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François Hollande, Barack Obama, John Baird, Burgas, Chypre et le Hezbollah

Hélène Keller-Lind

samedi 13 avril 2013
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La culpabilité du Hezbollah dans l’attentat de Burgas en Bulgarie ne fait plus aucun doute, notamment depuis la récente condamnation d’un membre de l’organisation terroriste chiite libanaise à Chypre. Pourtant, avec en tête une France et une Allemagne timorées, l’Union européenne ne se décide toujours pas à inscrire le « Parti de Dieu » libanais sur sa liste des organisations terroristes. Une réalité et un moyen efficace d’en freiner les dangers grâce aux incidences d’une telle inscription. De retour du Moyen-Orient, le ministre canadien John Baird, presse donc à nouveau l’UE à s’aligner avec son pays, entre autres.

Déclaration du Président de la République restée pour l’heure lettre morte

Le Président de la République avait été applaudi lors du dîner du CRIF du 20 mars 2013 lorsqu’il avait déclaré : « Les autorités bulgares ont dit qu’elles avaient les preuves de l’implication des membres du Hezbollah dans l’odieux attentat de Burgas, qui a visé des touristes israéliens, en juillet dernier. L’Europe doit être prête à en tirer toutes les conclusions » Si François Hollande a été très applaudi, c’est que son auditoire savait pertinemment que, oui, le Hezbollah est une organisation terroriste et que, oui, cette organisation qui agit le plus souvent en sous-main pour le compte du régime des mollahs de Téhéran, prend pour cible des Israéliens, des Juifs, des Occidentaux, tous également honnis – on se souvient d’une attaque meurtrière contre des troupes françaises, des troupes américaines et l’ambassade des États-Unis à Beyrouth en 1983 -. Un auditoire qui savait que le Hezbollah pratique le terrorisme depuis trois décennies avec des attentats sanglants commis un peu partout dans le monde. Ou encore que l’un de ses derniers forfaits a été perpétré sur le territoire européen en été 2012 à l’aéroport de Burgas, tuant cinq vacanciers israéliens et un chauffeur de bus bulgare et faisant nombre de blessés.

Le ventre mou des Balkans ou de dictatures dont profite le Hezbollah

L’enquête menée par les services de sécurité bulgares avec d’autres services a conclu qu’il y a de sérieuses raisons de penser que cet attentat a été l’œuvre du Hezbollah. Ce que réaffirmait encore tout récemment Tsvetan Tvetanov, l’ancien ministre de l’Intérieur de Bulgarie cité dans un article du Jerusalem Post qui détaille ce que sont les risques de voir le Hezbollah frapper dans la région des Balkans. Article qui s’appuie notamment sur un Rapport particulièrement intéressant de Chris Deliso publié le 31 mars 2013+ qui montre l’existence de risques d’attentats dans la région des Balkans « aux frontières poreuses, où règne la corruption, qui est sous-développée et a des mesures de sécurité laxistes et peut être comparée à d’autres régions du monde où l’on sait que le Hezbollah et l’Iran étendent leurs opérations ». Il pense là sans doute à l’implantation du Hezbollah en Amérique du Sud où toutes sortes de trafics, y compris de drogue, contribuent à alimenter les caisses de l’organisation terroriste.

Pour ne prendre qu’un exemple de ce qu’y fait le Hezbollah, en 2007, après une longue enquête ayant pu progresser grâce à un changement de régime localement, l’Argentine accusait officiellement « Iran et le mouvement chiite libanais Hezbollah d’être responsables d’un attentat contre une association juive, qui avait fait 85 morts et plus de 200 blessés à Buenos Aires en 1994 ...Deux ans auparavant, un autre attentat commis contre l’ambassade d’Israël avait fait 29 morts »

Une première condamnation d’un membre du Hezbollah en repérage à Chypre

Dans son rapport Chris Deliso mentionne par ailleurs la condamnation de Hossem Taleb Yaacoub à Chypre, une première dans le territoire de l’UE, et l’aveu de celui-ci. Ce membre du Hezbollah a reconnu, en effet, avoir été chargé de surveiller des cibles touristiques israéliennes dans l’île. Chris Deliso cite de nombreux experts dont le correspondant et analyste du Jerusalem Post, Benjamin Weinthal, qui estime que cette condamnation chypriote, couplée aux certitudes bulgares, devrait avoir raison des réticences européennes à appeler un chat un chat et le Hezbollah un mouvement terroriste.

