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Un kibboutz en Ardèche, 1ère partie

Par Stéphane Juffa© Metula News Agency

dimanche 5 décembre 2004
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On assiste, depuis ma conférence de presse à Paris du 5 novembre dernier, à une véritable levée de boucliers de la part des renforts de la garde médiatique française.

http://www.menapress.com/search.php?query=&topic=36

A moins, bien entendu, qu’il ne s’agisse du chant du cygne des tenants d’une certaine idée de la communication, d’un ultime baroud d’honneur, comme le laissent à penser certains détails sémiologiques de la tentative de lynchage contre notre agence de presse ainsi que le choix de l’argumentaire faisant florès dans l’expression commune de nos détracteurs. En fait d’argumentaire sur cette polémique autour de l’Affaire A-Dura, justement, le public français est condamné par sa presse au strict minimum, expression qui, dans le cas présent, constituerait même un euphémisme flatteur pour les œuvres débridées des contempteurs de la Ména.

Comment pourrait-il d’ailleurs en être autrement, puisque, lorsque l’on se risque à analyser cette affaire au fond, il suffit à n’importe quelle tête bien faite et au bénéfice d’un minimum d’expérience, d’un petit quart d’heure à consulter les évidences, pour conclure, invariablement, que le reportage de France 2, diffusé le 30 septembre 2000, relève d’une grossière mise en scène ? Encore faut-il vouloir aller au fond et se mettre ainsi à contre-courant de la déferlante de la pensée unique, elle-même un exanthème dramatique pour la France du système chiraquien. On est ainsi passé - et le cas A-Dura - France 2 le cristallise parfaitement - de la pensée correcte à l’unanimité, pour aboutir à l’unanimisme vociférant. A regarder la manière dont les médias tricolores traitent notre critique, on verserait à croire qu’il n’y aurait plus dans leur pays qu’un seul journal, une seule station de radio et une seule chaîne de télévision.

Mais ce choix de la superficialité hargneuse procède d’un calcul à très court terme, puisqu’il faudra bien que France 2 présente ses 27 minutes de rushes à la lumière vive. Aussi, lorsque Daniel Schneidermann, dans son intervention du 26 novembre sur Libération, tourne en dérision l’authenticité du témoignage de son confrère Luc Rosenzweig relativement au contenu des rushes, par la formule amusante : « D’ailleurs, j’ai un ami qui a un cousin qui a vu les rushes de la séquence », il s’expose à devenir l’ours de sa propre comptine. La chaîne publique, en effet, va sans nul doute avoir à montrer les dessous qu’elle dissimule farouchement, que ce soit en réponse à la question écrite du député Roland Blum, à l’action entamée par Serge Farnel et ses amis auprès du Conseil d’Etat ou encore, dans le cadre de la plainte qu’elle aurait [1] déposée contre la Ména devant la justice. Tout le monde verra ces images, Bécassine, ma cousine et, comme les amis Rosenzweig, Jeambar et Leconte, le public distinguera bien à son tour si elles contiennent 27 minutes de l’assassinat du petit Mohamed ainsi que les prises insupportables de son agonie ou si ceux qui l’ont prétendu sont à proprement parler des fauteurs de guerre.

C’est aussi pour moi l’occasion d’affirmer qu’il n’y a rien que la Ména ne souhaite autant qu’une confrontation sereine des preuves, que cela se fasse dans un prétoire et ou sur un plateau de télévision, au cours d’une émission en direct. Nous ferons, pour notre part, tout ce qui est en notre pouvoir afin d’aider au fonctionnement efficace de la justice et répondrons promptement à ses invitations, même s’il n’existe pas de convention d’entraide judiciaire entre la France et Israël. Nos conseils parisiens agissent déjà dans ce sens. J’ajoute que si France 2 se montrait capable de produire les images dont fait état Abou Rahma dans sa déposition sous serment faite devant Maître Raji Surani ou si d’aventure Enderlin présentait le passage « insupportable » de l’agonie de Mohamed, je n’écrirais plus jamais un article dans le temps qui me reste à vivre. Ceci dit, dans l’hypothèse contraire, je suggérerai à Madame Chabot, à Charles Enderlin, à Didier Epelbaum ainsi qu’à tous ceux qui ont participé à l’occultation de cette cassette à France 2, à Schneidermann, Psenny, Roy, Maurice Szafran de Marianne (qui signe ses brûlots de ses initiales M.S), à Nicolas Delesalle et à quelques autres, d’aller fonder un Kibboutz en Ardèche et de ne plus jamais quitter la culture de la châtaigne. La férocité de l’argument, choisie délibérément par ces personnes, a au moins servi à démontrer que l’une des deux perceptions du métier de journaliste était incorrecte et il faudra, en fin de compte, que celle qui s’est égarée laisse la place à une génération plus honnête.

