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Laurent Fabius entendra-t-il la voix de la raison d’Avigdor Liberman rencontré à Bruxelles ?

Hélène Keller-Lind

mardi 24 juillet 2012
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Avigdor Liberman a livré à son homologue français une analyse toute en finesse de la situation dans la région Proche-Orientale et dans les pays concernés par les « printemps arabes », des pays menacés par la montée de l’extrémisme, certes, mais où existent aussi des forces neuves qui savent qu’Israël n’est pas la source de tous leurs maux. Cela amènera-t-il Laurent Fabius à revoir sa copie et à ne plus rendre Israël responsable de « l’un des conflits fondateurs, si je puis dire, de tout une série de tensions dans le monde » ? Avigdor Liberman demandait aussi à la France d’intervenir en faveur de Boualem Sansal.

L’analyse d’Avigdor Liberman et la lueur d’espoir dans le monde musulman

Il convient de commencer par la communiqué du Bureau du ministre des Affaires étrangères d’Israël à l’issue de sa rencontre avec son homologue français à Bruxelles, en marge du conseil Affaires étrangères et à la veille du conseil d’association Union européenne/Israël.
« Le Vice-Premier Ministre et Ministre des Affaires étrangères, Avigdor Liberman, vient de rencontrer le ministre des Affaires étrangères français, Laurent Fabius.

Lors de leur rencontre ils ont discuté de questions bilatérales et des événements au Moyen-Orient. Le ministre Liberman a dit Fabius que, bien que des éléments radicaux dans de nombreux États du Moyen-Orient se soient renforcés, le « printemps arabe » a également amené une force nouvelle dans ces pays, jeune, instruite et libérale. Ces forces comprennent que leur problème n’est pas un Israël sioniste ou les Juifs, mais la pauvreté, l’oppression et l’énorme fossé entre la plus grande partie de la population et un petit groupe qui s’enrichit par l’exploitation injuste des ressources naturelles et la répartition inéquitable du revenu de ces ressources. Le plus grand danger pour ces nouvelles forces est le radicalisme et les groupes militants s’identifiant avec le djihad, l’Iran et Al-Qaïda. La France pourrait avoir un rôle important, historique même pour façonner l’avenir du Moyen-Orient, a déclaré Avigdor Liberman à Laurent Fabius. La France pourrait être un pont entre ces forces jeunes, libérales et l’État d’Israël. Israël serait heureux d’accepter les services de la France dans l’organisation de réunions et l’établissement d’un dialogue avec ces nouvelles forces. Cette connexion pourrait faciliter la création d’ententes basée sur des valeurs humaines universelles.

Les deux ministres des Affaires étrangères ont également discuté de la Syrie. Le ministre Liberman a déclaré qu’Israël s’abstient de toute intervention, mis à part la volonté exprimée par Israël d’apporter une aide humanitaire aux blessés. Cependant, toute tentative faite pour transférer des armes chimiques depuis la Syrie au Hezbollah sera considérée comme une action franchissant une ligne rouge et Israël n’attendra pas et répondra de manière résolue si cela se produit.

Le ministre Liberman a soulevé la question de l’auteur algérien Boualem Sansal, qui devait recevoir le Prix du Roman arabe. Les sponsors, les ambassadeurs à Paris des pays de la Ligue arabe, ont décidé d’annuler la cérémonie et de retirer l’argent du prix, suite à la participation de Boualem Sansal au Festival International des Écrivains de Jérusalem en mai. Avigdor Liberman a remis à Laurent Fabius une lettre dans laquelle il demande que le gouvernement français aide Boualem Sansal, qui vit à Paris, et le soutienne publiquement dans sa position concernant les débats et le dialogue entre Israël et les États arabes. Avigdor Liberman déclarant que c’est là le devoir moral du gouvernement français ».
On notera que le ministre israélien demande à la France d’intervenir en faveur de cet auteur algérien à qui l’on doit le bouleversant « Le Village allemand », à qui le prix était attribué pour son dernier roman « Rue Darwin ». prix qui lui a finalement été remis chez son éditeur et non pas à l’Institut du Monde Arabe et sans les sponsors...Boualem Sansal est retourné en Algérie, d’après le Nouvel Observateur C’est l’une des figures de ce monde arabe libéral, plus ou moins jeune, dont parle plus haut Avigdor Liberman. Dans ces colonnes nous évoquions récemment une autre figure appartenant à ce monde, tunisien, cette fois, Souhail Ftouh, un jeune avocat qui, lui, a dû opter pour l’exil, .

Laurent Fabius entendra-t-il cette analyse et modifiera-t-il la sienne ?