D’autant que les Pays-Bas le considèrent d’ores et déjà comme tel et que la Grande-Bretagne le fait pour « sa branche armée » - ce mouvement ayant également une branche sociale mais les deux sont intimement liées-. Le Bahrein vient de désigner le Hezbollah comme parti terroriste, étant le premier pays arabe à le faire.. Pourtant l’Allemagne et la France – celle-ci en dépit des assurances données par le Président de la République, mais on peut toujours jouer sur les mots - se démarquant au motif peu crédible contre ce mouvement notoirement terroriste que les preuves ne seraient pas suffisantes...

En réalité ces deux pays, selon Benjamin Weinthal, « craignent que le faire – placer le Hezbollah sur la liste des organisations terroristes de l’Union européenne – porterait atteinte à leurs relations diplomatiques avec le Liban »...

The Israel Project cite un autre analyste, Gilles de Kerchove, qui a une vision moins diplomatique des réticences françaises et allemandes. Il estimait récemment, en effet, que la France se montrerait timorée par crainte de représailles contre ses casques bleus au Liban et que l’Allemagne craindrait les réactions des neuf cent cinquante membres ou sympathisants du Hezbollah en Allemagne...

Les dirigeants nord-américains n’ont pas ces frilosités. Le 21 mars dernier, au lendemain de la condamnation du membre du Hezbollah à Chypre, Victoria Neuland, porte-parole du Département d’État américain, déclarait : « au cours de l’année qui vient de s’écouler nous avons vu le Hezbollah s’engager dans des activités terroristes de plus en plus agressives dans le monde. En juillet 2012, tout juste deux semaines après l’arrestation de Yaacoub, nous avons pu constater l’impact mortel de l’engagement du Hezbollah dans la voie du terrorisme à Burgas, en Bulgarie. Le verdict d’aujourd’hui souligne la nécessité pour nos alliés européens – et d’autres gouvernements dans le monde- de s’attaquer à ce groupe mortel et d’envoyer un message fort : le Hezbollah ne peut plus opérer avec impunité ici ou à l’étranger ».

Le même jour, depuis Jérusalem, Barack Obama, déclarait « Chaque pays qui reconnaît la valeur de la justice doit désigner le Hezbollah pour ce qu’il est : une organisation terroriste »....

Des démocraties comme l’Australie ou la Nouvelle-Zélande et Israël désignent aussi le « Parti de Dieu » pour ce qu’il est.

Un mouvement terroriste, soutenu, armé, financé par l’Iran, et lui-même soutien d’autres groupes terroristes,

En 2006 le Département d’État américain faisait une description sans fards de ce mouvement que l’Union européenne, sous la houlette de la France et de l’Allemagne, hésitent à qualifier de terroriste. On y lisait que le Hezbollah « soutient un ensemble de groupes violemment anti-occidentaux, y compris des organisations terroristes palestiniennes. Au moyen d’approvisionnement secret en armes, explosifs, entraînement, financement et conseils et également un soutien politique visible ». Les choses ne se sont pas améliorées depuis... on l’a vu avec Burgas. De plus, le Hezbollah dispose aujourd’hui de quelque 60.000 missiles pointés sur des villes israéliennes. On connaît aussi son soutien au régime sanguinaire de Bashar al-Assad.

L’Iran soutient ouvertement le Hezbollah. Récemment encore par le biais de son agence de presse Fars News lorsque le « Parti de Dieu » vilipendait Barack Obama à l’occasion de sa visite en Israël et dans la région, l’accusant de « parler comme un employé de l’entité sioniste » et estimant que son appel à placer ce mouvement sur les listes terroristes « montre que c’est de la folie de compter sur des négociations et que le choix de la résistance est le bon »

Pour le Canada, qui exhorte l’Union européenne à le désigner comme organisation terroriste, « la dépravation du Hezbollah n’a aucune limite »

Quant au Canada, dont l’un des terroristes de Burgas serait citoyen – citoyenneté acquise alors qu’il était enfant résidant au Canada avant son retour au Liban -, il ne mâche pas ses mots à propos du Hezbollah. Ainsi Rick Roth, porte-parole de John Baird, son ministre des Affaires étrangères, déclarait le 13 février dernier : « la dépravation du Hezbollah n’a aucune limite et le Canada continuera à travailler avec ses alliés et partenaires pour s’assurer que le Hezbollah et ses commanditaires soient tenus pour responsables et que la justice prévaudra ». Il déclarait également : « nous continuons à exhorter l’Union européenne et tous nos partenaires qui ne l’ont pas encore fait d’inscrire le Hezbollah sur la liste des organisations terroristes et de poursuivre le plus largement possible les actes terroristes commis par cette organisation inhumaine ». Appel qui ne fut pas entendu par l’Union européenne...

