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L’Ambassadeur d’Israël au Cameroun, Monsieur Benny Omer a donné une interwiew au journal Camerounais « Le Messager ».

par Sandeau Nlomtiti

mardi 21 décembre 2004
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Il était face aux étudiants de l’Institut des relations internationales du Cameroun (Iric) le 15 décembre. Il a présenté son pays et les rapports que ce dernier a toujours entretenus avec l’autorité palestinienne. Mais quelque temps auparavant, il avait bien voulu répondre aux questions du journal

Comment jugez-vous en ce moment la nature de vos relations avec l’autorité palestinienne ?

Nous sommes impressionnés de la façon par laquelle les dirigeants palestiniens actuels sont en train de régler leurs problèmes internes. Nous n’avons aucune intention d’intervenir. Ce sont les affaires internes des Palestiniens. Mais nous sommes contents de voir qu’ils essayent petit à petit de contrôler leur territoire, de développer un dialogue constructif avec les parties extrémistes chez eux. Par exemple, le Hamas, le Jihad islamiste, les organisations qui s’opposent au processus de paix. Le groupe de quatre ou cinq dirigeants palestiniens qu’on appelle le Groupe des modérés raisonnables sont en train de voyager dans le monde arabe pour obtenir un accord et un appui de la grande majorité des pays arabes membres de la ligue arabe. Par là, ils veulent préparer les élections du 9 janvier 2005. Espérons que les résultats de ces élections nous conduiront à un futur dialogue. Si c’est le groupe des modérés qui prend le relais, ce sera une bonne nouvelle pour le Moyen-orient.

Concrètement, qu’est-ce que vous entendez faire de votre côté pour maintenir la paix ?

L’Etat d’Israël a toujours dit et le Premier ministre a confirmé plusieurs fois qu’il est prêt à faire des concessions pénibles. Lorsque monsieur Sharon parle des concessions pénibles, il fait allusion aux concessions territoriales. Il a ce programme de céder la bande de Gaza au mois de juillet 2005. Même s’il doit le faire de façon unilatérale. L’idéal serait d’avoir un accord avec les futurs dirigeants palestiniens sur place pour qu’ils puissent prendre leurs responsabilités. Surtout sur le plan de la sécurité. Nous avons pris cette obligation de suivre la fameuse feuille de route qui oblige chacun des deux côtés à faire certaines choses. Par exemple, les Palestiniens doivent lutter contre le terrorisme et exécuter certaines réformes dans leur système politique pour avoir un meilleur contrôle sur les forces de sécurité, un meilleur contrôle de transparence du système économique et financier.

Malheureusement, on doit dire ouvertement que pendant le temps d’Arafat comme responsable de l’Autorité palestinienne, les affaires par exemple financières n’étaient pas tout à fait transparentes. Ce n’est pas dévoiler un secret que dire que ce Monsieur a pu accumuler quelques centaines de millions de dollars à l’étranger. Il a laissé pas mal d’argent pour sa veuve et sa fille. Un argent qui venait du Japon, des Usa, bref de la communauté internationale pour le bien-être des Palestiniens qui souffrent dans les territoires occupés. Pas mal d’argent a été détourné par Arafat et d’autres dirigeants corrompus.

Oui mais Arafat étant mort, qu’est-ce qu’on peut entrevoir ?

J’espère que les jours après la disparition de M. Arafat emmèneront les bonnes nouvelles pour la région. Dernièrement, certains dirigeants arabes se sont exprimés pour dire que le problème le plus important du monde, c’est la crise au Moyen-Orient. Du fait qu’on n’a pas réglé les affaires entre Palestiniens et Israéliens. J’ai l’impression qu’une fois pour toute on pourra régler ces affaires entre nous avec une bonne volonté et des dirigeants responsables du côté palestinien ayant en face d’eux des dirigeants israéliens prêts à négocier une paix qui serait raisonnable pour les deux côtés. Mais nous n’acceptons pas les actes de menace. Et tant qu’il y a des actes de terrorisme, on ne pourra pas négocier avec les Palestiniens pour les accords de paix tandis qu’ils envoient les gens pour attaquer les Israéliens dans les rues, les quartiers, les restaurants ou les universités. Nous sommes en train de souffrir depuis le mois d’octobre 2000. Pour un Israélien qui sort le matin, il n’est pas sûr qu’il va rentrer à la maison. Il est temps d’arrêter cela. Parce qu’il faut que les Palestiniens comprennent qu’en utilisant la violence, ils n’obtiendront rien des Israéliens.

Vous leur donnez quelles garanties pour cela ?

On a deux précédents historiques qui montrent la logique qu’avec les Israéliens, on obtient mieux et plus en négociant. Avec l’Egypte, on a négocié un accord de paix. Ils ont reçu tout le territoire occupé qu’on leur a pris pendant la guerre de six jours de 1967, jusqu’au dernier millimètre carré de terre. C’était la même chose avec la Jordanie. Arafat c’est quelqu’un qui était assez intelligent de voir la réalité et copier certaines idées de ses prédécesseurs. Le président égyptien, Sadate, qui a eu le courage de venir à l’Assemblée nationale israélienne présenter un discours pour ouvrir les coeurs des Israéliens pour un futur accord. Et plus tard, le roi jordanien qui avec le Premier ministre israélien Rabbin ont pu signer un accord de paix.