Quant à France 2, elle ne semble pas déchiffrer toute la dangerosité qu’il y a, pour une institution majeure de l’Etat français, à saisir sa justice, tout en sachant a priori qu’elle lui soumet une affaire dans laquelle elle est en tort. La chaîne française, même si, loin des effets de manche et des intimidations proférées par sa directrice de l’information, elle n’a porté plainte QUE sur le texte du bristol de l’invitation à ma conférence de presse, va placer le Tribunal devant un dilemme difficile. Surtout en ayant crû dégourdi de choisir la procédure contre X, ce qui nous amènera à partager le banc des accusés avec l’Etat d’Israël qui - contrairement aux ânonnements parus dans le Monde - a fait officiellement et publiquement sienne la thèse de la mise en scène, avec le Wall Street Journal et avec quelques centaines de citoyens et d’associations français. Je vois un grand péril, cent ans après que l’armée française faisait traduire un capitaine, qu’elle savait innocent, devant la justice militaire, à cette procédure en vue de faire blanchir par des juges une tache au demeurant indélébile. En instrumentalisant l’appareil judiciaire à cette fin, France Télévisions prend le risque imprudent de provoquer des réactions passionnées et pas seulement du côté de ceux qui n’ont pas attendu d’étudier sérieusement le dossier pour troquer leurs stylos contre les pierres de la lapidation.

C’est que, plongeant corps et biens dans cette campagne de stigmatisation de la Ména, la presse française n’a pas seulement oublié ses règles, elle a aussi perdu la tête. Dans une thématique faisant de plus en plus souvent appel aux symboles et à la sémantique du national-socialisme - Schneidermann et Chabot n’ont-t-ils pas parlé de notre «  »« négationnisme »«  » ? - cette presse, telle celle de l’occupation, dont c’était l’un des modus operandi privilégiés, a entrepris à notre encontre un formidable travail de subjectivisation. J’entends par là, qu’elle se désintéresse de l’objet : Savoir si le reportage A-Dura est authentique et si France 2 l’a traité dans les conditions de transparence et de prudence que nécessite l’accusation, portée par Talal Abou Rahma - le seul témoin de l’événement - contre les soldats israéliens, d’avoir choisi un enfant palestinien parmi une foule de centaines d’adultes et de l’avoir canardé durant quarante-cinq minutes dans l’intention achevée de le tuer. La presse française a banni ce questionnement pour se focaliser, par des initiatives de stricte propagande, à tenter de décrédibiliser la Ména, pensant que si notre agence était marginalisée, jusqu’à paraître animée par de véritables satyres, personne n’apporterait plus aucun crédit aux raisonnements que nous pouvons produire.

Cela a commencé par l’accusation portée par Charles Enderlin lui-même, et reprise depuis par la quasi-totalité de nos contempteurs, selon laquelle les journalistes de la Ména appartiendraient à « l’extrême droite israélienne ». La rumeur a si bien pris - elle fut semble-t-il plantée dans un terreau fertile - que plus aucun journaliste français ne s’intéresse de savoir que les auteurs israéliens de la Ména ont tous été - à un degré plus ou moins actif - des sympathisants du parti de gauche Méretz ainsi que des acteurs engagés du dialogue direct avec les Palestiniens. Les journalistes de la peste et de la nausée se contentent désormais de répéter cette insulte à caractère politique, comme si l’erreur des premiers pouvait justifier la compromission des viennent ensuite.