De retour d’un voyage de quinze jours au Moyen-Orient, John Baird déclare aujourd’hui : « je pense que le moment est venu pour l’Union européenne de rejoindre le Canada en désignant le Hezbollah comme organisation terroriste. Le Canada a désigné le Hezbollah comme entité terroriste en 2002 ; les Pays-Bas et le Royaume uni ont désigné l’aile militaire du Hezbollah comme telle en 2008 ; D’autres également ont désigné le Hezbollah comme tel, y compris les États-Unis et l’Australie. Il est temps pour l’Union européenne de se tenir aux côtés de ses alliés et de désigner le Hezbollah pour ce qu’il est et de rappeler au monde que le terrorisme ne sera pas toléré ni chez eux ni à l’étranger ».

Une inscription sur une liste terroriste est un moyen efficace de freiner des activités terroristes

Inscrire le Hezbollah sur la liste des organisations terroristes n’est guère une simple mesure symbolique, aussi importante soit-elle. Cela va bien au-delà car les conséquences d’une telle inscription sont à la fois financières – impossibilité de lever des fonds dans les pays l’y ayant placé sous prétexte d’activités caritatives, impossible d’y faire fructifier des avoirs, gel ou confiscation de ses avoirs, etc. - et logistiques car tout membre de cette organisation serait aussitôt interdit de territoire.

Une entrave à la circulation des membres d’une organisation terroriste, des mesures financières punitives ne peuvent que freiner ses activités et donc protéger les victimes potentielles. S’y refuser équivaut à lui laisser le champ libre. Et donc à en être complice dans une certaine mesure...On comprend, dès lors, l’indignation que l’on sent poindre dans les exhortations du ministre des Affaires étrangères canadien John Baird ou celle du Président Barack Obama..

En dépit des déclarations de son Président, la France fait la sourde oreille

Le ministre canadien et le Président américain seront-ils entendus cette fois ? On en doute..Le 23 mars dernier, en effet, au cours d’une conférence intitulée « la France puissance d’influence : quelle politique étrangère ? » donnée par Laurent Fabius à la Sorbonne le ministre des Affaires étrangères mentionna le Hezbollah à plusieurs reprises. Par rapport au Liban. Il évoquait son rôle néfaste pour le Pays du Cèdre uniquement dans sa volonté de lier Liban et Syrie, déclarant : « Nous sommes de grands amis du Liban, le Liban est un pays admirable. Notre position est : il faut au maximum délivrer le Liban de ce qui se passe en Syrie. Alors que d’autres voudraient au contraire impliquer le Liban dans l’affaire syrienne ». Il ajoutait : « Si lui-même est entraîné dans l’affaire syrienne, cela signifie vraiment un désastre pour le Liban, avec en plus les conséquences évidemment que cela a, compte-tenu du fait que le Liban ait une frontière avec Israël avec le rôle du Hezbollah. Et pour les Français, qui constituent l’essentiel de la FINUL, à la frontière entre le Liban et Israël - nous avons là 1.000 hommes qui font un travail admirable, mais imaginez ce que cela signifie si tout à coup le gouvernement se déchire ».

Le ministre évitait soigneusement de parler de la nature terroriste du « Parti de Dieu », on le voit, même s’il fait une allusion voilée à sa potentielle dangerosité lorsqu’il évoque la frontière entre le Liban et Israël. Il prône d’ailleurs le maintien de « l’unité au Liban parce que le Liban est un pays fragile »...pas de vagues donc et pas de condamnation d’un mouvement terroriste qui compte quelque soixante élus au Parlement libanais...En attendant de nouvelles élections et après la nomination d’un nouveau Premier ministre, Tammam Salam, jugé pour l’heure acceptable par tous au Liban, étant donné qu’il est considéré comme une figure modérée et qu’il n’est pas « une personnalité jugée provocatrice par la communauté chiite » nous dit une analyste libanaise Or, qui dit communauté chiite dit Hezbollah. On notera que la France s’est félicitée de cette nomination.

Combien de temps l’Union européenne, très influencée en la matière par la position de la France, continuera-t-elle à laisser de facto le champ libre au Hezbollah sur son territoire ? Le 5 avril dernier la France ne semblait toujours pas prête à désigner le Hezbollah pour ce qu’il est, en dépit de rumeurs annonçant le contraire. Étonnant dans ce cas d’entendre un porte-parole du Quai d’Orsay parler de « notre objectif prioritaire de lutte contre le terrorisme, le fait que nous souhaitons voir toute personne coupable d’actes terroristes poursuivie, traduite en justice et condamnée »...Il est vrai qu’il tempérait ses propos d’autres considérations...ce qui s’appelle la langue de bois diplomatique


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