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Selon Rached Gannuchi, en visite au Caire, démocratie ne rime pas avec majorité mais islam rime avec modernité

Hélène Keller-Lind

jeudi 6 juin 2013
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Rached Gannuchi sait indéniablement adapter son discours à son public. Présentant dernièrement à Washington le projet de Constitution tunisien il parlait beaucoup démocratie, en phase avec islam et droits de l’homme. Passé par le Caire sur le chemin du retour il critiquait « la démocratie de la majorité », réitérant sa vision de l’islam qui serait en accord avec la modernité. Mais il se voyait interdit de parole au Congrès National Arabe qui lui reproche de ne pas avoir criminalisé les liens avec Israël dans le projet de Constitution qui, pourtant, désigne « le sionisme » comme « ennemi de l’humanité ».

A Washington : des droits de l’homme limités par « la tradition »

Reçu à Washington par l’Institut Brookings, le chef du parti islamiste Ennadha, composante majoritaire de la troïka au pouvoir en Tunisie, prononçait un discours lénifiant, affirmait que le projet de Constitution tunisienne qui sera soumis sous peu au vote garantirait la démocratie en Tunisie, ainsi que les droits de l’homme. Dans un pays où démocratie et islam coexisteraient sans la moindre contradiction selon lui.

Mais déjà, lors de la session de questions réponses qui suivit son allocution, interrogé sur le sort d’Amina – arrêtée pour s’être montrée seins nus en signe de protestation – il faisait quelque peu marche arrière en répondant : « son comportement est contraire à la tradition tunisienne et que quiconque va à l’encontre de la tradition doit s’attendre à rencontrer des problèmes »

Au Caire : « la démocratie ne peut être une démocratie de la majorité », les droits de l’homme « articulés avec les spécificités tunisiennes et arabo-musulmanes » et l’islam

En rentrant en Tunisie il est passé par Le Caire où il a été reçu, et entre autres, par le groupe Al-Ahram. Il précisait alors ce qu’il entend par démocratie. Qui, selon lui, ne peut être une simple « démocratie de la majorité », critiquant les pays qui appliquent cette interprétation. Une lecture pourtant faite par les démocraties occidentales...Il expliquait alors que « un équilibre des pouvoirs devrait être maintenu. Toute société est diverse et nous devons accepter cette diversité ou être confrontés à des conflits et au chaos ». Une interprétation du vice-Président des Frères musulmans qui a de quoi inquiéter...

Quant à l’islam, qualifié de religion d’État dans le projet, « il ne contredit pas la modernité », dit-il, à nouveau au Caire, ajoutant que « la Tunisie aspire à avoir une constitution qui peut absorber les valeurs de l’islam dans sa structure ». En effet, le projet de Constitution qui affirme que l’islam est la religion d’État, précise ce qu’elle entend par droits de l’homme, par exemple, car ceux-ci « s’articulent avec les spécificités culturelles du peuple tunisien...nos mouvements correctifs éclairés qui se rapportent aux caractéristiques de l’identité arabo-musulmane ». Le préambule contient d’ailleurs cette affirmation : « l’homme est un être honoré, en renforcement de notre affiliation culturelle et à la civilisation de la nation arabe et musulmane, à partir de l’unité nationale fondée sur la citoyenneté, la fraternité, la solidarité et la justice sociale, en agissant pour édifier l’unité maghrébine, un pas pour la réalisation l’unité arabe ». Quant au Président, il ne pourra être que musulman....

On se demande où se trouve la modernité dans ces précisions, ou dans le fait que pour l’islam la femme est loin d’être l’égale de l’homme en matière de témoignage ou d’héritage, par exemple, puisqu’elle compte pour la moitié d’un homme. Sans parler de la polygamie, interdite en Tunisie, certes, mais qui l’a été par Habib Bourguiba...


Un revers au Caire pour ne pas avoir inscrit la criminalisation des liens avec Israël dans le projet de Constitution, bien qu’il qualifie le sionisme d’ennemi de l’humanité...

Rached Gannuchi a cependant essuyé un revers au Caire où il se serait invité au Congrès National Arabe et où il n’a pu prendre la parole. Au motif, selon les médias, qu’il n’a « pas insisté pour inscrire la criminalisation de la normalisation avec Israël dans le texte de la nouvelle constitution tunisienne en cours de rédaction à l’Assemblée constituante dominé par son parti, Ennahdha ».

Ce qui n’y a effectivement pas été inscrit. Car lorsque la possibilité en avait été évoquée cela avait provoqué les protestations de mainte chancellerie. Pourtant, dans le préambule du projet on trouve ces lignes qui ne valent guère mieux : « en agissant pour édifier l’unité maghrébine, un pas pour la réalisation l’unité arabe et vers la complémentarité avec les peuples musulmans et les peuples africains et l’entraide entre les peuples du monde, pour le triomphe des victimes dans tous lieux, pour le droit des peuples de décider de leurs destins, pour les mouvements de libération justes, en premier lieu le mouvement de libération palestinien, pour lutter contre toutes les formes de discrimination et de racisme, ennemis de l’humanité, et à leur tête le sionisme  ». Haro donc, non seulement sur Israël, mais aussi sur tous les sionistes sur terre...

Passage dont on doute que ses hôtes et interlocuteurs de Washington aient eu connaissance avant de le recevoir. Et qui n’a guère suscité de critiques alors que le projet dans son ensemble est très critiqué de toutes parts en Tunisie. Au point qu’il semblerait devoir être à nouveau remanié...


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