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Palestiniens, vous avez dit Palestiniens ? Oui, mais lesquels ?

Hélène Keller-Lind

vendredi 11 janvier 2013
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Mahmoud Abbas le dit : il y a un État de Palestine. Les chancelleries le disent : Israël doit faire la paix avec les Palestiniens. Ce serait plutôt l’inverse d’ailleurs. Mais une question essentielle se pose : de quels Palestiniens parle-t-elles ? Dès lors que ces fameux Palestiniens sont très divisés, pas comme il est normal qu’une population le soit. Car cela se traduit par emprisonnements, tortures, assassinats, rivalité de groupes armés, soutenus par ou soutenant des régimes dictatoriaux opposés. Alors, de quelle paix parle-t-on avec « un peuple » incapable de parvenir à une paix interne...

L’arlésienne de la réconciliation Fatah Hamas et les Brigades des martyrs d’Al-Aqsa

Cela fait des lustres qu’on entend parler « réconciliation » entre les frères ennemis palestiniens. Une inimitié datant de l’élection du Hamas aux commandes de la Bande de Gaza datant de 2006. Avec, d’une part le Fatah, présidé par Mahmoud Abbas, également président non reconduit de l’Autorité palestinienne qu’il vient de dissoudre pour en faire « l’État de Palestine ». Un État vivant de la charité publique et au bord du gouffre financier ne produisant rien ou quasiment rien. Et d’autre part le Hamas, mouvement terroriste et qualifié comme tel par de grandes démocraties comme les États-Unis, le Canada et même l’Union européenne.

Une « réconciliation » décidée en 2011 est restée lettre morte. Même après la nouvelle rencontre des deux chefs de parti au Caire début janvier. Tout ce qu’ils sont parvenus à décider c’est de se reparler à la fin du mois.

En attendant les uns et les autres continuent à arrêter les membres de l’autre faction à Gaza, pour le Hamas, et en Judée Samarie, pour l’Autorité palestinienne / Fatah / « État de Palestine »...Évidemment cela est moins grave qu’en 2007 lorsque les uns et les autres s’entretuaient à qui mieux mieux. Mais de là à parler de « réconciliation »....

Les Brigades des martyrs d’Al-Aqsa, branche armée du Fatah, viennent d’ailleurs de lancer un appel au Hamas exigeant la libération des membres du Fatah emprisonnés dans la Bande de Gaza. Ils déclarent, notamment que condamner le dirigeant du Fatah Zaki al-Sakani à quinze ans de prison, comme cela vient d’être fait, « renforce la division » palestinienne et que si le lutte armée est juste, elle doit être menée de concert et contre Israël. L’agence de presse palestinienne Maan News rappelle que ce dirigeant du Fatah à Gaza est dûment recherché par Israël qui aurait tenté de le liquider alors qu’il tirait une roquette sur Israël. Pas un enfant de chœur, donc...mais, autre rappel, en novembre dernier Fatah et Hamas avaient promis de relâcher les détenus respectifs, ce qui n’a pas été fait...

Palestiniens frères ennemis en Syrie

Mais les scissions palestiniennes internes ne s’arrêtent guère là. On a vu, par exemple, dans la bourgade syrienne de Yarmouk près de Damas, où vivent quelque cent cinquante mille Palestiniens, descendants de « réfugiés » palestiniens bénéficiant de ce statut par la grâce de l’UNRWA, agence onusienne qui les prend en charge à l’exclusion de tout autre réfugié et, au lieu d’aider à leur réinsertion les maintient dans cette condition. La majorité de ces Palestiniens-là appartiennent au FPLP Commandement Général, groupe terroriste palestinien, loyal au dictateur syrien allaouoite en place, Bashar al-Asad.

Tout au moins Ahmed Jibril, chef de ce mouvement terroriste gérait-il cette bourgade jusqu’à récemment et jusqu’à ce qu’une faction palestinienne ennemie, qui, elle, combat le régime syrien aux côtés des « rebelles », la Brigade Liwa al-Asifah, les chasse lors de combats violents et sanglants. Autre variante de frères ennemis palestiniens. Actuellement des pourparlers seraient en cours pour laisser ces réfugiés, pour de vrai cette fois, regagner leurs pénates. A condition qu’ils déposent les armes toutefois. Ce qui n’est pas encore acquis. Leur chef, lui, a déguerpi dans la ville allaouite côtière de Tartous. Pour l’heure, tout au moins.