C’est tragique de dire que les Palestiniens ont raté un moment de signer un accord de paix avec nous. Au mois de septembre 2000 au Camp David avec le président américain Bill Clinton et le Premier ministre israélien Barak, M. Arafat a refusé l’offre très généreuse du côté israélien de recevoir 97 % des territoires occupés par Israël en tant que futur Etat palestinien. Parce qu’il était sûr qu’en utilisant la violence et le terrorisme, il peut obtenir plus. Malheureusement, on a constaté que c’était une erreur très grave. Il n’a rien reçu. Mais quelle mémoire collective pour le peuple palestinien et mondial pour ce monsieur ? C’est quelqu’un qui était guerrier pour toute sa vie. Mais il n’a pas eu le courage ou la possibilité de faire un changement mental pour devenir un homme d’Etat qui cherche l’avenir de son peuple. Le prix de son extrémisme, nous sommes en train de le payer : les Israéliens et les Palestiniens. On a perdu ensemble plus de 40 000 personnes en quatre ans. Côté israélien, plus de 1 000 personnes ont péri et autant ont été blessés. Les chiffres sont lourds pour les Palestiniens. Ceux-ci comptent plus de quinze mille blessés. Je dois dire en tant qu’être humain, je ne peux pas rester indifférent à la souffrance des Palestiniens.

Le peuple palestinien a raté plusieurs opportunités de signer des accords de paix. A la veille de l’indépendance de l’Etat hébreu en fin novembre 1947, quand il y a eu la fameuse résolution de l’Onu 181, qui a partagé ce territoire en deux : un pays hébreu et un pays palestinien indépendant. Malheureusement, ils ont refusé. Ils ont pensé qu’en utilisant la force, ce sera facile pour eux de jeter les juifs à la mer.

En vous écoutant, il ressort en filigrane que M. Arafat était un « démon ». pourtant depuis sa mort, il y a toujours une escalade de la violence. Pensez-vous qu’une paix est possible dans les conditions actuelles ?

Moi, je ne parlerai pas de démon mais d’obstacle. L’obstacle le plus dur, le plus féroce et le plus négatif pour nous, pour l’avancement d’un futur accord. Tant qu’il était vivant, il contrôlait les deux choses les plus importantes d’un peuple en développement : d’un côté il a refusé, malgré la demande de la communauté internationale et parmi eux l’Egypte et les pays arabes qui ont insisté, de céder ses pouvoirs en ce qui concerne la sécurité et les finances. La Palestine n’étant pas une démocratie, aucune personne ne pouvait oser critiquer le Raïs, le symbole de la lutte de l’indépendance. Parce que c’était quelqu’un d’une stature impressionnante.

Une fois qu’il n’est plus là, nous espérons, nous Israéliens, qu’il y a une nouvelle génération de leaders qui comprennent mieux la réalité, qui sont un peu plus réalistes au point de vue politique. Ils ont aussi le courage et le pouvoir de dire qu’on va tourner cette page. Je pense qu’au moment où les nouveaux dirigeants élus le 9 janvier prochain seront installés, s’ils nous invitent à une négociation, nous seront prêts à saisir la perche. Nous nous y préparons depuis longtemps.

C’est bien votre discours. Mais ne trouvez-vous pas disproportionné qu’un Palestinien lance la pierre et reçoive des Israéliens les balles ou les obus ?

Quand on jette une pierre, ça dépend de sa dimension. Et ça dépend de là où elle touche l’être humain qui est attaqué. Est - ce un civil ou un soldat ? Je connais pas mal d’histoires malheureusement de jet de pierre du troisième ou du quatrième étage. Un bloc de construction qui est tombé sur la tête d’un soldat et qui l’a tué. Est-ce que la pierre, c’est quelque chose de pacifique à votre avis ?

L’obligation des forces de sécurité israéliennes est de protéger leurs concitoyens qui vont au boulot le matin, à l’école, au marché ou partout ailleurs et qui ont le droit de vivre en paix et en sécurité. Malheureusement, cette sécurité et cette paix sont menacées quotidiennement par les extrémistes palestiniens. Je dois vous dire que la plupart des palestiniens cherchent la paix et la stabilité. Ils comprennent bien que c’est bien pour leur avenir. Parmi eux, il y a des gens d’une très grande instruction académique. C’est un élément de bonne qualité. Et une fois qu’ils auront un Etat viable, ça peut être la première démocratie au monde arabe. Vous savez, vous avez plus de 20 pays arabes. Il n’y a aucune démocratie parmi eux. Pourquoi ? C’est une question à poser. Mais il se peut que les Palestiniens, vu l’expérience de leur voisinage de 56 ans avec les Israéliens, pensent que l’idéal est d’avoir une démocratie. Et c’est possible. Parce que je pense que la masse critique des Palestiniens veut la paix. Et c’est bien pour eux. Vivre dans une région stable et pacifique peut attirer des investisseurs pour développer l’économie.

