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La rébellion des gens bien

Par Viviane Miles © Metula News Agency

samedi 23 juillet 2005
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Colère contre les faux intellectuels (...) qui fustigent encore et toujours les juifs selon les motifs millénaires de l’antisémitisme

Le collectif Non aux racistes, créé en réaction à une initiative de Libération pour soutenir le sociologue Edgar Morin, condamné pour ses écrits antisémites dans Le Monde, a rassemblé en peu de temps un nombre impressionnant de signatures. Des personnes révoltées par l’idée insupportable d’un appel qui, d’une part, condamnait une décision juridique indiscutable sur le plan du droit et d’autre part, défendait une personnalité ostensiblement antisémite. Morin et ses supporters peuvent en effet crier à la persécution jusqu'à perdre haleine, quand on insulte une nation ou un peuple entiers sous le prétexte controuvé de critiquer les options d’un gouvernement, cela s’appelle effectivement du racisme. Et quand ce racisme s’applique spécifiquement aux juifs, c'est de l’antisémitisme. L’appel de Libé a regroupé un saisissant amalgame de signataires, représentatifs de l'éventail des bouffeurs de juifs traditionnels, des bruns niant l'existence des camps d'extermination nazis aux rouges, affairés, à grands coups d'impostures factuelles, à grimer le conflit proche oriental en guerre de décolonisation. Entre eux, des sympathisants de l'humoriste qui affirme que les juifs ont inventé le Sida, de ces inventeurs du Sida, justement, assez sots pour servir de justification à ceux qui les haïssent, de nombreux barons du cartel de la presse antisémite et schatnerienne [1] française, ainsi que des islamistophiles avérés.

L’engouement pour la liste du collectif Non aux racistes [accéder à leur site] donne à penser que de très nombreux Français non seulement ne sont pas racistes, mais qu'ils jugent important de le faire savoir. Seulement voilà, jurant avec le soutien unanime qu'ils accordent afin de protester contre la décision de salubrité publique prononcée par la cour d'appel de Versailles, aucun média national n’a daigné parler de ces personnes ni de ce collectif. Non contente d’ignorer les voix qui s’opposent à la pensée unique, la presse les stigmatise en les marginalisant. Balayés d’un revers de la main. Muselés par un gouvernement et des médias qui refusent systématiquement de donner la parole à ceux qui ne glorifient pas les courants anti-américain et anti-israélien, à ceux qui refusent de se laisser entraîner aveuglément dans le précipice de la non-pensée chiraquienne.

L’unilatéralité de la défense de Charles Enderlin dans la controverse de Netzarim illustre à souhait cette problématique : le citoyen n’a accès qu’à un son de cloches et il doit s’en contenter. Impossible, dans ces conditions de désinformation avancée, de se forger une opinion personnelle fondée. Comme l’a commenté sans ambiguïté l’un des signataires du collectif, Julien Kunian, « Unanimisme dans les médias français, calomnie, mensonges systématiques à caractère idéologique, distorsion des faits, occultation méprisante des points de vue contradictoires... » On a là une description conforme des stratégies médiatiques qui servent de base de travail aux médias français.

En consultant la liste du collectif « Non aux racistes », j'ai été impressionnée par la diversité des signataires. Ceux qui ont pris la responsabilité conséquente, dans un combat inégal, de déclarer la guerre idéologique totale aux racistes pour exprimer leur refus de cautionner l’antisémitisme sont-ils des gens peu recommandables, indignes d’être entendus ? Sincèrement, je ne le crois pas. Ni des voyous ni des racistes, encore moins des extrémistes, comme veut le faire croire une presse qui a choisi depuis longtemps le camp de la rumeur et du stigmate. Ce sont des gens de tous milieux et de toutes croyances : artistes, professeurs, chefs d’entreprise, jardiniers, institutrices, commerçants, fonctionnaires, médecins, syndicalistes, pasteurs ou rabbins. Des jeunes et des moins jeunes, des retraités. En France, mais aussi en Afrique, en Amérique et de partout en Europe. De Paris à Montréal, en passant par Genève, Ouagadougou ou Hong-Kong, ils sont multitude celles et ceux qui se sont associés à la déclaration de guerre lancée par Stéphane Juffa contre ceux qui soutiennent Morin, et au-delà de ce dernier, les racistes de tous bords. Simplement parce que, comme le dit Nicolas Ollivier, un fonctionnaire des Houches, « ne pas lutter contre eux c'est déjà sombrer dans leurs flots nauséeux ».

