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Guilad Shalit : de la responsabilisation des palestiniens à la stérilité de la lutte contre Israël

Bertrand Ramas-Muhlbach

lundi 17 octobre 2011
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Le 11 octobre 2011, le Premier Ministre Benjamin Netanyahou a dévoilé les éléments de l’accord passé avec le Hamas concernant la libération du soldat Guilad Shalit, échangé contre 1027 prisonniers palestiniens. Loin de préjuger un quelconque accord de paix, le Hamas a déjà promis aux prisonniers palestiniens (non concernés par l’accord) une libération prochaine des geôles israéliennes (le 14 octobre), tout en affichant (le même jour) son refus de renoncer au principe du kidnapping de soldats israéliens dans le futur.

Dans les systèmes démocratiques, l’enlèvement d’une personne est une infraction qui entre dans la catégorie des crimes mais pour le Hamas, cette classification internationale est inconnue tout comme les règles morales universelles qui interdisent de s’en prendre aux biens ou aux personnes, qu’elles soient juives ou non.

La raison en est simple. Il n’existe pas, au sein de la société palestinienne, un mécanisme de responsabilisation de l’individu, organisé autour des concepts de bien et de mal, tel qu’admis dans les sociétés occidentales. Si les palestiniens s’engageaient sur la voix de la responsabilisation des actes accomplis, ils pourraient s’inspirer du mécanisme qui prévaut en Israël, avec notamment le Yom Kippour (célébré cette année les 7 et 8 octobre 2011). Pendant ce jour (le plus saint et le plus solennel du calendrier juif), la Thora commande de faire propitiation et de s’humilier. Ainsi et avec les prières pénitentielles (slihot), le jeûne (tsom), les formules de confession (viddouï), (et l’ensemble du rituel exposé dans le traité yoma de la Michna), les juifs doivent reconnaître leurs transgressions, les regretter, s’engager à ne plus recommencer, et enfin réparer leurs fautes par l’acceptation de la peine, pour obtenir le pardon divin. A l’égard de la personne offensée, il convient en outre de réparer les préjudices causés et accepter les pénalités que la loi impose. Pour sa part, la législation palestinienne ne recommande pas aux individus d’assumer leurs actes, de reconnaître leurs fautes et de répondre des conséquences qui en découlent dans un cadre plus général de devoirs, d’obligations et de valeurs morales.

Si tel était le cas, il n’y aurait plus de jets de pierres comme ceux du 25 septembre 2011 (près de l’implantation de Kyriat Arba à proximité de Hébron), ayant causé la mort de Asher palmer et de son fils de huit mois lors de l’accident de la circulation qui les a emportés tous les deux (les auteurs ont été arrêtés le 6 octobre 2011). Les palestiniens éprouveraient au contraire des remords ou des regrets, s’animeraient d’une volonté de réparer et surtout, s’engageraient à ne plus recommencer.

Plus généralement, si les palestiniens acceptaient d’analyser les actes et les situations, ils réaliseraient alors que leur modèle idéologique qui repose sur la rancune et la vengeance est parfaitement stérile et absurde et que les juifs ne sont en rien des voleurs de terres. Depuis que les arabes ont envahi la région (que les romains ont baptisé Palestine), assiégé Jérusalem en l’an 614, et converti la population locale à l’Islam, ils ne l’ont quasiment jamais dominé. Plus précisément, et depuis que le territoire a été placé sous domination ottomane en 1533, il n’y a plus jamais eu de souveraineté arabe en Palestine. Le nationalisme arabe et la volonté de s’unir autour de l’héritage commun avec une identité d’histoire, de langue de culture sont nés au début du XX° siècle, mais les juifs ne sont pas responsables de leur échec. De même, si la grande révolte arabe menée en 1916 contre l’Empire Ottoman avec pour finalités l’indépendance des provinces arabes et la création d’un Etat arabe unifié n’a pas abouti, ce n’est pas aux juifs qu’il faut le reprocher. Si les anglais n’ont pas tenu la promesse faite au Cheikh Hussein en 1916, ce n’est pas aux juifs qu’il convient de s’en prendre. De même, la décision de fonder un foyer national juif en Palestine a été prise par les anglais, non par les juifs (même s’ils l’appelaient de leurs vœux). Enfin, c’est l’Onu qui a adopté la résolution du 29 novembre 1947, décidant du partage de la Palestine entre un Etat juif et un Etat arabe, non les juifs eux-mêmes. Les arabes ont alors préféré renoncer à une souveraineté partielle sur la Palestine à cette époque.