Vous paraît-il logique que nous, nous passions chaque jour le temps à enterrer nos morts à cause des agressions terroristes ? Non. J’espère que vous n’aurez jamais le malheur de vivre cette expérience chez vous. Pensez-vous que le gouvernement camerounais restera les bras croisés si son peuple est menacé de l’intérieur par les voisins qui traversent juste la frontière et viennent faire sauter les bombes dans les bus, les restaurants, les écoles ou tout autre endroit ? Non. Vous avez mis une forte sécurité pour barrer le chemin aux coupeurs de route. C’est donc assez logique qu’un gouvernement responsable se batte contre le terrorisme. Même ce que certains journalistes appellent les assassinats ciblés, tout Etat le ferait. Si on vous informe qu’il y a un kamikaze qui viendra provoquer des morts chez vous, la meilleure chose à faire serait de l’éliminer chez lui.

Aucune violence n’est à encourager. Mais aux yeux d’une certaine opinion, les Palestiniens se présentent toujours en victimes…

Le problème c’est que vous recevez les informations de médias pas favorables à Israël. On vous montre des photos sur Tv5. Les médias européens, surtout français, ne font pas bien leur travail. Ils ne sont pas très amicaux avec l’Etat d’Israël. Malheureusement, je dois le dire honnêtement et ouvertement. Ils montrent le côté palestinien en tant que peuple souffrant. C’est normal qu’on s’identifie avec ceux qui sont en train de souffrir. Mais pourquoi souffrent ces gens ? Ils souffrent parce qu’ils sont en train d’essayer de tuer les Israéliens.

Il faut voir la haine que la télévision palestinienne montre chaque jour. Avec des chaussures pour les martyrs. On a demandé à une femme, elle avait à côté d’elle son fils de 10 ans. On a dit : Madame, qu’est-ce que vous désirez pour l’avenir de votre fils ? Elle a répondu ouvertement qu’ « une fois qu’il arrive à l’âge de 16, 17 ou 18 ans, moi j’espère pour lui qu’il prenne les explosifs, qu’il parte tuer le maximum d’ Israéliens dans un café ou dans un bus. Pour moi, il va devenir un martyr et il ira au paradis ». Imaginez - vous à quel niveau la haine des Israéliens existe du côté des Palestiniens. La moindre des choses du côté du gouvernement et des autorités compétentes en Israël, c’est d’offrir un niveau raisonnable de paix et de sécurité aux Israéliens. Parmi nous, nous avons 20 % des citoyens qui sont d’origine arabe palestinienne. Et ils sont citoyens comme moi. Ils ont le même passeport, les mêmes droits et obligations. Nous avons des membres de l’Assemblée nationale qui sont des Arabes israéliens. Ça veut dire d’origine palestinienne. Ils critiquent le Premier ministre Sharon pour ses positions. Ils ont la liberté. Vous pouvez me montrer des parlementaires juifs dans un pays arabe qui critiquent le chef de l’Etat ?

Pensez-vous qu’il soit raisonnable que Israël se donne la liberté et le pouvoir de décréter si oui ou non la Palestine est un Etat, et un Etat indépendant ?

Pour qu’on puisse avoir un Etat indépendant palestinien, c’est la combinaison de plusieurs éléments. Je pense qu’une fois qu’ils auront un accord raisonnable avec nous, le côté israélien sera obligé de céder certains territoires qui sont actuellement occupés.

Pourquoi certains ?

Parce que c’est une question non seulement stratégique, mais aussi importante. Nous avons ce qu’on appelle les colonies juives. Le président américain Georges Bush et le Premier ministre israélien Sharon ont eu un accord de principe que certaines parmi ces colonies pourront rester entre les mains des Israéliens après un futur accord israélo-palestinien. Il se peut que le gouvernement israélien sera prêt, et je le dis parce qu’on n’a pas encore pris une décision, à leur céder des terres. Un des scénarios que l’ancien Premier ministre Barak leur a offert, en leur disant : « je vous donne 97 % des territoires occupés » en septembre 2000. On aurait pu avoir depuis un Etat palestinien. A cause d’Arafat, ils ont perdu cette occasion. Les 3 % sont des colonies importantes qui sont des villes regroupant des dizaines de milliers de personnes qui ont vécu là-bas, qui sont nées là-bas. Depuis fin juillet 1967.

Il y a certaines choses qu’on va pouvoir garder avec l’accord des Etats-Unis. Mais il faudra compenser les Palestiniens avec d’autres territoires qui nous appartiennent.

Nous avons vite compris que le futur Etat palestinien soit un Etat viable et fort économique-ment. Qui pourra être debout sur ses deux pieds du point de vue économique.

S’ils sont bien du point de vue économique et politique, ils ont moins de temps pour le terrorisme. Nous avons besoin d’un bon voisin à qui on peut faire confiance. Qui ne va pas nous attaquer avec les attentats terroristes. Il faudra créer des industries sur place, développer l’agriculture. Là ils n’auront plus à traverser pour venir travailler chez nous.

Les deux parties doivent s’asseoir pour faire des concessions, car il n’y aura pas d’accord parfait. A chacun de jouer sa partition pour la paix.


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