A lire les commentaires figurant sur le site de Non aux racistes, on se rend immédiatement compte qu'on est à mille lieues de tout langage injurieux, agressif ou sectaire et que la presque totalité des propos témoigne d’une grande retenue mais non d’un aveuglement. Les sentiments qui prévalent sont ceux de honte et de révolte. Honte du comportement d’une France « politiquement correcte » qui sacrifie son idéal de liberté-égalité-fraternité aux résurgences d’un fascisme qui cache – mais c'est son habitude – son visage derrière des intentions pseudo vertueuses. Colère contre les faux intellectuels et contre les vrais relais des islamistes, qui fustigent encore et toujours les juifs selon les motifs millénaires de l'antisémitisme. Egalement de la peine, de constater que le pays « qui a donné naissance au siècle des lumières puisse héberger aussi en son sein cette hydre monstrueuse qu'est le racisme ». Simon Pilczer se demande amèrement si « le confort de la bien-pensance n’est pas devenu le tombeau de la pensée française ».

L’un des intervenants à reprendre les conclusions de la guerre intellectuelle déclarée par Juffa, légiste, a procédé à une analyse juridique de la décision de la cour d’appel de Versailles. Il ressort de son étude qu’en justice pure, le pourvoi en cassation n’a aucune chance d’aboutir. Pour François-Régis Dupond Muzart en effet, « toute personne qui, pour des motifs tenant au fond du droit, proteste contre la décision de Versailles, s’attaque à la jurisprudence européenne… ». C’est pourtant ce que tentent de faire les initiateurs de l’appel au soutien de Morin dans Libé, maladroitement, il faut bien le dire, comme à voir le cafouillage autour de la remise à jour des signataires dudit appel, après écrémage. Mais au plan médiatique, le verdict de Versailles ne bénéficie certes pas du même capital de sympathie que d’autres décisions de justice, comme par exemple celle qui a abouti à la relaxe du trististe Dieudonné. Dans ce cas, personne ne s’est insurgé contre la sentence judiciaire ; aucun appel n’a été lancé pour s’opposer à ce jugement, car – à force de répétitions, on a fini par le comprendre ! – lorsque qu'il s'écoule dans le sens du courant unanimiste, dès lors qu’un jugement est prononcé, il est réputé sans défaut. Alors pourquoi, lorsqu’un antisémite est condamné, se trouve-t-il des bataillons et autant de généraux tout prêts à monter au créneau pour contester cette décision ?

C’est que le climat qui prévaut aujourd’hui en France – entretenu par un clan d’agitateurs de luxe qui ne s'accommode pas de la paix sociale – fait qu’on trouve toutes sortes d’excuses aux comportements des racistes et des antisémites. Lorsque l’un d’eux est pris en flagrant délit d’antisémitisme, les médias sous l'emprise de ce clan, usent de méthodes autoritaires pour censurer les thèses contradictoires. Il est ainsi facile de pervertir l’interprétation de la situation, en accusant les juifs de provoquer eux-mêmes les conditions de leurs malheurs. Cela saute aux yeux – pour peu qu'on ait appris à lire entre les lignes – lorsqu’on nous rabâche les oreilles et les yeux avec la répression de l’armée israélienne en omettant soigneusement de mentionner que ces réactions de Tsahal ne sont que la réponse obligée aux assassinats collectifs de civils israéliens ; que si leur armée ne les protégeait pas, ces citoyens de l'Etat hébreu mourraient par dizaines de milliers sous les bombes des fascistes verts, dans la plus grande indifférence de Morin et de ses amis.