C’est certes de l’invective, pas du journalisme. Cela se retrouve dans le texte de Delesalle, pour Télérama, lorsqu’il affirme que Sami el-Soudi - un Palestinien laïc et progressiste lui aussi - serait pro israélien. Dans le domus en noir et blanc de ce froisse papier, il apparaît ainsi clairement qu’un Palestinien favorable à la solution des deux Etats vivant côte à côte en paix, un Palestinien qui rejette les assassinats collectifs de civils innocents, la corruption qui a mis son peuple à genoux et les organisations que l’Union Européenne qualifie de terroristes, un Palestinien indissociable intellectuellement du professeur Sari Nusseibah et du nouveau chef de l’Autorité Palestinienne, Mahmoud Abbas, serait forcément pro israélien. Voilà qui a au moins le mérite de qualifier un état d’esprit particulier qui se répand en France telle une épidémie.

Le même Nicolas Delesalle, qui poursuit studieusement son travail de subjectivisation à la mode vichyssoise, en répercutant les avis de défiance sur la Ména, et en les faisant prendre pour l’avis général des israélites français - « à l’unisson » - de personnes, Elisabeth Chemla et Klein en l’occurrence, ayant fait l’objet de nos critiques circonstanciées pour la frivolité de leurs démarches (lire Théo rame au royaume d’Archimède et Mais pour qui rame Proche-Orient info . Elisabeth, qui pour avoir soutenu le menteur Enderlin, bien au-delà des limites du bon sens, de la déontologie et de l’intelligence, peut également préparer son petit sac pour un long séjour en Ardèche. Il ne manquait plus à ce tour d’horizon «  »« représentatif »«  » des « membres d’institutions juives, des journalistes, des chercheurs politologues » que nos vieux amis Dominique Vidal et Sylvain Cypel, pour que la messe soit dite et l’hostie consacrée.

Et s’il restait quelque respectabilité à la Ména, Je suis Télérama partout préparait sa crapulerie ultime, celle qui devait montrer à tous les durs à convaincre, que nous avons effectivement des cornes sous notre Streumel (chapeau noir des Juifs religieux), une queue en tirebouchon dans notre culotte et des pieds palmés dans nos baskets. L’ineffable plumitif a osé ! Il a osé reproduire l’accusation anonyme - chez ces gens-là, cela n’étonnera personne - selon laquelle notre agence serait : « le versant honorable de l’intégrisme juif »… Si Delesalle s’était seulement donné la peine, comme l’aurait fait un véritable journaliste, de feuilleter les articles de la Metula News Agency, il aurait assurément lu Mourir à Gaza, de Jean Tsadik, l’article qui explique, mieux qu’aucun autre, pourquoi Israël doit se retirer de la bande de Gaza. Il aurait aussi butté sur mon Le néo-judaïsme constitue-t-il un danger majeur pour la démocratie ? considéré par l’orthodoxie religieuse juive comme le sommet du blasphème de l’agnosticisme israélite.

Décidément, à qualifier l’agence qui se prononce sans état d’âme pour le retrait de territoires palestiniens, pour la création d’un Etat palestinien et qui rappelle aux Juifs hilkhatiques, que les rabbins sont une invention du cinquième siècle et que la liturgie pratiquée dans le Temple de Jérusalem était fort différente de celle qu’ils observent dans leurs synagogues, de « versant honorable de l’intégrisme juif », Télérama venait de faire basculer les termes de la dispute, de l’argumentation simplement mensongère, à la contrevérité instrumentale.

A suivre…

Notes :
[1] Il y a déjà une vingtaine de jours que les avoués parisiens de la Metula News Agency se sont fait connaître du service juridique de France 2, demandant auprès de quel tribunal la chaîne aurait porté la plainte qu’elle annonçait dans son communiqué du 5 novembre et demandant l’identité des avocats commis par la chaîne pour la représenter dans cette procédure. En date de ce jour, nos conseils français n’ont reçu aucune réponse de la part de la télévision du service public et n’ont pas reçu copie de la plainte.


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