Fatah contre Fatah aussi

Cette même agence nous apprend en ce 11 janvier qu’à Naplouse des hommes armés affirmant appartenir à la branche militaire du Fatah mettent en garde les forces de sécurité palestiniennes les avertissant qu’ils les combattraient s’ils continuent à arrêter certains d’entre eux. Paradant très librement dans les rues du « camp de réfugiés » - quartier – de Balata ces hommes masqués, comme il se doit, ont tiré des rafales d’armes semi-automatiques proclamant qu’ils veulent « défendre le président contre les ennemis du Fatah et du peuple palestinien ». Ils exigent la formation d’une « commission d’enquête sur les arrestations de membres du Fatah en Cisjordanie », accusant le Chef de la Sécurité Nationale Palestinienne, le Général Nidal Abu Dukhan et d’autres responsables de la sécurité d’être coupables de ces arrestations et avertissant : « ils ont deux choix, vivre dans la dignité ou mourir dans l’honneur ».. On soulignera que ce sont pourtant tous des membres du Fatah...et que, par ailleurs, ce type de manifestation armée démontre que l’Autorité palestinienne n’a, de toute évidence, pu saisir toutes les armes détenues à titre privé comme elle s’y était engagée dans les accords d’Oslo...

Bande de Gaza : les tenants de Téhéran et les tenants des Frères musulmans

Les choses ne sont guère plus claires dans la Bande de Gaza tenue, en principe, par le Hamas, lui-même issu du mouvement des Frères musulmans désormais au pouvoir en Égypte. Gaza où il y a, bien sûr, la présence des frères ennemis du Fatah. Mais les divisions ne s’arrêtent pas là car , à y regarder de plus près, on découvre l’importance qu’a prise un autre groupe tout aussi terroriste, les Brigades d’Al Quds de Gaza, branche armée du Jihad Islamique. Qui coordonna, certes, ses actions militaires menées contre les populations civiles israéliennes avec le Hamas lors de l’Opération Pilier de Défense et, à ce titre, revendique la victoire supposée contre l’État hébreu, mais n’a pas du tout les mêmes orientations ni soutiens. Ce qui apparaît clairement dans un article publié par Al-Monitor.com expliquant les raisons de la montée en puissance de cette faction : le soutien de l’Iran et de la Syrie. « Un soutien qui ne se limite pas à une aide militaire, Téhéran aidant aussi les familles des prisonniers et aux combattants blessés appartenant au Jihad Islamique ». Alors, qu’a contrario, « les liens du Hamas avec la République islamique d’Iran sont tendues à cause de la crise syrienne ». Le Hamas ne soutenant pas, plus, Damas, on le sait. Le chef de son bureau politique a d’ailleurs quitté la capitale syrienne pour s’établir au Qatar. Pourtant le soutien de Téhéran au Jihad Islamique perdure dans la Bande de Gaza via le Jihad Islamique, d’où « l’influence de l’Iran sur les affaires palestiniennes »

Combien de temps faudra-il pour que ces deux factions, qui s’accordent aujourd’hui contre l’État hébreu, commencent, elles aussi, à se déchirer ?

Beaucoup de factions ennemies pour une population somme toute modeste...

On soulignera qu’il ne s’agit pourtant que d’une population relativement modeste. Avec quelque deux millions et demie de Palestiniens en Judée Samarie, un peu plus d’un million et demie de Palestiniens dans la Bande de Gaza. Pour un total de quelque neuf millions dont près de deux millions en Jordanie. Et environ un demi-million au Liban où on sait que des combats fratricides les y opposent.

Alors, de quel « État de Palestine » ou même de « Palestiniens » parle-t-on ? Le définir semble pourtant essentiel, d’autant que des milliards d’Euros ou de dollars leur sont versés, d’une manière ou d’une autre, par la communauté internationale, mais surtout parce que pour qu’Israël puisse parvenir à la paix il faudrait savoir qui sont ses interlocuteurs, voire ses ennemis véritables...avant même de songer à exercer des pressons sur l’État hébreu...


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