Depuis Septembre 2000, DESINFOS.com est libre d’accès et gratuit pour vous donner une véritable information indépendante sur Israël
Personnalisé
Inscription gratuite à la Newsletter - cliquer ici
-
Accueil > Les textes > En autorisant sa diffusion sur le câble et le satellite, Paris laisse (...)

En autorisant sa diffusion sur le câble et le satellite, Paris laisse s’exprimer une des principales sources d’appel au terrorisme.

Par Sylvain Attal - Libération

vendredi 26 novembre 2004
- Lire la version pour téléphone mobile (iPhone, smartphone, etc.) -


Partager  | Autres liens

La chaîne de télévision libanaise du Hezbollah était déjà accessible via le satellite Arabsat. Elle sera bientôt disponible sur les opérateurs câble et satellite tels que CanalSatellite ou TPS, au même titre (par exemple) que LCI, Planète ou Pink TV. A moins qu’elle ne soit proposée gratuitement...

Le CSA l’a voulu. En effet, en échange d’un engagement de pure forme et dont la réalité de l’exécution sera de facto invérifiable, Al-Manar, qui avait tant choqué le gouvernement français pour avoir diffusé, lors du ramadan 2003, le feuilleton antisémite Al-Shatat (« Diaspora »), inspiré des Protocoles des sages de Sion, se voit intronisé dans notre paysage audiovisuel national.

Les leçons à tirer de ce revirement sont multiples. La première est qu’il s’agit d’une nouvelle mesure d’apaisement en direction des promoteurs du terrorisme, qu’il s’agisse d’enlèvements ou d’opérations-suicides. S’exprimant sous condition d’anonymat, un interlocuteur du CSA a avoué qu’autant que le souci de préserver de bonnes relations avec le Liban, le sort des otages français (Chesnot et Malbrunot) « avait été pris en considération » (le Figaro du 19 novembre). Les membres du CSA ne sont donc pas complètement stupides au point de croire qu’Al-Manar va complètement changer de nature pour leur faire plaisir, en veillant (selon la condition posée) à « s’abstenir d’inciter à la haine, à la violence ou à la discrimination pour des raisons de race, de sexe, de religion ou de nationalité ».

Contentons-nous de constater le sort de nos otages depuis que la France a mis à profit ses « bonnes relations avec le monde arabe », y compris avec des mouvements comme le Hezbollah, que Paris s’obstine à ne considérer que comme un « mouvement politique et spirituel disposant de députés au Parlement libanais ».

Le Hezbollah est tout cela, mais c’est aujourd’hui surtout une organisation dont, notamment à travers sa chaîne de télévision, le fonds de commerce est l’apologie des opérations-suicides contre les civils israéliens, considérés comme des combattants. « Le mérite [de ces opérations] est de nous redonner espoir, disait le 8 avril 2004 sur Al-Manar, l’un des principaux dirigeants des Frères musulmans. Une nation qui n’excelle pas dans l’industrie de la mort ne mérite pas de vivre. »

La deuxième leçon, c’est que le CSA (qui affirme, comme il se doit, n’avoir subi aucune pression du gouvernement français) vient de sacrifier la lutte contre l’antisémitisme dans notre pays, en ignorant l’une de ses sources principales, à savoir les chaînes satellitaires arabes. Car l’autre mission que s’est fixée Al-Manar (qui n’est pas un cas d’espèce) est en effet d’alimenter, sous couvert de lutte contre « l’entité sioniste », la judéophobie planétaire. Quelques exemples ?

Le 22 avril 2004, invité de la chaîne, le cheikh Taha al-Sabouji, mufti de Tripoli, disait : « Les responsables des désordres sociaux, tout au long de l’histoire, ont toujours été les juifs. Cela est mentionné dans les écrits de toutes les religions, et spécialement dans le Coran. » Face à lui, le docteur Jafar Abd el-Salim, secrétaire général de l’Association des universités islamiques, se référant au Protocole des sages de Sion, décidément un must d’Al-Manar, ajoutait : « Il leur est dit [aux juifs] de répandre la corruption dans les sociétés humaines afin de mieux y dicter leur loi. Ainsi, tous les films pornographiques du monde sont réalisés par des sociétés juives. Il en va de même pour le trafic de drogue » (1).

Voici ce qui est, le plus naturellement du monde, expliqué aux téléspectateurs de cette chaîne, sans parler des appels quotidiens à la destruction d’Israël, sous forme de clips, de discours politiques ou de prêches dans les mosquées. C’est ainsi qu’au lendemain de l’annonce de la décision du CSA, Hassan Nasrallah, secrétaire général du Hezbollah, violait déjà les engagements pris en s’exclamant : « Nous avons triomphé du lobby sioniste ! Mort à Israël ! La fin de cet abcès purulent, mort à Israël ! » (2) Voilà ce qui, désormais, sera demain accessible le plus simplement du monde.

La troisième leçon, qui est sans doute la plus grave, c’est que la France est devenue totalement schizophrène. Alors que ses services de renseignements et de sécurité sont parmi les plus actifs dans la lutte contre les réseaux terroristes, dont chaque jour montre à quel point ils sont bien implantés dans notre pays, elle autorise la diffusion d’une des sources principales d’appel au martyr et au terrorisme.

Indépendance ne saurait rimer avec irresponsabilité. Il est temps que le gouvernement, que le président de la République, s’expliquent sur ce coupable renoncement.


(1) Source : Memri (Middle East Media Research Institute).
(2) Relevé par Proche-orient.info
Sylvain Attal, journaliste est l’auteur de « la Plaie, enquête sur le nouvel antisémitisme » (Denoël).


Soumettez vos réactions - Imprimer la page - {id_article}

Chaque matin recevez la Newsletter de Des Infos.com
Cliquez pour vous inscrire gratuitement

Inscription  gratuite à la Newsletter de



Informations , services  et publicité sélectionnés gratuitement par Desinfos.com











IDC

 





Docteurinfo.com la santé par la connaissance


Avis d'utilisation |     | Accueil | Suivre la vie du site RSS 2.0 | Plan du site | Contact | Mentions légales | Espace privé |     | SPIP | squelette