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Ne tirez pas sur le pianiste

par le Professeur David Ruzié

lundi 21 février 2005
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Il est certes établi depuis les origines, que les Juifs ont dû mal à écouter leur chef.

Rappelons nous les déboires de Moïse, dès la sortie d’Egypte.

Toutes proportions gardées, ce sont les mêmes vicissitudes que connaissent, aujourd’hui, le Premier ministre d’Israël et le président du CRIF.

Or, quelles que soient les critiques que l’un et/ou l’autre méritent, sur la forme ou sur le fond, il faut leur reconnaître, au moins, le mérite du courage.

Il n’est pas évident d’accepter le pari de faire confiance au nouveau dirigeant palestinien qui s’illustra, naguère, par une thèse de doctorat que n’auraient pas renié les pires négationnistes et qui, encore durant la dernière campagne électorale, promettait le « droit au retour » des réfugiés palestiniens.

Notons, sur ce point, toutefois, qu’il vient de déclarer qu’il veut pouvoir négocier l’endroit où ce droit s’exercera, alors qu’il n’y a aucune raison de refuser aux réfugiés Palestiniens le droit de revenir dans les limites du futur Etat palestinien.

Mais, malheureusement, il n’y a guère d’autre solution si l’on veut entrevoir, à moyen terme, un espoir de paix.

En tout état de cause, comme nous nous sommes permis de le dire, à différentes reprises, sans être citoyen israélien, il appartient aux membres de la Knesset de prendre leurs responsabilités, sans pour autant mêler au débat des considérations budgétaires.

Et en dernière analyse, ce seront les électeurs israéliens qui, tôt ou tard, se prononceront sur les modalités du règlement final.

Mais, il est évident qu’une crise politique, dans les semaines qui viennent, serait du plus mauvais effet, car elle témoignerait d’une volonté de certains de vouloir, pratiquement, retarder la première étape vers la paix.

Le risque zéro n’existe pas, même en géopolitique.

Toutefois, vouloir refuser le désengagement de la bande de Gaza et de certaines implantations de Cisjordanie au motif que le terrorisme continuera est un faux prétexte.

Car, le rapatriement de citoyens israéliens en deçà de la « Ligne verte » rendra plus facile une éventuelle riposte militaire à une reprise massive des actions terroristes.

Quant au procès légitimement fait, lors du dîner du CRIF, à la politique étrangère française au Moyen orient, il faut être de mauvaise foi pour en contester le bien fondé.

On peut, certes discuter du lieu choisi pour le présenter, sans pour autant dénier au président du CRIF le courage, dont il a fait preuve, à cette occasion.

Pour avoir lu attentivement ce fameux discours, qui restera dans les annales des rapports entre la Communauté juive de France et les dirigeants de notre pays, nous déplorons la charge menée contre Roger Cukierman (tant pis, nous ne voulions pas personnaliser le débat et nous le faisons quand même....).

Oui, il y a manifestement un lien entre la politique déséquilibrée que la France mène au Moyen Orient depuis des décennies et la montée de l’antisémitisme en France, depuis quelques années.

La raison en est très simple, même si tous les « bons esprits » (et surtout les mauvais) ne veulent pas la voir, tant ils s’acharnent contre celui qui a osé dire devant un parterre de ministres, dont le Premier, ce que beaucoup, dans la Communauté juive, pensent tout bas et n’osent pas dire tout haut.

Il y a, à l’heure actuelle - l’immigration et la démographie aidant -plusieurs millions de personnes en France, qui ne sont pas intégrés à la communauté nationale - soit parce qu’ils ne le peuvent pas ou plutôt parce qu’ils ne le veulent pas.

Ce sont eux qui établissent un lien entre ce qui se passe, d’après ce que rapportent des médias, qui ne remplissent pas, toujours, objectivement leur mission - voir le scandale d’un reportage sur les écrans d’une télévision publique française (et ne parlons pas des « messages » véhiculés par les antennes satellitaires...).

Il ne faut pas que l’arbre cache la forêt.....

Il est établi que l’Education nationale française ne peut plus, depuis de nombreuses années déjà, remplir sa mission : chacun sait que, dans de nombreux « territoires perdus de la République », on ne peut pas parler de la Shoah, ni traiter, sans parti pris, de la question du Moyen Orient.

Cette absence de culture générale,jointe à une tendance à la schématisation facilite la transformation de la critique de la politique israélienne - incontestable dans la politique étrangère française - en une démonisation d’Israël et en une assimilation entre Israéliens et Juifs.

Alors, pitié, « ne tirez pas sur le pianiste », qui a une partition difficile à jouer.


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