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Lviv en Ukraine, banlieues françaises et New York, un même antisémitisme

Hélène Keller-Lind

lundi 17 octobre 2011
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Étonnant qu’un même jour on retrouve les mêmes manifestations d’antisémitisme à Lviv en Ukraine, ville dont un tiers de la population était juive avant la deuxième guerre mondiale et où l’on ne compte plus que 3.000 Juifs, et à New York dans des manifestations contre Wall Street...Si ce n’est qu’en Ukraine l’élément soit-disant pro-palestinien mais de fait anti-israélien ne semble pas en être une composante comme c’est le cas à New York. Ou dans certaines banlieues françaises

Lviv, Ukraine, journée d’hommages aux héros ukrainiens : deux versions, l’une raciste et antisémite, l’autre pas

Il est vrai que les nationalistes ukrainiens ont été persécutés par le régime soviétique, puis par les nazis. Après, toutefois, ce qui fut une lune de miel de courte durée avec le régime hitlérien qui leur avait laissé croire qu’il leur accorderait l’indépendance qui leur avait presque toujours échappé. Ils furent à nouveau persécutés par les Soviétiques qui remplacèrent les nazis. Jusqu’en 1952 quand le NKVD eut finalement raison d’eux.

Mais l’Ukraine est devenue indépendante en août 2011. Sans toutefois qu’un coup de baguette magique n’en fasse une démocratie à l’occidentale ni ne la dote d’une économie prospère. Alors, vingt ans plus tard, les nationalistes manifestent leur impatience. Nationalistes qui appartiennent à divers mouvements, plus ou moins radicaux.

Ainsi, le 16 octobre, une manifestation réunissant trois ou quatre cents personnes, jeunes pour la plupart, était organisée, non pas pour pleurer leurs héros, mais pour leur rendre hommage. Leur figure de proue est Stepan Bandera, personnage controversé qui fonda le parti nationaliste ukrainien Oun mais collabora avec l’Allemagne nazie avant d’être emprisonné par le régime nazi dans la redoutable prison de la rue Briulova à Lviv, lieu de maints massacres, dont d’Ukrainiens lors du retrait soviétique de 1941, puis de Juifs, accusés alors de ces meurtres, et siège de la Gestapo pendant la durée de l’occupation nazie. Il en fut libéré en 1944, pour être assassiné dix ans plus tard en Allemagne, avec le feu vert de Moscou, dit-on.

Les slogans de cette manifestation se sont résumés à chanter la gloire de l’Ukraine et du dirigeant - Stepan Bandera- et à promettre la mort « aux ennemis ». Des ennemis non précisés. Toutefois racisme et antisémitisme ne semblent pas faire partie de leur crédo.Selon un observateur ukrainien qui se spécialise dans ce mouvement et est sans doute un sympathisant, celui-ci réunit des idées de droite nationaliste et de gauche, puisqu’il prône l’égalité et la justice. Un mouvement récent qui n’a que trois ans mais dont le nombre de sympathisants a doublé en un an. Implanté dans toute l’Ukraine, son berceau est à Lviv où le nationalisme est particulièrement actif.

Il en va autrement d’un autre groupe de nationalistes ukrainiens qui, lui, se montre ouvertement militariste, raciste et antisémite. Ainsi, « Les Patriotes », jeunes également pour la plupart ont défilé dans le centre de Lviv les 15 et 16 octobre, en uniforme, chantant des slogans promettant de « nettoyer l’Ukraine des Noirs et des Juifs. » Manifestation tout à fait officielle puisque leur relativement petit cortège était encadré par deux voitures de police. Quant aux raisons de ce type de slogan raciste et antisémite, le même observateur ukrainien l’explique ainsi : « il y a dans des villes comme Kiev des étudiants africains qui viennent avec des bourses octroyées par le gouvernement ukrainien mais qui ne mettent jamais les pieds à l’université pour la quasi totalité d’entre eux comme le montrent des statistiques. Alors que le pays a des difficultés économiques. Et certains se livrent à des trafics de drogue. Il y a, par ailleurs, beaucoup d’immigrants illégaux venant d’Asie, qui viennent travailler en Ukraine. Quant aux Juifs, beaucoup de gens riches ici sont juifs, c’est un fait.  »

On retrouve ici le bon vieux stéréotype antisémite classique du Juif riche et, en sous-entendu, dont on ne sait trop comment il s’est enrichi, à moins que cela se soit fait en exploitant des non-Juifs. Alors que de fait nombre de Juifs ukrainiens sont pauvres, voire extrêmement pauvres. D’où la nécessité pour des organismes caritatifs comme le B’nai B’rith à Lviv, par exemple, de fournir des repas ou des soins médicaux à une partie de ces pauvres.

