment où ils se posaient et là où ils se posaient. En donnant au Keren Hayessod, un Juif australien donne pour aider des Ethiopiens à s’intégrer en Israël, des seniors israéliens à passer leur fin de vie dans la dignité, des jeunes Français à parfaire leur éducation juive. C’est l’optique de l’unité du peuple juif qui est fondamentale pour moi.


Il me semble indispensable que les propositions d’affectation des fonds collectés soient effectuées en Israël car Israël est le centre du peuple juif. Aujourd’hui, la lutte contre la fracture sociale en Israël, problème majeur du pays, est l’action essentielle du Keren Hayessod qui y consacre une grande partie de ses ressources et y déploie son expérience et sa créativité. Il met en oeuvre des programmes pour favoriser une meilleure solidarité au sein de la société israélienne. Il essaie de faciliter l’intégration des Bédouins, l’accès à l’enseignement supérieur de jeunes issus de milieux défavorisés, de promouvoir des programmes sociaux pour les survivants de la Shoah en détresse ou pour donner leur chance à des jeunes en difficulté sociale, émotionnelle ou matérielle.
C’est parce que ces programmes m’ont enthousiasmé que j’ai accepté de participer à la création du Keren Hayessod France.

H.K-L. : Pourquoi a-t-il fallu créer une entité juridique en France alors que le Keren Hayessod est déjà présent, et connu, dans une quarantaine de pays au monde ?
R.P. : En fait, jusqu’en 1968, il existait en France un Keren Hayessod qui s’occupait de la collecte pour Israël, alors que le FSJU s’occupait de la collecte pour la communauté juive de France. A la suite de la guerre des Six jours une organisation unifiée de collecte a été organisée entre le Keren Hayessod d’Israël et le FSJU en France : c’est cet accord de partenariat qui a pris le nom de AUJF. Le Keren Hayessod n’avait alors logiquement plus lieu d’exister de façon autonome en France et s’est dissous. De fait les donateurs ne se rendaient pas toujours compte que la partie de leur don qui allait vers Israël (part qui s’est d’ailleurs beaucoup réduite ces dernières année), était statutairement adressée au Keren Hayessod. L’accord a été rompu par le FSJU. Il faut tout reconstituer. Pour moi, comme pour d’autres, la rupture de ce lien symbolique et ancien est un crève-coeur. J’espère qu’il sera rétabli au plus vite.

H.K-L. : L’intégration des réfugiés juifs en Israël que vous venez d’évoquer, est très loin de ce que fait l’UNRWA, cette agence des Nations unies créée fin 1949 pour les réfugiés palestiniens, qui, elle, ne favorise pas l’intégration de ceux dont elle s’occupe, perpétuant ainsi leur statut de réfugiés.
R.P. : En effet. L’un des premiers directeurs généraux de l’UNRWA voulait ingénument mettre en place des programmes pour faciliter l’intégration des réfugiés palestiniens dans des pays d’accueil : il a rapidement été écarté. Je pense, je ne suis pas seul, que la création de l’UNWRA, comme structure spécifique ( pour tous les autres réfugiés, c’est le HCR qui est chargé de ce travail ) pour les réfugiés palestiniens et leur descendance jusqu’à la fin des temps, a été une décision catastrophique qui a pérennisé le conflit.

H.K-L. : Cette nouvelle fonction qui est la vôtre reste dans le droit fil de votre engagement qui ne date pas d’hier...
R.P. : Depuis toujours mon implication communautaire est articulée sur le lien entre les Juifs français et Israël. J’ai été en France Président des Bonds, les obligations d’Etat d’Israël jusqu’en 1996, puis président des Amis français de Yad Vashem pendant plusieurs années. Mais avant cela, j’avais été un des membres fondateurs du Comité 40 à l’AUJF et j’ai toujours été proche du FSJU.
En soutenant le Keren Hayessod, je rappelle que les dirigeants des institutions nationales israéliennes, Keren Hayessod et/ou Agence Juive, sont au coeur de la problématique israélienne et qu’ils sont les mieux placés pour définir et organiser les programmes efficaces pour la société israélienne d’aujourd’hui dans la complexité des situations de détresse qui sont rencontrées. Nous, en France, nous aurons à sélectionner parmi les programmes qui nous seront proposés, et nous suivrons individuellement les programmes que nous aurons soutenus, mais nous savons que tous ces programmes correspondent aux besoins les plus profonds de l’Etat d’Israël.

H.K-L. : Nouveau Président, nouveaux statuts, nouvelle équipe ?
R.P. : Le Keren Hayessod France a la chance d’avoir réuni une superbe équipe de professionnels, extrêmement motivés, heureux et fiers de participer à cette aventure même s’ils savent qu’elle sera difficile. Ils vont travailler avec un groupe de volontaires remarquable dont la plupart sont des militants aguerris et tous sont des militants enthousiastes.


