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Selon des chroniqueurs arabes, les terroristes sont motivés par des facteurs culturels et religieux, non par la pauvreté.

MEMRI

lundi 31 janvier 2005
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Plusieurs chroniqueurs arabes ont dernièrement publié des articles critiquant l’opinion selon laquelle la motivation principale des terroristes serait la pauvreté ou le désespoir.

Ces chroniqueurs estiment que des facteurs culturels et religieux rendent compte des actes terroristes, en particulier les incitations des « cheiks » à mener des opérations terroristes. Voici des extraits de trois articles : l’un de Muhammad Mahfouz, publié par The Saudi Gazette ; un autre d’Abdallah Rashid, publié dans le quotidien des Emirats arabes unis Al-ltihad , le troisième d’Abdallah Nasser Al Fawza  ; publié dans le quotidien saoudien Al-Watan .

Un chroniqueur saoudien : « La seule manière de mettre fin à la violence et au terrorisme est de mener une bataille culturelle et idéologique »

Dans un article publié par The Saudi Gazette, le chroniqueur Muhammad Mahfouz, également directeur du magazine culturel Al-Kalima, publié au Liban, écrit :

« C’est un fait indéniable que quand on ne détermine pas les racines et les causes qui engendrent les problèmes sociaux et les phénomènes inconnus, [ceux-ci] prolifèrent et refont surface continuellement. Cependant leur re-émergence est plus forte et offre plus de complications, et ces problèmes finissent par devenir insolubles […]

Ceci me conduit [à évoquer] le phénomène du terrorisme, qui est l’un des problèmes les plus dangereux de notre époque, car il ébranle la stabilité de toutes les sociétés humaines. Une exploration extérieure et superficielle de ce problème ne sera pas efficace tant que nous ne creuserons pas en profondeur jusqu’à ses racines culturelles et idéologiques […].

Bien entendu, les mesures de sécurité sont l’un des moyens de combattre le terrorisme […] [mais] celles-ci doivent toujours être accompagnées et soutenues par des mesures culturelles, politiques et socio-économiques. […]

La relation entre le phénomène du terrorisme dans notre société et notre culture est similaire à la relation entre la cause et l’effet. Une étude approfondie de ce phénomène montre que […] la raison réelle qui se cache derrière la mobilisation d’une poignée de jeunes hommes est purement culturelle. Cela signifie que ces jeunes ont grandi dans une atmosphère culturelle spécifique qui se fonde sur une interprétation stéréotypée de la religion. Cette interprétation sert d’incubateur fondamental à ce groupe. Ceci explique pourquoi des jeunes appartenant à des familles riches ou bien placées dans la hiérarchie des fonctionnaires de l’Etat sont impliqués dans des crimes terroristes.

Les facteurs financiers et économiques ne peuvent pas être associés [aux motivations] de ce groupe. Ce sont donc des facteurs culturels et religieux qui les incitent à tuer des innocents et à détruire les infrastructures du pays.

Par conséquent, la seule manière de mettre fin à la vague de violence et de terrorisme est de mener un combat culturel et idéologique contre le terrorisme en même temps que contre ses causes directes et indirectes. Sans ce combat décisif, nous ne réussirons jamais à éliminer cette menace et notre pays souffrira de ce phénomène de manière endémique.

A mon avis, attendre pour engager cette bataille idéologique et culturelle contre le terrorisme entraînera notre pays dans les abysses de l’instabilité. Nous avons plus que jamais besoin de […] mettre à nu le phénomène du terrorisme et de neutraliser les facteurs culturels et idéologiques qui nourrissent ce phénomène et le moulent socialement et culturellement.

Cela m’amène à préciser encore une fois que l’élimination du terrorisme et de la violence est liée à l’éradication de la culture de violence qui promeut le meurtre, justifie le terrorisme et lui procure une couverture légitime.

[En revanche], la bataille sécuritaire n’aide pas beaucoup à mettre fin à ce phénomène. Au contraire, elle peut lui fournir une justification.

Aussi, il me semble nécessaire de souligner les points [suivants] : le phénomène du terrorisme et de la violence auquel nous sommes confrontés peut être qualifié de violence religieuse conduite par un groupe de jeunes gens dont le cerveau a été lavé par des slogans attractifs. Cette [situation] nous oblige à reformuler les concepts religieux qui prévalent [actuellement] et à promouvoir d’autres valeurs religieuses, telles que le dialogue et la tolérance religieuse, ainsi qu’à reconnaître le pluralisme [religieux]. Aussi […] devons-nous formuler une nouvelle vision religieuse libérée de toutes ses « facettes » d’extrémisme et de fondamentalisme.

[…] L’endiguement de […] ce phénomène nécessite des décisions et des politiques hardies car tout laxisme coûtera au pays plus de vies et de destruction ; nous devons [donc] être clairs et courageux pour mettre fin à cette menace empoisonnée.

