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La définition correcte des choses, c’est : Perestroïka palestinienne

Par Sami El Soudi © Metula News Agency

lundi 20 décembre 2004
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Il serait trop long de citer toutes les différences existant entre les options choisies par Mahmoud Abbas et l’Autorité Palestinienne sous sa direction, d’une part, et celles qui étaient le lot de Yasser Arafat.

Tant à Ramallah que dans les « territoires », on peine à conceptualiser l’étendue de ces dissemblances. On peine aussi à se dire que le régime d’Arafat « c’était il y a si peu de temps ». Finalement, les Palestiniens sont choqués de constater qu’il existait une autre façon de gouverner, tant cela semblait impossible, que les Israéliens ne sont pas la cause unique de tous nos maux et que les partisans de l’ancien raïs étaient, en fait, aussi peu nombreux et aussi peu déterminés.

Ce qui apparaît, de plus en plus, c’est aussi qu’il n’existait pas de ligne politique arafatienne, pas plus que d’institutions suffisamment significatives, formées, qui auraient pu lui survivre. J’ai déjà fait état de ces deux dernières conclusions, je le sais bien, mais il me plaît de les répéter encore une fois afin de souligner leur prépondérance. Par contre, l’OLP, malgré la confusion de ses structures et les privilèges de ses instances, qui s’entrecroisent en se neutralisant parmi, comme l’avait voulu Arafat afin de rester le seul à prendre toutes les décisions, émerge comme un appareil fonctionnel. Et ce n’est pas la moindre des bonnes surprises, même si elle est également due à la volonté d’efficacité des gens qui le dirigent et au travail préparatif de longue haleine que Abbas et Qoreï lui avaient consacré, dans l’ombre de la très longue agonie d’Abou Ammar. Les instances de OLP ont bien rempli leurs tâches, notamment celles liées à la transition du pouvoir et à l’organisation des élections, qui ont été préparées en un temps record et dans le strict respect des ordonnances constitutionnelles. (Cela a même surpris Sami el-Soudi, qui ne croyait pas la chose possible au lendemain du décès d’Arafat. Ndlr).

Le bon fonctionnement des structures de l’OLP a également permis de légitimer rapidement l’autorité intérimaire des deux consuls, leur permettant de réaliser des actes diplomatiques urgents et de première importance, notamment à Damas et Beyrouth. Cette célérité a simultanément coupé l’herbe sous les pieds des opposants de tous poils, des apparatchiks arafatiens et surtout, des organisations terroristes, qui espéraient en une période d’indécision afin de secouer le faîte de l’arbre, jusqu’à ce que l’arbre accepte de partager avec elles le pouvoir exécutif.

Mais les chefs de notre Perestroïka étaient bien en place, experts consommés des rouages et des hommes de la direction palestinienne, au point de les activer pour réaliser leurs objectifs. Désormais, notre chef de gouvernement, très provisoirement intérimaire, fait en sorte que l’Autorité s’exprime d’une seule voix et qu’elle abandonne complètement la technique des discours sibyllins, si chère à l’ancien patron. Personne ne s’y trompe d’ailleurs, alors que la différence qui se fait le plus sentir, dans toutes les démarches, toutes les interventions et tous les symboles choisis par Abbas, c’est que notre nouvelle direction est authentiquement en faveur de la solution des deux Etats pour deux peuples distincts et qu’elle est prête à aller très vite en besogne afin de créer, sur ce principe, l’Etat de Palestine. Ce message, se situant aux antipodes de celui d’Arafat, par sa teneur mais surtout dans ses formes et dans sa rhétorique, possède le mérite - en plus de nous rendre l’espoir - de nous désenclaver sur l’échiquier politique mondial. Le ton et le contenu du message d’Abbas et de Qoreï sont persuasifs et on sent bien qu’ils se situent dans un calendrier logique, dans un programme.

Le Président Bush les a bien compris, ce qui lui permet d’affirmer, confiant, que son second mandat verra la solution de la divergence israélo-palestinienne. Aux rencontres d’Herzeliya, la semaine dernière, Sharon et Abed Rabou se sont exprimés avec le même optimisme. Cela a pour conséquence de faire revenir le président de la Banque Mondiale en Palestine, afin, je cite un communiqué officiel, « d’envisager la réhabilitation de l’économie palestinienne ainsi que la promotion de l’aide internationale à l’Autorité Palestinienne ».

Pour ceux qui ne l’auraient pas compris, ce sont là des mesures pratiques, témoins d’une dynamique capitale. Il faut faire sortir la population palestinienne de sa misère, lui donner des raisons tangibles de croire en l’avenir, c’est un impératif d’urgence. Sans cela, je veux dire sans résultats rapides, l’extraordinaire capital de confiance dont jouissent les nouveaux dirigeants, celui qui leur permet d’envisager des mesures révolutionnaires relativement aux mythes arafatiens, s’effritera et retombera. Reviendrait alors la désespérance, celle qui jette les misérables dans les bras des organisations partisanes du grand sabordement.