H.K-L. : Cela fait trois mois que vous avez quitté la présidence du CRIF après deux mandats. Ce qui est encore tout récent...
R.P. : Un nouveau Président a été élu. Je le connais bien, j’ai travaillé à ses côtés et j’ai toujours eu avec lui les meilleures relations. J’ai confiance dans sa façon de diriger le CRIF. Il est nécessaire pour moi de me tenir à distance de l’activité du CRIF au quotidien. Mais il est évident que mon attachement au CRIF ne disparaîtra pas…
Je garde évidemment de ces six années des souvenirs très forts. Le temps venu, je m’exprimerai par écrit. Pour résumer, le CRIF a été à l’épicentre d’une vague de mieux en mieux organisée de haine focalisée contre Israël. Non, le CRIF n’a pas été une ambassade d’Israël bis, mais il a acté le fait peu discutable que la détestation d’Israël (qui ne se résume pas uniquement à l’antisionisme : « Moi, qui ai toujours soutenu l’existence d’un Etat d’Israël, comment puis-je soutenir un Etat qui…. etc, etc…. ») est aujourd’hui le vecteur essentiel de la haine contre les Juifs dans notre pays.
Malgré les événements actuels dans le monde arabe et en Syrie en particulier, malgré la férocité et l’ampleur des crimes, les réactions des « bases » militantes sont minimales. Où sont les manifestations publiques de nos défenseurs des droits de l’homme contre les gazages et les assassinats du régime syrien ? Peut-être commencent-ils à hésiter entre la peste et la choléra, ce qui est peut-être le début d’une réflexion minimale, mais je suis persuadé que s’ils avaient pu impliquer Israël un tant soit peu, ils auraient été bien plus réactifs…..
Dans ce cadre quasi pavlovien, je redoute la tentation qu’auraient des dirigeants syriens en cas de menace grave sur leur pérennité de détourner leur combat pour se refaire une virginité recherchant soutien et légitimité dans le monde musulman en attaquant Israël, ce bouc émissaire si commode, eux qui décrivent déjà leurs adversaires, Frères musulmans ou salafistes compris, comme manipulés par les Sionistes. Il ne faut pas mésestimer la force de persuasion de cet aberrant discours conspirationniste et pour se convaincre de sa réalité, il est facile d’entendre en français s’exprimer sur leurs sites les militants robotisés de la haine anti-israélienne dans notre pays.
Et puis, il y a l’Iran, l’angoissant Iran….


H.K-L. : L’Iran qui vient d’élire un nouveau Président passant pour modéré pour beaucoup...
R.P.  : Les Iraniens et le guide Khamenei en particulier sont d’une grande finesse politique : ils avaient compris que les rodomontades et les imbécillités de langage d’Ahmadinedjad étaient contre-productives et conduisaient à un consensus anti-iranien. D’où le choix de Rohani : il est poli, sa barbe est bien taillée, il ne nie pas la Shoah, il souhaite une bonne année aux Juifs iraniens, et il passe donc pour modéré. Tout son passé montre qu’il ne l’est pas. L’image est souriante mais les objectifs n’ont pas changé et les risques non plus.

H.K-L. : En dehors de cette nouvelle présidence quels sont vos projets immédiats ?
R.P. : Le 23 octobre je serai au Monastère d’Abu Gosh avec l’Archevêque de Paris, le cardinal André Vingt Trois, pour inaugurer un Mémorial consacré au Cardinal Lustiger que j’ai connu dans ses dernières années. Cette initiative, que j’ai eu l’honneur de porter, traduit, dans un lieu d’une sérénité magique, l’amitié et le respect que beaucoup avaient envers cette personnalité exceptionnelle qui a marqué le dialogue judéo-catholique.
Ma nomination à la vice-présidence de la fondation pour la Mémoire de la Shoah est une marque de confiance à laquelle je suis extrêmement sensible. La FMS joue aujourd’hui un rôle très important. Ceux qui y travaillent sont, sur le plan éthique comme sur le plan technique, très conscients de leurs responsabilités. C’est une école de rigueur et d’écoute. Par ailleurs, la présence de la Shoah, que ce soit par la FMS, le Conseil international d’Auschwitz, l’association Yahad in Unum du père Desbois ou par des rencontres, des lectures et des méditations permanentes, reste en surplomb de mes réflexions quotidiennes et de toutes mes activités institutionnelles.
Pour ces dernières, je me réfère à quelques personnalités de la communauté juive française, des boussoles morales en quelque sorte, que j’ai eu le privilège de connaitre : Pierrot Kauffmann qui vient de disparaître cette semaine en était l’archétype…
Et puis il y a la vie familiale, les amis, des curiosités intellectuelles très diverses et toujours intenses et enfin la médecine, ce métier merveilleux que je continue de pratiquer. J’ai eu beaucoup de chance. Et j’ai aussi la chance avec le Keren Hayessod de participer encore au rêve israélien…


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