Notre détermination ouvrira la voie à un démantèlement réussi des structures idéologiques et culturelles qui constituent un terrain fertile à la prolifération de ce phénomène. En outre, la formulation de nouveaux concepts religieux fondés sur le dialogue nécessite la participation de toutes les composantes de la société […]

Ainsi, la prochaine bataille de notre pays sera la bataille pour la culture ; elle naîtra de la volonté de battre et de vaincre le terrorisme à tous les niveaux. »

Un auteur des Emirats arabes Unis : la raison de l’implication des jeunes musulmans arabes dans le terrorisme est le lavage de cerveau religieux

Dans un article du quotidien des Emirats arabes Unis Al-Itihad, le chroniqueur Abdalah Rashid déclare que le terrorisme ne résulte pas de la situation socio-économique des pays arabes, mais le lavage de cerveau des jeunes arabes. Ci-dessous des extraits [de cet article] :

« La plus grande erreur des commentateurs sociaux et politiques est d’attribuer la cause de l’extension du phénomène terroriste dans le monde arabe et islamique au manque de justice sociale uniquement, à l’extension de la pauvreté et à la dureté des conditions sociales dans la plupart des pays arabes et islamiques.

La situation économique et sociale de la plupart des terroristes qui participent aux opérations criminelles dans le monde est très bonne. Ainsi, par exemple, Faysal Zayd Al-Matiri, jeune Koweitien appartenant à une famille fortunée, est allé rejoindre à Fallujah les terroristes soutenant l’organisation Al-Qa’ida, avec le terroriste Abu Mus’ab Al-Zarqawi. Il a quitté ses parents, sa femme et ses trois enfants. Il a été tué dans la bataille et laisse derrière lui une veuve, trois orphelins et des parents horrifiés pleurant sa mort […]

L’interrogatoire par les autorités irakiennes de terroristes arrêtés durant les raids et les fouilles des villes irakiennes a révélé que la plupart des jeunes Saoudiens et quelques jeunes originaires du Golfe qui ont rejoint en Irak le groupe terroriste Al-Qa’ida sont issus de familles qui ne sont pas pauvres et ne souffrent pas de problèmes économiques.

Quelle est la raison de l’implication des jeunes musulmans arabes dans des actes criminels aussi ignobles ?

La raison [la plus] simple est le lavage de cerveau terrifiant que subissent la plupart des jeunes Arabes entre les mains des oulémas et en particulier des extrémistes aux idées rétrogrades. Ces oulémas alimentent les jeunes musulmans de toutes sortes d’idées racistes et de principes extrémistes destructeurs, et les allaitent d’hostilité, de haine et de ressentiment à l’égard des autres peuples et des adeptes d’autres religions divines.

Ceux qui s’attribuent à eux-mêmes le titre d’« ouléma » poussent les jeunes musulmans à ce qu’ils appellent « jihad », alors qu’ils ne connaissent pas le sens du mot « jihad ». Ce qui est étrange est qu’ils incitent les autres à traverser la mer et les océans dans le but de lutter contre « les athées et les chrétiens infidèles », comme ils disent, alors qu’aucun d’entre eux ne se porte volontaire pour aller là-bas lui-même donner l’exemple aux autres […]

Combien nombreuses [sont] les victimes du lavage de cerveaux auquel sont soumis les jeunes Arabes ! Combien nombreuses sont les personnes qui estiment que la situation économique et sociale [des pays arabes et islamiques] est la raison pour laquelle ces jeunes rejoignent la caravane de la terreur, ignorant le fait que des milliers d’entre eux sont issus de foyers paisibles, de familles stables et riches, et rejoignent néanmoins les gangs de la terreur dont les dirigeants les plus éminents sont Ben Laden, Al-Zawahiri et Al-Zarkawi ! […]" (2)

Un chroniqueur saoudien : Pourquoi les « cheiks » qui encouragent les jeunes au djihad ne s’y adonnent pas eux-mêmes ?

Dans un article paru dans le quotidien saoudien Al-Watan et intitulé « Question au jeune à la recherche du Paradis », le chroniqueur Abdallah Nasser Al-Fawza, critique les « cheiks » qui encouragent les jeunes à la guerre sainte tout en se gardent bien d’y participer eux-mêmes.

« S’il existe un exploit qui met en danger sa propre vie, mais qui assure le Paradis - comme la guerre sainte pour l’amour d’Allah - devons-nous pour autant estimer que des adolescents, au premier stade de la vie, doivent aspirer à l’accomplir ? Ne vaut-il pas mieux que les vieillards proches de la mort y aspirent, [vieillards chez qui] il est naturel de vouloir conclure leur vie avec un exploit honorable leur garantissant le Paradis ?