Certains, à l’étranger, ont compris cette urgence. Ils veulent aider Abbas et Qoreï à présenter des résultats à leur peuple. C’est aussi le cas du Premier ministre Tony Blair, dont l’avion est annoncé dans le ciel de Palestine et du ministre des AE italien, Gianfranco Fini, qui vient voir - après de longues années de boycott d’Arafat par l’Italie - comment son gouvernement peut aider à la construction de la paix.

Autre différence d’approche de taille, notre prochain président et son futur premier ministre n’envisagent pas sérieusement que seule une pression internationale - plus qu’hypothétique par ailleurs - suffirait à forcer Israël à abandonner ses exigences. L’AP nouvelle formule n’exclut pas Israël de son carnet d’adresses, bien au contraire. Elle envoie ses négociateurs et ses officiers au-devant de leurs homologues israéliens, je dirais presque « en masse ». Et ils n’hésitent pas à franchir le palier des ministères de Jérusalem, dans lesquels ils discutent de tout : de l’organisation conjointe des élections du 9 janvier qui, à Jérusalem-Est par exemple, se dérouleront dans les bureaux de poste de l’Etat hébreu. Ils parlent aussi de tous les problèmes sécuritaires, en termes de coordination. Ils discutent, à très grande échelle et à un niveau élevé de représentation mutuelle, du transfert de la souveraineté d’Israël à l’AP à Gaza, en lieu et place d’un retrait unilatéral ; d’après les renseignements en ma possession à ce sujet, et l’état d’avancée des pourparlers, le concept du retrait unilatéral est déjà remisé dans les archives de Sharon, pour la plus grande satisfaction des parties concernées. On a atteint le stade des arrangements pratiques, d’après un ami proche qui participe à la négociation. De nombreux pays amis, comme l’Egypte et l’Italie, se proposent, dans le processus qui s’installe, de remplir un rôle prépondérant.

Mais les choses sont tant et si bien engagées, dans une relation de confiance renouvelée, qu’on traite déjà du statut définitif de la paix, des relations de voisinage à venir et de la proclamation de l’Etat de Palestine. Les discussions sont secrètes, certes, mais intenses et les Etats-Unis y tiennent à la fois le rôle de booster et de médiateur. Il paraît que, là aussi, les choses avancent et s’il est trop tôt pour parler d’un accord consommé, comme certains se sont avancés à le faire, il semble cependant que le cadre-mère d’une solution ait effectivement été défini. Ce cadre provisionne un certain nombre de mesures évolutives, censées faciliter la solution des sujets plus épineux et consolider la confiance réciproque ; il contient aussi la définition précise des engagements des protagonistes, durant le processus à commencer au lendemain des élections, de même que le modus operandi détaillé des négociations à s’ouvrir et - cela est capital - l’énoncé mutuellement accepté des problèmes réclamant des solutions.

Dans le même temps, Mahmoud Abbas dispose d’un soutien domestique suffisant pour lui permettre de réformer, sans attendre, les incongruités existant au sein de l’Autorité Palestinienne. Ainsi, il a réussi le tour de force de rallier à la cause du non usage des armes, parmi les moyens de l’Intifada, la plupart des cadres de l’OLP mais surtout la majorité des Palestiniens. Il appelle à la fin de « l’Intifada militaire », autrement dit, à la fin de l’Intifada tout court. Il y a tout juste deux mois, cette prise de position, de la part du chef de l’AP, n’était tout simplement pas imaginable.

Abbas a d’autre part averti les organisations islamistes - en Palestine autant que leurs chefs exilés à Damas - qu’il ne leur restait que peu de temps pour désarmer et pour se transformer, de leur plein gré, en partis politiques. Il a fait savoir à Khaled Mashal, le chef du bureau politique du Hamas, en Syrie, que c’était pour eux la seule sortie honorable autant que pacifique de leur statut actuel. Certains signes étonnants montrent à ce sujet que la discussion est sérieusement ouverte au sein des organisations terroristes elles-mêmes.

Finalement, Abbas et Qoreï se livrent à l’épuration des éléments peu fiables, arafatiens et Tanzim au sein des cadres de tous les services de sécurité. Plus de 85 personnes ont ainsi déjà été remerciées. Sur le plan politique, ils ont prévu, dès la proclamation des résultats des élections, de se séparer de 7 ministres trop proches du porte-avions d’Arafat et de sa dialectique du martyre pour participer sincèrement au processus visant à la proclamation de notre Etat. On va voir apparaître des têtes qui vont vous surprendre, avant le début du printemps 2005. Je ne vous en dis pas plus aujourd’hui. Je trouve que je vous en ai déjà beaucoup dit.


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