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Joyeux Noël d’Ilan

Par Ilan Tsadik © Metula News Agency

vendredi 24 décembre 2004
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Noël… la magie blanche, féerie où tout devient possible, où la frontière entre la réalité et l’imaginaire semble pouvoir être transgressée. Où, dans la presse en fête, on n’est plus du tout certain de savoir si ce qu’on lit tient du reportage ou d’un miracle de la Nativité.

A croire le Télégramme, par exemple, à propos de la Controverse de Nétzarim, que nous connaissons un peu, il faudrait (lire l’article) commis par la plume éclatante de Paul-François Paoli. Selon celui-ci, il existerait « un reportage jordanien montrant le père de l’enfant à l’hôpital, au chevet de celui-ci, peu avant sa mort ». La mort de qui, Paul-François, c’est difficile à comprendre, dans votre phrase pas très claire ?

Ce ne peut être que du décès du père, Jamal, en fait, dont parle le journaliste breton, puisque tous les témoignages concordent sur ce que l’enfant, Mohamed, est mort « sur le coup », derrière le baril en béton posé au carrefour de Nétzarim, loin de tout hôpital. Parce que, aussi, le reportage jordanien ne montre que le père, blessé et plâtré, sur un lit d’hôpital.

Le père du jeune Mohammed, toujours d’après le Télégramme, quelques lignes plus bas dans l’article, aurait refusé de rencontrer notre camarade Luc Rosenzweig... Observez les points de suspension, que j’ai repris tels quels du quotidien du ponant. Ils disent les doutes que le lecteur est invité à entretenir à l’endroit du faune Rosenzweig. Ils disent « allez croire ce tourmenteur de Saint Enderlin, du Saint service public… »

Rassurez-vous, bonnes gens, Rosenzweig n’a pas versé dans le spiritisme, car Jamal n’est pas mort. Jamal avait même accepté de rencontrer l’ancien rédacteur en chef du Monde, ce printemps, contrairement aux certitudes pataphysiciennes du journal breton. Simplement, des officiels de l’Autorité Palestinienne avaient dissuadé notre ami de se rendre au rendez-vous, à Gaza, alors qu’il avait déjà franchi les contrôles israéliens au point de passage d’Erez.

Paoli aurait pu écrire moins de bêtises, s’il avait effectivement parlé à Luc Rosenzweig, au lieu d’affirmer, très tendancieusement, « n’avoir pas pu le joindre ». Un tuyau d’Ilan, mon pote : la meilleure manière de joindre quelqu’un, c’est encore d’essayer !".

Evidemment, il est difficile de procéder à un questionnement sérieux, lorsqu’on le commence par une affirmation du genre : « Peut-on parler d’une « affaire Charles Enderlin », du nom de cet expert reconnu du conflit israélo-arabe, correspondant permanent de France 2 à Jérusalem depuis 1981 et auteur d’un livre de référence ? » La niaiserie poussée à une telle extrémité s’appelle de l’adulation. Ce procédé par vénération affichée se répète dans toutes les lignes de nos contempteurs ; il a pour but de dissiper l’idée de l’existence d’un doute avant même de l’avoir abordée ; le reste devenant derechef du remplissage, plus qu’approximatif, voué uniquement à donner le change en faisant croire au public qu’on a réellement procédé à une enquête.

Pas étonnant, dans ces conditions, que ce pisse-l’encre de province écrive que notre « accusation est réfutée », en invoquant, pour preuves de cette réfutation catégorique, « un autre reportage de l’agence Reuters tourné au même moment » ou le décès - dont j’ai parlé précédemment - du père ou de l’enfant sur un lit d’hôpital, l’un étant vivant et l’autre, censé être mort sur le bitume brûlant.

Cette argutie n’est même pas licencieuse, elle est tout simplement absurde. De là à penser qu’elle pourrait effacer les dizaines de preuves de la mise en scène que nous avons produites, Paoli va rapidement s’apercevoir qu’il lui reste quelques océans et quelques étendues désertiques à traverser.

Autre travers des renforts de la garde de Chabot, dans lequel notre pseudo collègue s’immerge corps et âme, celui qui tend à faire appel - pour diffuser leurs plus grossières insultes, leurs plus épaisses inepties - à des témoins anonymes. Le besogneux du Télégramme sort ainsi de son chapeau de prestidigitateur un « grand reporter du Figaro qui se trouvait sur le terrain à l’époque », lui attribuant les qualités nécessaires pour qualifier la Metula News Agency de « blog hystérique ». Cela ressemble à s’y confondre à l’affirmation de Belphégor Koudvan, pour Nicolas Delesalle dans Télérama, à qui il faisait dire que notre agence était le « versant honorable de l’intégrisme juif ».

