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Halte aux donneurs de leçons

Par David Ruzié, professeur émérite des universités, spécialiste de droit international

mercredi 10 octobre 2012
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Pour Guysen.International.News , Bruno Le Maire juge « insensé » de comparer l’islamisme au nazisme.
De fait, l’ancien ministre de Nicolas Sarkozy, interrogé sur Europe 1, a considéré que cette comparaison « n’a pas de sens », ce qui n’est pas tout à fait la même chose, car le titre de Guysen.International.News dépasse, peut-être la pensée, de l’homme politique, qui cherche à rebondir sur l’échiquier politique

En effet, « insensé » selon le Petit Larousse signifie « dépourvu de raison, de bon sens ». Il est vrai que l’homme politique, s’érigeant en donneur de leçons, a affirmé que les ’’gens raisonnables, mesurés, respectueux les uns des autres (...) attendent des responsables politiques, de tous les responsables, y compris des responsables du Crif, c’est un langage mesuré, raisonnable, respectueux, qui évite des comparaisons qui ne sont pas acceptables".

Il réagissait, ainsi, à une déclaration de Richard Prasquier, dimanche dernier, après une entrevue avec le Président de la République, selon laquelle : "Ces dernières années, (...) il y a eu beaucoup trop d’indulgence, parfois même de complaisance vis-à-vis de ces fanatiques du radicalisme islamique dont il faut répéter très fort qu’il s’agit d’une idéologie monstrueuse, d’une idéologie de haine qui ne peut être comparée qu’à une idéologie nazie ».

Propos qu’il devait reprendre lors d’une interview du Figaro .

Or, nous pensons que Bruno Lemaire qui, certes, a, si l’on peut dire, l’excuse de n’être que quadragénaire et d’être agrégé de lettres classiques, spécialiste de Proust et non historien, aurait mieux fait de s’abstenir de condamner aussi brutalement les propos de quelqu’un qui, lui, sait de quoi il parle.

Pourtant, formé, notamment, à Sciences Po, avant d’intégrer l’ENA puis d’entrer dans la diplomatie et de servir comme directeur de cabinet de Dominique de Villepin, Bruno Lemaire aurait dû avoir quelques connaissances de culture générale.

Normalement, ses « maîtres » ont dû lui parler de ce que nous nous permettons d’appeler l’épopée du nazisme, que l’on eut le tort de ne pas prendre au sérieux en son temps.

De telle sorte, qu’il ne faut pas perdre de vue que Hitler, parvenu, pratiquement, de façon démocratique au pouvoir a pu, « tranquillement » mettre en œuvre les idées qu’il avait développées dans les années 20, dans Mein Kampf, au cours de sa détention dans la prison de Landsberg, après son putsch manqué de Munich.

Et c’est peu dire que les dirigeants des grandes puissances démocratiques de l’époque auraient été bien inspirés de lire et de prendre au sérieux cet ouvrage.

Bruno Lemaire, avant de critiquer vivement, Richard Prasquier aurait pourtant dû, notamment, replacer la déclaration du président du CRIF, dans le contexte de son interview du Figaro.

Richard Prasquier a - hélas – à juste titre constaté que « Depuis plusieurs années se poursuit, dans certains pays musulmans, la banalisation d’un antisémitisme bestial : les Juifs sont considérés comme des « fils de singes »…. Pour certains jeunes de nos cités, cela signifie la possibilité de tuer, puisque lorsque l’on est dans la voie de Dieu, on a la vérité avec soi… ».

Il a évoqué « ce qui se passe dans les journaux et les télévisions du monde musulman. En Égypte, à Gaza, au Yémen ou ailleurs. Les caricatures, les commentaires sont d’une violence qui n’a d’égale que celle des nazis. D’ailleurs, il suffit de lire la charte du Hamas ou d’écouter les prêches de certains imams respectés, comme le mufti de Jérusalem. La plupart des gens refusent d’en parler. On a préféré ne pas trop insister sur cet aspect-là, de peur de stigmatiser l’islam, sachant que les musulmans dans nos pays sont souvent victimes de discriminations, et que nous avons une certaine culpabilité vis-à-vis d’eux. Mais la réalité, c’est qu’il se développe un islam de haine, de guerre et de meurtres. C’est en luttant contre cet islam-là qu’on lutte aussi contre toute forme d’amalgames. Ne pas vouloir le voir, c’est se préparer des lendemains terribles. La complaisance, même l’indifférence, doit être interdite, comme avec le nazisme ».

Aussi, Bruno Lemaire a tort de considérer que Richard Prasquier s’est laissé aller à « des raccourcis historiques rapides ».

Comme nous le rappelions ci-dessus, l’erreur a été de ne pas prendre au sérieux, en son temps, les propos de Hitler, auxquels ont adhéré, par la suite, la majorité des Allemands de l’époque.

Certes, Bruno Lemaire a raison de se prononcer pour un « langage mesuré, raisonnable, respectueux » à l’égard de ceux qui le méritent.

Il n’a jamais été question pour la communauté juive de confondre l’islamisme et l’islam et rien dans les propos de Richard Prasquier n’infirme cette nuance.

Mais, Bruno Lemaire a tort d’introduire la notion d’ « islamisme radical ».

Il s’agit là d’une tautologie.

Il y a, d’une part, la majorité des musulmans et d’autre part, une minorité – hélas – agissante d’islamistes.

L’islam connaît, lui aussi, des fondamentalistes, mais ceux-ci, à la différence d’autres « intégristes » ne cachent pas leur volonté de détruire physiquement leurs adversaires.

Après la tuerie de Toulouse et, d’ailleurs, la multiplication des actes antisémites depuis le début de l’année jusqu’au jet de grenade à Sarcelles, il était parfaitement légitime pour le président du CRIF d’insister sur la gravité de la situation.

Il est facile pour un élu d’un département tranquille de s’offusquer de voir « se développer des langages d’émotion, sans mesure ».

Bref, les propos de Bruno Lemaire nous paraissent être de « bonnes » ou plutôt de vaines paroles…..

Et Richard Prasquier a eu, tout à fait raison, de rappeler, avant qu’il ne soit trop tard, un passé relativement proche.

Alors Messieurs les donneurs de leçons, retournez à vos manuels d’histoire (les bons évidemment……).


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