L’analyse d’Avigdor Liberman est bien différente de celle de Laurent Fabius qui déclarait à France Inter le 15 juin dernier : « L’un des arguments que je développe auprès du gouvernement israélien, c’est qu’à la fois par souci de justice vis-à-vis des Palestiniens, et aussi de sécurité d’Israël vis-à-vis d’elle-même, il est nécessaire qu’il y ait un mouvement sur le conflit israélo-palestinien. Il est nécessaire que l’on ne poursuive pas la colonisation, que l’on trouve des solutions et que des discussions aient lieu. Il y a une volonté de négociation, j’espère qu’elle est partagée. En tout cas, la France pousse à des négociations sur ce conflit dont on parle peut-être moins aujourd’hui mais qui est l’un des conflits fondateurs, si je puis dire, de tout une série de tensions dans le monde » .

Ces déclarations avaient été faites peu après la visite de Mahmoud Abbas qui avait été accueilli en grand ami à Paris...

On notera que le 23 juillet, Laurent Fabius recevait d’autres invités au Quai d’Orsay, les ambassadeurs des États membres de l’Organisation de la conférence islamique. Il s’adressait ainsi à eux en préambule :
« C’est pour moi un honneur et un plaisir de vous recevoir ici, au Quai d’Orsay, à l’occasion de cet Iftar. Il s’agit d’une pratique que j’ai souhaité reprendre, après une interruption de quelques années, car elle permet à la France de marquer, en ce début de Ramadan, notre intérêt et notre estime pour le monde musulman ».

Et ajoutait : «  Dans le monde musulman d’aujourd’hui, je vois bien qu’une partie de l’opinion s’interroge sur l’attitude de la France à l’égard de l’islam, notamment à cause de l’attitude de nos prédécesseurs immédiats. La page est tournée.Notre politique extérieure vise à soutenir les aspirations à la liberté, à la dignité et à la justice des peuples musulmans et, à l’intérieur, notre laïcité républicaine est une chance pour l’islam et non une sanction ».

On voit que la religion du ministre des Affaires français est sans doute faite. Aura-t-il entendu, voire même écouté son homologue israélien ?

Qui est cette Organisation de la Conférence Islamique reçue au Quai d’Orsay ?

Quant à l’Organisation de la conférence islamique, pour se faire une idée de son état d’esprit il suffira de prendre connaissance de la dernière prise de position en date de son Secrétaire général, le Pr. Ekmeleddine Ihsanoglu, à propos d’une déclaration du gouvernement israélien concernant la mosquée Al Aqsa sur le Mont du Temple à Jérusalem : « la Oummah islamique n’admettra pas que l’on porte atteinte à la Mosquée bénie d’Al Aqça, première Qibla des musulmans et destination du Voyage Nocturne du Prophète Mouhammad (Que la Prière et le Salut d’ALLAH soient sur lui) et que toute agression contre elle constitue une agression contre l’un des lieux les plus sacrés pour les musulmans. Le Secrétaire a Général a condamné les allégations du Gouvernement israélien selon lesquelles la Mosquée d’Al Aqça « fait partie intégrante d’ Israël  » et qu’elle est soumise à la loi israélienne sur les antiquités et a invité le groupe des ambassadeurs des États islamiques auprès de l’Unesco à agir d’urgence et à faire tout ce qui est possible, afin de mettre un terme aux agressions israéliennes contre les lieux saints et le patrimoine de la ville occupée.
Le Secrétaire Général a mis en garde contre les conséquences de ces allégations qui, a-t-il dit, sont le prélude à de nouvelles agressions contre la Mosquée d’Al Aqça, ajoutant que la présence israélienne dans la Mosquée et dans la ville d’Al Qods est nulle et non avenue et qu’elle doit cesser conformément au droit international.
La Mosquée bénie d’Al Aqça, à l’instar de tous les territoires palestiniens occupés, a-t-il encore dit, constitue une terre sous occupation
 » .

[ les passages en gras ont été soulignés par nous ]

En fait, la déclaration qui avait été faite par le Procureur général se bornait à dire que « la loi d’aménagement et de construction de 1965 et la loi des antiquités de 1978 » devrait s’appliquer à ce lieu. Et ce souhait avait été exprimé : « « L’autorité des antiquités devrait soumettre un rapport sur la situation de la mosquée et de ses alentours au conseil national de sécurité et au secrétaire du gouvernement ».

Ce type d’allégation est fréquent dans le monde arabe où Israël est volontiers accusé de vouloir s’en prendre à ce lieu. Accusations violentes mais sans fondement, comme le montrent les faits, année après année...


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