On peut légitimement craindre que l’occupation nazie de la France et le collaborationnisme d’une grosse partie de la presse tricolore avec les fascistes ont duré trop longtemps et que la mauvaise habitude de dénoncer les « fautes » des Juifs sous le couvert de l’incognito ait du mal à disparaître. On peut aussi se demander sur quel terrain se trouvait Barbe rouge, le « grand reporter du Figaro » de Paul-François Paoli ?

Etait-ce sur le carrefour de Nétzarim, au moment de l’assassinat de Mohamed Al-Dura, auquel cas, Barbe rouge est prié, toutes affaires cessantes, à France Télévisions, dont le témoin unique vient être pris en flag de faux témoignage donné sous serment ? Ou était-ce n’importe où ailleurs, auquel cas, son attestation ne comporte pas le moindre intérêt pour la démonstration de la vérité et où l’usage de la formule se trouvait sur le terrain à l’époque dans le Télégramme est abusif, en cela qu’il donne à son dénonciateur anonyme une autorité usurpée de témoin, que rien d’objectif ne justifie ?

Encore au sujet de l’usage intempestif des témoignages anonymes par la presse des anti-Dreyfusards dans la Controverse de Nétzarim : si on peut certes comprendre les raisons justifiant de conserver l’anonymat d’un Michaël Béhé, à Beyrouth, écrivant sous la menace des Moukhabarat (la police secrète) de l’occupant syrien, les raisons de la conservation de l’anonymat de témoins français, vivant sur sol français, s’exprimant dans des publications françaises, restent pour le moins inexplicables. La seule antériorité à laquelle on puisse effectivement penser, dans ce cas, demeure l’anonymat des dénonciateurs de Juifs à la Police française ou à la Gestapo.

Il faut toujours se demander, dans le cadre d’un article, si l’on veut éviter de verser dans les méthodes de Je suis partout, si la conservation de l’anonymat d’un témoin est absolument nécessaire. A notre avis, seule la situation dans laquelle le témoignage d’un intervenant est irremplaçable pour le dévoilement d’une vérité capitale ET dans laquelle la SECURITE physique du témoin est directement et indiscutablement menacée, justifie une telle mesure. Aussi, à la Ména, nous nous réjouissions de la décision de Mademoiselle Véronique Chemla, de nous autoriser à décliner son identité. Véronique Chemla est cette journaliste française, correspondante à Paris de notre consoeur l’agence de presse Guysen Israel News et collaboratrice d’autres revues françaises, israélites et non israélites, que j’ai mentionnée sous le pseudonyme de « journaliste », dans mon article Grand pays démocratique désorienté recherche un Emile Zola d’urgence pour sauver ses libertés fondamentales (lire). Mademoiselle Chemla, qu’Arlette Chabot avait menacée de procès si elle faisait état des questions qu’elle se posait, et notamment lorsqu’elle s’était montrée incapable de distinguer la moindre trace de sang sur les images des victimes des 13 balles israéliennes, qui lui avaient été présentées par la directrice de l’information de France 2. Notre collègues s’était, dans un premier temps, préoccupée des capacités qu’avait un journaliste du rang de faire face, lors d’une mise en cause judiciaire, à la chaîne publique et sa formidable batterie d’avocats. Cette considération était tout à fait raisonnable, soit dit en passant. Chemla s’est ensuite ravisée, considérant que son intérêt particulier passait au second plan et qu’il lui était intellectuellement inconcevable de garder l’anonymat, en tant que journaliste, que citoyenne française et que personne de confession israélite, devant l’accusation de « révisionniste » que lui avait assénée Arlette Chabot. A noter que Véronique Chemla n’avait procédé à aucune déclaration et qu’elle s’était contentée de faire son travail de journaliste, en posant à son hôte les questions qui lui semblaient significatives. Nous, tous les journalistes de la Ména, de saluer le courage symbolique de notre consoeur et de l’assurer de notre soutien le plus entier au cas ou France 2 déciderait de mettre à exécution les menaces que Chabot avait proférées à son endroit.

Pour conclure cet article, Ilan veut reproduire l’un des commentaires effectués par le reporter masqué du Figaro dans l’article du Télégramme. Parlant de la France, « « nous sommes, sur le plan de la liberté de parole et d’expression, un pays du tiers-monde », se plaint un confrère du Figaro qui cite en exemple Israël et les Etats-Unis en matière de débat public ».

Confidence pour confidence, on commençait ici à s’en douter un peu. Tout, dans le traitement de cette controverse par les médias et les autorités françaises, souligne ce bilan éminemment préoccupant dressé par Barbe rouge. A moins - mieux vaut prendre la précaution de ne pas commenter une assertion anonyme - que cette constatation provienne de Paul-François Paoli lui-même. Dans le cas présent, cela n’a aucune espèce d’importance.


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