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Israël-Palestine : deux États, deux peuples

Par Richard Prasquier

vendredi 23 septembre 2011
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Un citoyen français juif doit-il s’impliquer dans la déclaration d’indépendance de la Palestine aux Nations unies ? Il y a des considérations juridiques et géopolitiques qui en font une initiative potentiellement néfaste. Mais il y a aussi des considérations existentielles et morales qui nous concernent directement.

J’aurais aimé applaudir l’entrée de l’État de Palestine à l’ONU. Le Crif s’est exprimé sans ambiguïté, je l’ai dit au président Abbas. Il faut deux États pour deux peuples, palestinien et juif. L’expression « État juif », qui existe dans la résolution de l’ONU de 1947, est mauvaise. Le titre du livre de Herzl, c’est L’État « des » Juifs. Les États et leurs frontières sont des produits des représentations collectives et de l’histoire avec ses contingences. État du peuple juif signifie qu’il y a de la place pour ceux qui ne le sont pas. Il y a 20% d’Arabes en Israël. État du peuple palestinien signifie qu’il devrait y avoir de la place pour des non-Palestiniens. Mais l’ambassadeur de l’OLP aux États-Unis a déclaré qu’il n’y aurait aucune place pour un Juif dans l’État de Palestine : en allemand, cela se dit Judenrein. Nous connaissons bien ce mot. Mais nul n’a fait grief à M. Abbas, qui avait tenu des propos analogues.

Il existe un peuple palestinien. Cela n’a pas toujours été le cas. Sinon, pourquoi un État n’a-t-il pas été créé en 1948 ? Ayant perdu la guerre qu’ils avaient déclenchée après leur rejet de la résolution de l’ONU, la Jordanie et l’Égypte se sont trouvées contrôler une partie du territoire mandataire (lui-même amputé au préalable par les Anglais pour créer la Jordanie). Dans les « frontières de 1967 », qui ne sont pas des frontières mais des lignes de cessez-le-feu, et qui ne datent pas de 1967, mais de 1948, ils auraient pu créer un État de Palestine : ils ne l’ont pas fait.

Il existe un peuple juif très ancien. La pratique religieuse n’en est plus la seule caractéristique depuis que Spinoza et l’ère des Lumières ont ouvert la voie aux identités laïques et en même temps aux mouvements de libération nationale dont le sionisme est une des figures. Forts de leurs traditions, en lutte contre la causalité diabolique que les passions antisémites leur assignaient, les Juifs se sont « autorisés ». Ils se sont rassemblés, physiquement pour certains, psychologiquement pour d’autres, autour de marqueurs collectifs, parmi lesquels Jérusalem joue un rôle central. En tant que membre de ce peuple, même si je n’habite pas son État, j’attends des Palestiniens qu’ils reconnaissent cette réalité, qu’ils cessent de prétendre que le judaïsme n’est qu’une religion et que Jérusalem n’a rien à voir avec l’histoire juive. On ne bâtit pas la paix sur de tels mensonges. La reconnaissance d’un État palestinien implique la reconnaissance d’Israël comme État du peuple juif. Cela n’a jamais été prononcé. Et la reconnaissance des uns par les autres implique que l’on se parle les uns avec les autres. Comment esquiver les négociations bilatérales alors que les destins sont imbriqués ?

Mais il y a autre chose, c’est le Hamas. Il y a un accord entre le Hamas et l’Autorité palestinienne. Soit il est réel, le Hamas est alors une composante majeure de l’État palestinien, qui en assume l’idéologie et en contrôle les activités. Soit il n’est qu’un chiffon de papier, et l’Autorité palesti­nienne n’a aucune responsabilité à Gaza, où le Hamas pourra à son gré embraser la région, maintenir Gilad Shalit dans une détention secrète et vouer ses enfants à la haine contre Israël.

Voilà des années qu’on promet la disparition du Hamas ou sa transformation en mouvement respectable. Mais après l’accord qui devait préluder à cette évolution, le Hamas n’a pas atténué son discours, alors que l’Autorité palestinienne durcissait le sien et ne faisait plus mystère d’utiliser la reconnaissance comme un tremplin pour une guerre judiciaire contre Israël. Si le Hamas importe particulièrement aux Juifs « diasporiques » que nous sommes, c’est qu’il appelle à notre assassinat. Dans l’article 7 de sa Constitution, les arbres et les pierres diront au jour du Jugement : « Oh, musulman, il y a un Juif derrière moi, tue-le ! » L’ONU pourrait-elle légitimer un mouvement exterminatio­niste ?


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