Lorsque des « intellectuels » affirment sur la place publique française et sur des medias d'Etat que la coalition américano-sioniste est à l’origine de la catastrophe du 11 septembre, qu’on normalise l'assassinat d’un bébé israélien par des « activistes » au prétexte que c’est un « colon », ou qu’on invente sans hésiter des massacres israéliens pour justifier d'être raciste, on constate que dans l'atmosphère ambiante, plus c’est gros, mieux ça passe et que c'est la dictature des médias, l'inaction consentante des responsables politiques nationaux et l'amorphisme emprunté des instances représentatives de la communauté juive qui rendent possible cette ineptie conjoncturelle !

Les individus qui se sont ralliés au texte de Juffa, ne sont certes pas tous d’accord avec la politique du gouvernement israélien, mais ils ont bien compris que l’enjeu n’est pas là ; qu’ils sont abusés par la désinformation officielle ; et que l’empathie pour un peuple qui souffre et engendre aussi la souffrance n’est en aucun cas un sauf-conduit pour se dédouaner d’un antisémitisme viscéral. Ce ne sont pas eux le danger pour la République. Eux, représentent sans doute la meilleure part de la France, la plus honorable, celle qui permet de dire que la France, dans son ensemble, n’est pas antisémite, comme jadis, une brochette de partisans ont sauvé l'honneur de la France collaborationniste ou indifférente. C’est au contraire le syndrome médiatique français qui est dangereux, car un système et ses clans qui mettent en œuvre une stratégie pour faire taire ceux qui pensent autrement, est un système voué au déclin de sa société.

Reste que les résistants qui ont déclaré la guerre à ces nouveaux racistes reprenant des accusations qui n'auraient pas déplu à la justice tsariste ou à l'Inquisition, représentent des millions de citoyens de ce pays. Des résistants courageux qui signent leur rébellion de leur vrai nom, sans se réclamer d'un courant politique ou d'une religion. Dans leur quarantaine insonorisée et d'où on ne peut pas non plus les lire, ils se lèvent quand même, parce que, pour sauver une société, il faut déjà sauver sa propre âme. Et, parce que si on les laissait parler, ils seraient sans doute la majorité de la France, et que c'est cette menace qui fait toujours douter les dictateurs.

Notes :

[1] Marius Schattner, le théoricien et sémiologue principal de la diabolisation d'Israël. Employé de l'antenne de l'AFP de Jérusalem, Schattner est notamment à l'origine de la transformation du conflit israélo-arabe en guerre de décolonisation par la diffusion du concept inapproprié de colons et de colonies pour définir les implantations israéliennes et leurs habitants et ainsi pour proposer une justification de l'usage du terrorisme contre les civils israéliens. A son actif également l'imposition de l'exception israélienne, par laquelle presque tous les médias français utilisent les termes "activistes" et "militants" pour définir les terroristes palestiniens, passant outre la classification de l'Union Européenne. A noter que l'emploi de ces termes est justifié par une traduction volontairement apocryphe par les médias de mots anglais ayant la même consonance.

Le bureau de l'AFP de la capitale israélienne est également à la base du concept d'"assassinats ciblés", n'hésitant pas à affirmer que c'est le gouvernement israélien qui décide d'avoir recours à la "tactique des assassinats ciblés"; en fait, ledit gouvernement décide parfois de faire usage des "préventions ciblées" (sikoulim memoukadim) ou des "éliminations ciblées" (khissoulim memoukadim). Cette option militaire consiste à ne s'en prendre qu'aux terroristes identifiés et a pour but d'épargner la population innocente. Les seules alternatives militaires à cette option consistent en des bombardements ou des tirs sans discernement spécifique des cibles, ou encore, en abandonnant ces deux options, à laisser la population israélienne sans défense contre les membres des organisations Hamas, Jihad Islamique Palestinienne, Tanzim et FPLP, qui ont conçu, statutairement, la destruction de l'Etat d'Israël et de sa population.


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