Ce stéréotype est d’ailleurs entretenu très officiellement. Ainsi dans une brochure en anglais distribuée par l’office du tourisme de Lviv et publiée avec le concours d’un programme de l’Union Européenne, on rapporte complaisamment ce type de stéréotype antisémite à propos d’un Juif de Lwow qui construisit en 1921 « la Maison de Shprekher » connue sous le nom de la Maison des Livres. On lit dans cette brochure officielle que ce bâtiment fut construit en dépit des promesses de son propriétaire qui tricha pour le surélever, bloquant de ce fait la vue de la Cathédrale latine et dominant la statue du poète national Mitskevych...provoquant alors des protestations et manifestations. On omet de préciser que ces manifestations avaient lieu trois ans seulement après un pogrom particulièrement sanglant à Lwow, au cours duquel plus d’une centaine de Juifs furent assassinés et des centaines blessés, des magasins juifs pillés, des bâtiments détruits. Dans ce qui fut une mini guerre civile entre Ukrainiens et Polonais des catholiques ukrainiens furent également tués. Mais, comme chaque fois qu’il y avait des troubles, quels qu’ils soient, les Juifs en étaient les victimes. Et ce n’était pas là le premier ni le denier pogrom antisémite de la région. Il y eut des pogroms après l’arrivée des nazis également. Mais, de manière générale, l’Ukraine est très pudique sur ce passé antisémite rarement évoqué, pour ne pas dire pas du tout.

A propos de ce même Iona Shprekher il est précisé que bien « qu’incroyablement riche, » il « était « d’une telle avarice qu’il ne mangeait que des pommes de terre avec de l’huile et marchait toujours, ne voulant pas dépenser le peu d’argent – 20 grosh- que coûtait un billet de tram. »
Dans un autre guide touristique, en ligne cette fois, on lit à propos du quartier juif où les Juifs se livraient à l’usure – ce qui a des raisons historiques non mentionnées, à savoir l’interdiction faite par l’Eglise aux chrétiens d’exercer cette profession – et à la fabrication d’alcool de contrebande – vrai ou faux ? - que le service des eaux de la ville leur coupait l’eau pour pouvoir exiger des taxes plus élevées, « sachant que les possibilités des Juifs étaient illimitées. » Ce Juif caricatural et immensément riche, là encore.

Un même antisémitisme à New York lors des protestations contre Wall Street, ou dans les banlieues françaises

En ce même 16 octobre à New York, au cours des manifestations contre Wall Street, Ynetnews rapporte la coloration antisémite qu’on a pu y constater. Avec une vidéo particulièrement révoltante dans laquelle on voit un jeune haineux insulter copieusement un Juif portant kippa

Cela n’est pas sans rappeler les motivations d’un certain « gang des barbares » qui tortura des jours durant Ilan Halimi détenu en otage parce que ces jeunes imbéciles, à l’instar de maint « jeune de banlieue », pensaient que les Juifs sont riches et paieraient donc sa rançon...Même prémices .

Une différence, toutefois, à New York ce type de propos ne se tient sans doute pas avec l’aval des autorités. Et en France ce type de manifestation n’est pas autorisé par la loi – un manque de démocratie pour ce jeune observateur ukrainien - Autre différence : à Wall Street les propos antisémites étaient accompagnés de propos anti-israéliens, en France c’est le contraire que l’on constate souvent. Ces autres imbéciles à Wall Street pensant, entre autres, que la Bande de Gaza serait toujours occupée par Israël, alors qu’il n’y a qu’un seul Juif en ce lieu, un jeune otage franco-israélien, retenu en otage et au secret depuis plus de 5 ans et qui devrait être libéré en échange de 1027 terroristes dont de nombreux assassins de Juifs.


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