Certes, on comprend que les palestiniens puissent éprouver une certaine frustration après avoir été trahis par les anglais qui n’ont pas tenu leur promesse, pour avoir été piégés par la communauté internationale qui a décidé du partage d’un territoire qu’ils auraient tant aimé voir unifié sous domination arabe, et enfin pour avoir été faibles devant l’argent de la communauté juive qui a racheté les terres à prix d’or. Pour autant, cette frustration ne doit pas alimenter une haine contre les juifs qui n’ont pas maitrisé le processus du partage même s’ils l’ont indéniablement voulu. En d’autres termes, si Nakba (catastrophe) il y a pour les palestiniens, les juifs n’en sont en aucun cas responsables.

Les palestiniens essaient en fait de s’auto persuader (sans véritablement y parvenir) que les actes anti juifs sont des actes de résistance, mais les traces du passé renferment l’histoire du peuple juif, réalité qui est définitivement insupportable pour eux. Ils l’ont encore illustré le 5 octobre 2011 à Naplouse. Ce jour, les palestiniens ont profané la tombe de Joseph en la couvrant de symboles nazis (ce n’est d’ailleurs pas la première fois que ce phénomène se produit). La raison en est simple : ce lieu leur rappelle à chaque instant que si usurpation de terre il y a, ce sont eux qui en sont les auteurs. En effet, le fils de Jacob devenu conseillé privilégié de Pharaon, est enterré en ces lieux depuis fort longtemps, en tous les cas bien avant les révélations faites au Prophète Mahomet et donc bien avant la naissance de l’Islam. Les palestiniens connaissent parfaitement l’histoire de Joseph qui est fidèlement racontée dans la sourate 12 du Coran. Le Coran reprend avec une très grande précision les circonstances de l’abandon par ses frères (verset 8.9), l’épisode avec la femme de l’intendant (verset 21), la période passée en prison égyptienne (verset 35), le songe royal (verset 43), la rencontre des frères en Egypte (verset 56), le retour des frères chez Jacob (verset 83), la prosternation de ses frères devant lui (verset 100). La sépulture de Joseph rappelle donc aux palestiniens qu’ils occupent une terre dont l’histoire ne leur appartient pas. Ce n’est d’ailleurs pas le seul évènement dont ils aient connaissance. Les palestiniens ont eu l’occasion de lire les longs développements consacrés par le Coran à Moïse dans la sourate 28, et sa conquête de la terre sainte (décrite dans la sourate 5). De même, le Coran raconte la science du roi David (27,15) et sa sagesse qu’il a transmise à son fils Salomon et le bénéfice par ce dernier, du trône d’Israël qu‘il a reçu en héritage (même verset).

Il est donc temps pour les palestiniens d’accepter l’historicité des événements, et d’admettre qu’ils sont implantés sur le patrimoine national juif, non l‘inverse. Les théoriciens de l’Islam doivent encourager le principe de l’indépendance de l’Islam à l’égard des autres religions, non penser que leur religion synthétise celles qui l’ont précédée. La Bible avait effectivement annoncé dans la genèse, le meurtre commis par un frère qui n’a pas supporté la préférence divine accordée à l’autre (épisode de Caïn) et la possibilité de gagner le droit d’aînesse par la ruse (épisode de Jacob). C’est effectivement l’objet des guerres de religion. Pour les surmonter, il faut responsabiliser les individus afin de maîtriser les travers humains et d’accepter l’articulation des évènements historiques. Lorsque le principe aura été admis, les palestiniens n’auront plus de rancunes, d’animosité ou de rancœurs à l’égard des juifs et les peuples juifs et palestiniens pourront vivre ensemble dans un grand mouvement de pardon mutuel et de responsabilisation accomplie. Les enlèvements de personnes seront définitivement prohibés en ce qu’il correspondent au vol d’une partie de la vie.


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