Logiquement, et comme la réalité nous le montre, la deuxième question est la bonne. Par exemple, les jeunes ont bien participé à la guerre sainte pour l’amour d’Allah à l’époque des vertueux califes, mais leur guerre sainte dépendait principalement d’hommes d’age mûr, et les vieillards prenaient part à toutes les missions adaptées à leur age […]

Si les adultes participaient à la guerre sainte [à cette époque], pourquoi tous ceux qui sont aujourd’hui impliqués dans ce qu’ils appellent des opérations de guerre sainte - soit en Irak ou ici en Arabie Saoudite - sont-ils de jeunes adolescents, alors que nous ne voyons parmi eux aucun adulte ou vieillard ? […] Après tout, les personnes âgées sont tout à fait capables de mener à bien diverses missions. Un vieillard de plus de cent ans peut conduire une voiture piégée et la faire exploser dans un endroit donné, peut-être même avec plus de savoir faire qu’un jeune de vingt ans.

Dans sa quête du Paradis, un jeune voyagea dans un autre pays afin de tuer un homme accusé d’athéisme - afin de se rapprocher d’Allah en le tuant et donc d’atteindre le Paradis. Le destin voulut que l’homme accusé d’athéisme rencontre ce jeune homme dans le café. Il le vit assis là et réalisa que c’était un étranger. L’homme lui parla, lui serra la main, lui souhaita la bienvenue et lui demanda s’il pouvait s’asseoir à côté de lui. Celui-ci lui donna son accord. Ils eurent une discussion amicale et se mirent à s’apprécier l’un l’autre.

Ensuite le jeune lui demanda : « Connaissez-vous untel ? » L’homme s’aperçut qu’il avait prononcé son nom et fut très surpris, mais il contrôla ses émotions et demanda au jeune : « Pourquoi me posez-vous des questions sur cet homme ? » Le jeune répondit que c’était un maudit athée et qu’il avait l’intention de délivrer l’humanité de cette infamie afin de se rapprocher d’Allah et de gagner le Paradis. Son interlocuteur, qui était à ce moment là plutôt stupéfait, dit au jeune homme : « Comment pouvez-vous être certain que cet homme est un athée qui mérite la mort et que, en le tuant, vous irez au Paradis ? Le jeune répondit : « Des « cheiks » me l’ont dit. […] ». Son interlocuteur reprit : « Pourquoi ces cheiks n’aspirent-t-ils pas au Paradis eux-mêmes, et pourquoi vous laissent-ils le soin et le mérite d’accomplir cet exploit qui conduit au Paradis ? » Le jeune, dans l’embarras, répondit : « Je ne sais pas ».

Aujourd’hui, la même question peut être posée aux jeunes qui se font exploser et qui font exploser des voitures piégées, en se trouvant dedans, pour atteindre le Paradis, car ils sont sans aucun doute influencés par les « fatwas », les idées, les inclinations et les instructions d’hommes qui ont gagné leur confiance et qui ont beaucoup œuvré pour les mettre sous [leur] influence.

Ces personnes qui tiennent sous leur emprise les esprits des jeunes les ont dupés en leur faisant croire qu’ils accomplissent des actes de guerre sainte les conduisant au Paradis. Ces jeunes devraient se demander pourquoi ces personnes les préfèrent à elles-mêmes et leur laissent le soin d’accomplir ces exploits.

Les véritables actes de guerre sainte bénéficient de la participation de tous, y compris du Prophète et de ses sublimes compagnons. Aujourd’hui, toutefois, ceux qui accomplissent ces actes dangereux - considérés comme des actes de guerre sainte - sont des jeunes influencés [par les cheiks] font office de projectiles. Où sont les adultes influencés par les idéologies de ces organisations ? N’y a-t-il aucune personne âgée convaincue que ce sont là des actes de guerre sainte, qui soit prête à se faire sauter dans une voiture piégée ?

Ô [vous], jeunes en quête Paradis, où sont vos cheiks au moment d’accomplir cet « honorable » exploit ? Tout le monde veut [aller] au Paradis. Pourquoi donc vos cheiks esquivent-ils la guerre sainte et ne participent-ils pas à votre « noble » mission ? » (3)

Notes :
Saudi Gazette (Arabie saoudite), 30 décembre, 2004.
Al-Itihad (Emirats arabes unis), 10 janvier 2005,
Al-Watan (Arabie saoudite), 1er Janvier 2005

  • *************************************************************
    L’Institut de Recherche Médiatique du Moyen-Orient (MEMRI) est une organisation indépendante à but non lucratif qui traduit et analyse les médias du Moyen-Orient. Des copies des articles et autres documents cités, ainsi que toute information d’ordre général, sont disponibles sur simple demande.

The Middle East Media Research Institute (MEMRI),

e-mail : memri.eu memri.org.uk
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