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Toujours à côté de la plaque

Par David Ruzié, professeur émérite des universités, spécialiste de droit international

mardi 27 mars 2012
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A la fin de sa 19ème session, qui s’est terminée, le 23 mars dernier, le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies qui, pour une fois, s’était également inquiété d’une situation urgente, à savoir ce qui se passe en Syrie, n’a pas voulu « oublier » son souffre-douleur préféré, auquel il a consacré plus des deux tiers de ses travaux depuis sa création en 2006, à savoir Israël.

En effet, une majorité de 36 membres de cet organe subsidiaire de l’ONU a décidé (seuls les Etats-Unis votant contre), pour la première fois, d’envoyer une mission d’enquête internationale indépendante sur les conséquences des « colonies israéliennes » sur le « territoire palestinien occupé, y compris Jerusalem-Est ».

Certes, cette mission a fort peu de chance de voir le jour, du fait qu’Israël a, immédiatement, fait savoir qu’il rompait tout lien avec le Conseil, ce qui rendra pratiquement impossible tout déplacement en Cisjordanie et à Jérusalem (une initiative comparable avec le rapport Goldstone avait pu, elle, avoir lieu, car il s’agissait d’enquêter dans la Bande de Gaza, aux mains du Hamas), alors qu’Israël contrôle, heureusement, les accès aux Territoires et à Jérusalem.

Le gouvernement israélien, pour justifier sa décision, a qualifié l’initiative du Conseil d’ « hypocrite ».

Nous nous permettrons de la qualifier d’absurde.

En effet, de quoi s’agit-il ?

A l’initiative du Pakistan, parlant au nom de l’Organisation de la Conférence islamique, regroupant 56 Etats (outre la « Palestine), qui compte, à l’heure actuelle 18 sièges dans le Conseil (contre seulement 15 en 2008), le Conseil a décidé d’envoyer une mission pour « enquêter sur les conséquences des colonies israéliennes sur les droits civils, politiques, économiques sociaux et culturels du peuple palestinien ».

Or, nul besoin d’aller sur place pour constater que les implantations israéliennes ne peuvent avoir aucun impact sur les droits du peuple palestinien, dans la mesure où en l’absence de « frontières sûres et reconnues » (pour reprendre la formule de la résolution 242 du Conseil de sécurité au lendemain de la guerre de Six jours), il est prématuré d’accuser Israël de porter atteinte à ces droits.

Il est vrai que depuis 1967, toutes les occasions sont bonnes, qu’il s’agisse de conférences internationales sur les droits des femmes, sur l’habitat, l’eau, etc…pour diaboliser Israël.

Pas question, bien évidemment, d’aller voir ce qui se passe dans la Bande de Gaza, sous la férule du Hamas.

Les chrétiens y sont tellement heureux qu’ils cherchent à quitter le territoire.

Quant aux femmes, c’est plutôt à elles qu’aurait dû penser Henri Guaino, dimanche dernier, quand il parlait de « ces gens (qui) ne peuvent pas se baigner dans la mer...".

Malheureusement, la « plume » du président-candidat – qui aurait mieux fait de rester dans le rôle, qui lui est familier - a préféré « hurler avec la meute » et viser Israël à propos de cette « prison à ciel ouvert ».

Il est vrai que tout aussi grotesque était la formule utilisée par le représentant pakistanais au Conseil des droits de l’homme, qui, présentant le projet de résolution, considéra que ce texte « cherche à répondre aux défis humains et humanitaires que les pratiques illégales d’Israël ont créé dans les territoires occupés (orthographe respectée…).

La seule différence c’est que la majorité du Conseil des droits de l’homme était acquise, par avance, à l’orateur – comme devait le confirmer le vote qui s’ensuivit - alors que les auditeurs de Radio J, auxquels s’adressait Henri Guaino, n’ont pas dû apprécier cette vue de l’esprit, quelques jours après la tuerie de Toulouse où des enfants juifs étaient censés payer pour les enfants palestiniens….

Après tout, on me reprochera d’attacher beaucoup d’importance à ce texte, dont il n’est fait nulle mention sur le site du ministère français des affaires étrangères et européennes, qui publie un compte rendu détaillé des travaux de la dernière session du Conseil des droits de l’homme.

Certes, la France n’en fait pas partie, à l’heure actuelle (du fait de la rotation des membres, qui s’y pratique) et – au mieux – elle eut fait comme l’Espagne et l’Italie qui ont annoncé, expressément, qu’elles s’abstiendraient (comme huit autres membres finalement).

Décidément, nous ne regrettons pas d’avoir renoncé, depuis quelques années (v. notre dernier commentaire ici-même le 22 mai 2008) à évoquer les « travaux » (sic) de ce pitoyable organisme.

Ce Conseil s’est révélé pire (bien que l’on crut que ce serait impossible) que sa devancière, la Commission des droits de l’homme, qui ne sut pas se montrer digne du grand René Cassin. qui l’anima, à ses débuts, devant, sans doute, les yeux ébahis du jeune Stephane Hessel, qui découvrait – et non rédigeait, contrairement à ses dires – la Déclaration universelle des droits de l’homme, en 1948.


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